Jadis, Bix Sabaniego ne se couchait jamais avant l'aube. On parle d'un temps où il n'était pas marié et père de famille. C'est un révolté placide, un enragé doux qui se rêve en tigre (ou en ours). Et puis, un jour, une dispute conjugale, et le voilà parti, sac écossais sur l'épaule, dans une errance fortement alcoolisé, un bad trip aux couleurs de tous les bars du canal Saint-Martin, puis par cercles concentriques, le Lutetia, le Lubéron, et enfin un banc à Monaco. Splendeur, décadence et résurrection d'un Don Quichotte dont les moulins à vent seraient autant de brunes à fortes poitrines et à cervelles réduites. Sur le chemin qui le mène en enfer, on croise toute une humanité fracassée, des compagnons de beuverie, gueules cassées et amnésiques, une fille-fantasme, un ours kidnappeur, un champion de poker qui perd sa vie par insouciance, et même un couple échangiste en bonne santé... La touche Jaenada, c'est la drôlerie et le désespoir, la chute sans fin et la lumière, là-bas, au bout du tunnel. C'est un romancier moderne et rock : un menteur qui dit la vérité.
Philippe Jaenada est né à Saint-Germain-en-Laye où ses grands parents maternels possèdaient le restaurant Le Grand Cerf.
Issu d’une famille de pieds-noirs récemment revenue d’Algérie, il a grandi dans une banlieue pavillonnaire de Morsang-sur-Orge dans l’Essonne. Après des études scientifiques, il s’est installé à Paris en 1986 où il enchaîne les petits boulots pendant plusieurs années.
Sa première nouvelle est publiée en 1990 dans L'Autre Journal. Les sept premiers romans de Philippe Jaenada sont d'inspiration autobiographique. Outre ses livres, il écrit des articles pour le magazine Voici
Une descente dans les bas-fonds parisiens et ceux de l'âme... Après une engueulade anodine avec sa femme, le narrateur, écrivain au succès indéniable mais semi-confidentiel, claque la porte de son appartement pour aller prendre une cuite monumentale dans un rade qu'il fréquentait avant de se marier. Et c'est la spirale infernale! De rencontres glauques en anecdotes truculentes, Jaenada, fidèle à lui-même, nous entraîne dans un récit mouvementé, original, plein d'humour -grinçant, l'humour, celui que je préfère, quand on rigole mais on a quand même l'impression de mâcher du sable... Tout en se remettant en question à chaque page. Car Bix, le narrateur (avec de gros bouts de Jaenada himself à l'intérieur?) se demande constamment comment il en est arrivé là, là dans la vie, là dans la déchéance, là dans l'acceptation de la médiocrité... et pourtant, jamais ne remet en question son amour pour son fils et sa femme. Tiraillé, le mec, quoi. Et moi, conquise.