Le Monde à côté mérite bien son titre : c'est un roman autobiographique déjanté, chargé d'éclats de rire et de tendresse. Fuyant la conformité, privilégiant la vie, sa passion pour les femmes aimées, Driss Chraïbi y relate son périple, depuis son arrivée en France en 1945 jusqu'à la fin du deuxième millénaire, les rencontres professionnelles, en Alsace, à l'île d'Yeu, au Canada, à Paris, partout où il a vécu et écrit, au confluent des cultures. Ludique et pudique, sans fard, le livre se termine par ces mots : "La vie continue. Bonjour la vie !"
Driss Chraïbi est un auteur marocain de langue française. Il a également fait des émissions radiophoniques pour France Culture. Driss Chraïbi est un écrivain qui est trop souvent réduit à son œuvre majeure Le Passé Simple, et à une seule analyse de ce livre : révolte contre le père sur fond d'autobiographie. Or, Driss Chraïbi aborde bien d'autres thèmes au cours d'une œuvre qui n'a cessé de se renouveler : colonialisme, racisme, condition de la femme, société de consommation, islam, Al Andalus, Tiers-Monde. Né à El Jadida et élevé à Rabat puis Casablanca, Chraïbi vint à Paris en 1945 pour étudier la chimie, avant de se tourner vers la littérature et le journalisme. Il produit des émissions pour France Culture, fréquente des poètes, enseigne la littérature maghrébine à l'Université Laval de Québec et se consacre à l'écriture. Il s'est fait connaître par ses deux premiers romans, Le Passé simple (1954) et Les Boucs (1955) d'une violence rare, et qui engendrèrent une grande polémique au Maroc, en lutte pour son indépendance. Le Passé Simple, premier roman semi autobiographique, décrit la révolte d'un jeune homme entre la grande bourgeoisie marocaine et ces abus de pouvoir tel qu'incarné par son père, « le Seigneur » et la suprématie française dans un Maroc colonisé qui essentialise et restreint l'homme à ses origines. Le livre est organisé à la manière d'une réaction chimique, science que l'auteur étudia d'ailleurs en France. À travers la bataille introspective que se livre le protagoniste, Driss de nom, le lecteur assiste à une critique vive du décalage entre l'islam idéal révélé dans le Coran et la pratique hypocrite de l'islam par la classe bourgeoise d'un Maroc de 1950, de la condition de la femme musulmane en la personne de sa mère et de l'échec inévitable de l'intégration de marocain dans la société française. Ce dernier point sera renforcé en 1979 alors que Chraïbi publiera la suite de ce livre, Succession ouverte, où le même protagoniste, rendu malade par le caste que représente son statut et son identité d'immigré, se voit obligé de retourner à sa terre natale pour enterrer le Seigneur, feu son père. C'est une critique plus douce, presque mélancolique, cette fois que proposera Chraïbi, mettant en relief la nouvelle réalité française du protagoniste avec la reconquête d'un Maroc quitté il y a si longtemps. Dans Les Boucs, Driss Chraïbi critique le rapport de la France avec ses immigrés, travailleurs exploités qu'il qualifie de « promus au sacrifice ». C'est le premier livre qui évoque dans un langage haché, cru, poignant, le sort fait par le pays des Lumières aux « Nord-Africains ». Suivent deux romans épuisés aujourd'hui. L'Âne, dans le contexte des indépendances africaines, prédit avant tout le monde leur échec, les dictatures, « ce socialisme de flics ». La Foule, également épuisé, est une critique voilée du Général de Gaulle. Le héros est un imbécile qui arrive au pouvoir suprême car la foule l'acclame dès qu'il ouvre la bouche, à son grand étonnement. Une page se tourne avec la mort de son père, Haj Fatmi Chraïbi, en 1957. L'écrivain, en exil en France, dépasse la révolte contre son père et établit un nouveau dialogue avec lui par-delà la tombe et l'océan. Ce sera Succession Ouverte. Un deuxième Passé Simple pose la question qui le hantera jusqu'à ses derniers jours : "Cet homme était mes tenants et mes aboutissants. Aurons-nous un jour un autre avenir que notre passé ?" Question qu'il étendra à l'ensemble du monde musulman. [[]]كاتب مغربي معاصر، من أشهر رواد الأدب المغاربي المكتوب باللغة الفرنسية. ولد في 15 يوليو 1926 بمازاكان (ما يعرف اليوم بإسم الجديدة) وتوفي في 1 أبريل 2007. تابع دراسته في ثانوية اليوطي بالدار البيضاء،
" Je n'est pas à me vendre. Ce que je sais, c'est que je n'ai jamais écrit pour gagner de l'argent. Au terme de ce qu'on appelle une carrière littéraire, je ne possède rien, ni maison ni voiture. Je ne sais pas conduire d'ailleurs.....Je n'aime ni la gloire ni les honneurs. " page 210 C'est l'écrivain Driss Chraibi. Ce livre est un roman autobiographique. L'écrivain nous raconte sa vie depuis son arrivée en France en 1945 jusqu'à la fin du deuxième millénaire. Je n'ai jamais lu un livre de Driss Chaibi, mais je dirais aussi " la vie continue. Bonjour la vie! " page 212 , et j'ajouterai aussi " la lecture continue. Bonjour la lecture ", et je suis tellement curieuse de lire son fameux livre " Le passé simple " ----- Le Monde à côté / Driss Chraibi 212 pages
j'ai l'honneur de partager avec vous Le Monde à côté du grand écrivain marocain d'expression francaise Driss Chraibi (15 juillet 1926 - 1er avril 2007)
En juillet 1999, Hassan II meurt après trente-huit ans de règne. Cet événement libérateur pour de nombreux Marocains agit pour Driss Chraïbi comme un sésame de la mémoire. Le voici en 1953, jeune Marocain dans la grisaille parisienne, aux vivres brusquement coupés par son père. La pauvreté soudaine éveille sa vocation d'écrivain. Par la grâce de quelques romans, Passé simple, Les Boucs, il devient l'un des grands auteurs maghrébins de langue française. Pionnier de la double culture, Driss Chraïbi fait revivre la France des années 50 et 60 telle qu'il l'a connue, hospitalière souvent, parfois frileuse et fermée. Avec la malice du conteur qui n'épargne personne, il ressuscite ses années France-Culture, ses années alsaciennes et canadiennes, ses années à l'île d'Yeu. Amis et rencontres ressurgissent du passé, de François Mitterrand à Pierre Desgraupes. Dans sa langue inventive et poétique, Driss Chraïbi réveille la magie des paysages, des livres et des femmes de sa vie.
Maintenant , je vous invite à lire quelques citations et passages que j'ai beaucoup aimé dans ce livre Bonne lecture
Mon lit est un torrent aux plages desséchées.Nulle fougére n'y cherche sa patrie.Où t'es-tu glissé amour? Je suis parti pour longtemps.Je revins pour partir p16
Combien de vies nous faudrait-il ,combien d'océans de foi et de montagnes de patience pour que nous accédions un jour à l'état d'êtres humains p18
J'avais envie desouffler,de voyager,de m'amuser sans trop réfléchir au lendemain p30
j'écrivais pour me situer dans le monde,dans mon monde d'origine et dans celui vers lequel je me dirigeais à l'aveuglette.Tous deux me semblaient dérisoires en regard de ma soif de vivre et d'aimer p31
Est-il vrai que l'homme peut connaitre tous les chemins de l'existence , à l'exception de celui qui mène vers lui même p72
Le rêve et la réalité pouvaient-ils être vécus simultanément? p131
On ne peut pas être et avoir été p135
Hassan II finirait par mourir un jour ,les petits chefs aussi.Resteraient les vieilles idées ,ancrées dans l'inconscient collectif .Et c'était cela le plus dur à abattre p141
Toute femme peut aimer, tout homme peut aimer p155
Que valait la civilisation occidentale? Combien de mots et de morts avait-elle couté dans d'autres pays qui avaient une autre civilisation??...Que signifiait donc la culture en regard de la montée de plus en plus concrète du pouvoir de l'argent ? p156
L'occident n'allait pas attendre éternellement que le tier monde se réveille p158
Un écrivain n'est pas un être désincarné et la vie est loin d'être un long fleuve tranquille p168
Je ressens le besoin vital de remonter le cours du temps ,le plus loin possible dans le temps , afin de donner une signification charnelle aux mots et de comprendre les temps présents p168
et le roman se termine par ces lignes
Le soir tombe ici ou là bas .Du ciel perlent les étoiles ,peignant du vert de l'espoir la mort et les années écoulées . Chaque étoile dans le ciel est une larme , une âme .Et toutes sont mes larmes , des parcelles de mon âme .Toutes m'ont parlé avec le langage des origines , avec la langue du poéme . Lentement , le poéme est devenu une musique.Un à un , j'ai pris par la main puis dans mes bras tous les êtres et toutes les choses que j'ai aimés et qui ont disparu.Et j'ai dansé avec eux sous le ciel vert,valsé,valsé en une valse lente,très lente,de plus en plus lente jusqu'à l'immobilité. La vie continue.Bonjour la vie!