« De livre en livre, de plage en plage, l’écrivaine clame son amour de la mer. Sans la moindre longueur. » Télérama Il existe depuis toujours des Journaux de voyage, de rêve, de deuil, mais pas de nage. Pourtant, quoi de plus fragile et puissant, éphémère et total, sensuel et inspirant que le plaisir du bain ? En tenant le Journal de son été 2021 à Nice, Chantal Thomas innove, et poursuit l’entreprise paradoxale entamée avec Souvenirs de la marée basse, portrait de sa mère en nageuse : doter d’une mémoire ce qui, se traçant sur l’eau, se jouant dans un effet de lumière, est voué à l’effacement. Chantal Thomas est romancière, essayiste, auteure de pièces de théâtre et de scénarios. Les Adieux à la reine (prix Femina 2002), porté à l’écran par Benoit Jacquot, l’a révélée au grand public. Ses livres sont traduits dans de nombreux pays. Elle a reçu le Grand Prix de la Société des gens de lettres, le prix Roger-Caillois, le prix Prince-Pierre-de-Monaco et le prix Marguerite-Yourcenar pour l’ensemble de son œuvre . Elle a été élue à l’Académie française le 28 janvier 2021.
Chantal Thomas (born 1945 in Lyon) is a French writer and historian. Her 2002 book, Farewell, My Queen, won the Prix Femina and was adapted into a 2012 film starring Diane Kruger and Léa Seydoux.
Thomas was born in Lyon in 1945, and was raised in Arcachon, Bordeaux, and Paris. Her life has included teaching jobs at American and French universities (such as Yale and Princeton) as well as a publishing career. She has published nineteen works, including essays on the Marquis de Sade, Casanova, and Marie Antoinette.
In 2002, Thomas published Les adieux à la reine (Farewell, My Queen). The novel gave a fictional account of the final days of Marie Antoinette in power through the perspective of one of her servants. It won the Prix Femina in 2002, and was later adapted into the 2012 film Farewell, My Queen. The film stars Diane Kruger as the titular queen and Léa Seydoux as her servant Sidonie Laborde. Thomas co-wrote the screenplay,and it opened the 62nd Berlin International Film Festival. Helen Falconer of The Guardian called the work "a well written slice of history" with "evocative, observant prose," but criticized it for creating a narrator who "merely provides us with a pair of eyes to see through rather than capturing our interest in her own right." While disagreeing in its classification as a novel, Falconer did however add that Farewell, My Queen "generates in the reader a real sense of being a fly on the wall, eavesdropping on the affairs of the great and the not so good."
Thomas is currently the director of research at the French National Centre for Scientific Research.
Depuis que j’ai lu Lithium pour Médée, je suis désespérément à la recherche d’une autrice qui saura m’inspirer autant que l’a fait Kate Braverman. Quelqu’un qui pourra éveiller de nouvelles idées en moi, des images vivides en technicolor, qui fera fleurir mon esprit dans une société où trop du contenu proposé est vide de sens. Et je crois que Chantal Thomas a ce pouvoir-là sur moi. Elle est capable de faire virevolter mes pensées vers des contrées qui m’étaient jusqu’ici inconnues, de me faire prendre le large pour me montrer qu’il ne faut pas avoir peur des profondeurs, mais s’émerveiller devant l’abysse. Oui, je crois que Chantal Thomas est une grande autrice.
1) jai un avis sur la littérature contemporaine 2) zola parlait pas du covid dans ses bouquins alors s abstenir svp 3) académie française + puceau + ratio
Je m attendais à une histoire sympa autour de la natation et la mer. Je me suis retrouvée, ou plutôt perdue dans le journal intime de Chantal Thomas lors de l été 2021 à Nice. Le livre n’a pas de but. L’auteur nous décrit brièvement ses instants de baignade au jour le jour. Elle démontre son savoir en faisant référence à plusieurs auteurs et œuvres sur la mer ou la natation dans leur œuvre: Kafka, Hugo Pratt, Victor Hugo,…
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Certains passages comme des fulgurances. Le reste me semble proche de considérations quelque peu alambiquées. Je pensais me 'plonger' littéralement dans ce Journal de Nage, mais l'effet escompté n'a pas été atteint.
Dans "Journal de nage", Chantal Thomas se jette à l’eau en toute simplicité. En raison de la forme fragmentaire du journal, il est difficile d’en faire un résumé. Je dirai seulement qu’il couvre l’été 2021 après la crise sanitaire. Il est précédé d’intéressants chapitres sur le confinement et les problèmes liés au corps qu’il a soulevés. Le titre pourrait suggérer un texte léger ou superficiel, mais il n’en est rien. Une phrase de Kafka en exergue — « comme sont éloignés par exemple les muscles de mes bras » — annonce la couleur en plaçant d’abord le texte sous la protection d’un immense auteur et ensuite en nous rappelant l’importance des bras, certes pour la nage, mais aussi pour l’écriture… et pour de nombreuses autres activités pourrait-on arguer. Quoi qu’il en soit, cette phrase lue pendant le confinement a profondément touché Chantal Thomas, elle l’a atteinte, elle l’a traversée, elle a commencé de la faire réfléchir sur l’aventure de son corps durant cette période. Chantal Thomas s’est rendu compte comme beaucoup d’autres confinés qu’une partie de son rapport au monde était en train de changer, que l’angoisse de l’isolement et des restrictions faisait dépérir et même disparaitre l’énergie ou la joie qui surgit du corps dans un rapport harmonieux au monde. Personnellement, je ne me suis pas reconnu dans ce constat, mais je partage tout de même l’idée que l’épidémie nous a fait percevoir l’autre, son corps, son souffle, comme une menace, une impression qui m’était totalement étrangère avant cela. Cette sombre introduction au journal ne rend que plus lumineuse la suite dans laquelle elle raconte jour après jour durant l’été 2021 comment la nage, la lecture et l’écriture, dans un même mouvement, lui ont permis d’exulter, de se réapproprier son corps et de retrouver santé mentale et physique. Les séances de nage sont décrites de manière très sensuelle avec le corps comme objet d’étude. Il y a tout d’abord l’entrée dans l’eau, c’est-à-dire l’entrée « dans un autre mode d’être » avec l’appel de la mer malgré sa froideur ou sa rudesse. Puis vient le temps des premières brasses « avec le bien-être d’un réchauffement au rythme [des] mouvements, la sensation d’une étrange familiarité. » Chantal Thomas s’éloigne de la plage, échappe à sa vie quotidienne, met à distance son existence. Ses réflexions jaillissent en courtes phrases : « La mer n’a pas d’âge. Elle ne procède pas, à l’image des montagnes, par strates successives datables. L’effacement est son principe. Chaque vague annule la précédente. Être propulsé dans l’intemporel constitue un élément de la joie de nager. La mer n’a pas d’âge, le nageur non plus. » C’est aussi l’occasion de délicates descriptions du paysage, de la côte, celle du Château de l’Anglais, celle de végétaux… Il y a aussi les rencontres de baignade, avec des personnages que je garderai longtemps en mémoire comme le nageur-chanteur d’air d’opéra ou Adam, le petit garçon avec qui Chantal Thomas dialogue sur la plage. Tout le talent de la romancière s’exprime là avec ces personnages qui traversent son existence de manière fugace. Parallèlement à la nage qui libère son corps confiné, chaque jour Chantal Thomas s’immerge également dans la littérature, dans la lecture d’autres écrivains, dans l’écriture de ses notes. Cette plongée dans les écrits nous emmène à la rencontre de textes de Florence Delay dont j’ai aimé le dernier "Il n’y a pas de cheval sur la route de Damas", ceux de Paul Morand, de Patrick Deville, de Kafka. On voyage aussi avec Roland Barthes, Victor Hugo, Lord Byron. La littérature devient alors nourriture spirituelle, une dimension que je partage totalement. Moins intimes, ces digressions, bien que ne manquant pas d’intérêts, m’ont moins touché que les parties sur la nage. Je recommande néanmoins cet intime "Journal de nage" pour la joie post-confinement du retour à soi-même et au monde qui en émane. Chantal Thomas a été bien inspirée de garder une trace sur le papier de ses activités aquatiques qui paradoxalement n’en laissent pas dans l’eau.
Voir la vie avec poésie, surtout après les confinements de 2020, voilà une belle idée. Écrire un journal intime de ses bains de mer est une idée que j'aurais aimé avoir, le tout saupoudré de lecture de classiques ou non autour de la mer, de la nage, de la rêverie. Bref, un petit livre qui se lit vite et bien, qui amène la rêverie, l'envie d'aller se baigner et d'écrire son journal sans censure.
I could have read this in one sitting, took two. The rythm is a real pleasure, you really take a dive here into unknown waters. It's an invitation to continue reading on the subject and to dive in with heightened sensitivity.
Joli bouquin, ça se lit très facilement, vocabulaire riche et intéressant et j’adore le concept, son journal de nage. Elle nous fait découvrir des œuvres artistiques et littéraires autour du thème de l’eau et de la mer. Bon livre pour l’été!
Une très agréable lecture sur le plaisir de nager dans la mer. Belles descriptions de l’humeur changeante de la Méditerranée ainsi que des sensations de nage à chaque séance.
Un ennuyeux journal intime sur sa passion de la mer. Entre l’incorporation des rêves et ses divagations littéraires le tout n’est pas très bien incorporé.
Tout commence, alors que l’auteur vient passer son été à Nice et y redécouvre en quelque sorte le plaisir des bains de mer, telle une délivrance à ces semaines d’enfermement. Au fil des pages, on comprend que le récit de ses sessions de nages, n’est en fait que prétexte pour se laisser aller à tout un tas de réflexions personnelles sur la vie.Au fur et à mesure que le récit se fragmente, l’on ne sait plus vraiment si l’auteure est en train de nager, de discuter avec des passants sur la plage, ou dans son propre appartement, on voit alors émerger le questionnement au rapport à la Mer et par extension à la Mère, dont elle semble encore porter le deuil, et dont l’image lui revient sans cesse tels les remous des vagues. . L’ouvrage est brillant et fourmille de références culturelles à des artistes ayant eux aussi exploré de façon singulière leur rapport la figure maternelle… que l’auteure parvient à nous livrer avec fluidité, afin de mieux nourrir sa propre réflexion. Et il faut avouer qu’on se laisse savoureusement porter par ses divagations, à tel point que cela nous semble naturel. . Enfin l’un des points que j’ai adoré dans cette nouvelle, c’est la mise en lumière de cette espèce de lien universel qui relie tous les baigneurs. Sur la plage, se crée une forme de reconnaissance et d’empathie immédiate entre nageurs, où peu importe leurs exploits nautiques, le statut social ou l’ethnie d’origine des uns et des autres, la mer met tout le monde sur un pied d’égalité le temps suspendu d’une baignade. . Enfin derrière même l’emploie du terme “nage”, et non “natation”, on peut y voir une certaine forme d’invitation à la lenteur, à se laisser porter par les flots, métaphore évidente des remous qui brasse son esprit lors de l’écriture de ce livre. . Si la longueuse que je suis a tout de suite été envoûtée par cette couverture d’un bleu hypnotique, j’avoue que la simple évocation du covid m’a un peu fait hésiter à me plonger dans cette lecture, je peux te rassurer l’évocation du terrible virus n’est là que pour poser un cadre au récit, et on est très vite happé loin de tout ça et l’on comprend alors tout le pouvoir salvateur de la nage.