Avant de partir pour Lisbonne en octobre dernier, je me suis finalement décidé à lire ce premier roman de Patrice Lessard paru chez Héliotrope en 2011. Dans ce livre où un personnage, pour en simplifier le synopsis, part sur une dérape suite à une rupture, la langueur de l’alcool transforme l’expérience en périple onirique, où Antoine revient sans cesse sur ses pas et se perd dans la ville et dans ses femmes, alors qu’il a décidé de ne pas rentrer à Montréal et que sa confusion grandit.
Lessard a eu le coup de foudre pour Lisbonne, puisqu’il y est retourné à plusieurs reprises et qu’il a écrit coup sur coup deux autres livres s’y déroulant, livres dont les résumés nous laissent croire à un effet de miroirs ou de vases communicants, puisque certains personnages refont surface dans les trois œuvres.
Il y a un peu de l’esprit de José Saramago dans les dialogues, d’ailleurs, qui sont intégrés dans la narration, une construction ambitieuse qui ajoute du piment au récit, mais qui requiert une attention particulière pendant la lecture.
L'esprit du Portugal suinte de chaque page, le lecteur marche avec Antoine dans les rues labyrinthiques, doit revenir sur ses pas, est essoufflé par une pente particulièrement abrupte, et sue abondamment. C'est une expérience comme nulle autre.