Les vacances se terminent et Antoine a décidé de ne pas rentrer dans son pays. Il aimerait que Clara, sa femme, reste avec lui. Il souhaite recommencer sa vie avec elle ici, dans Lisbonne où tout lui paraît à nouveau possible. Mais Clara préfère rentrer à Montréal. Pour Antoine, Lisbonne prendra alors la forme d’un labyrinthe où les visages des femmes se confondent, se mêlent et le ramènent sans cesse à celui de Clara, dont le souvenir l’obsède. Il lui faut désormais apprendre à vivre sans la femme qu’il aime et trouver du travail dans la ville blanche où il n’y en a pas.
Le sermon aux poissons raconte la désorientation d’un homme qui a choisi l’ailleurs. Un premier roman énigmatique où brillent la grandeur et la singularité du Portugal.
Patrice Lessard est né à Louiseville en 1971. Il est l'auteur de Cinéma Royal et d'une trilogie lisboète : L'enterrement de la sardine, Le sermon aux poissons (finaliste au prix Ringuet 2012) et Nina (finaliste au Prix littéraires des collégiens 2014).
Avec Excellence Poulet, il s'est offert une première incursion dans le roman noir, avant de récidiver en 2018 avec La danse de l'ours.
« Il se sentait extrêmement nerveux, sans trop comprendre pourquoi, il avait plusieurs fois visualisé ce moment, son entrée dans la ville de son exil, mais toujours avec Clara, il n’avait jamais véritablement envisagé la possibilité qu’elle le quitte et, quand l’idée le frappa qu’elle ne reviendrait peut-être pas, qu’il pourrait ne jamais la revoir, il eut soudain du mal à respirer et sentit la sueur mouiller sa chemise » (Lessard, Patrice. Le sermon aux poissons, p.35)
Roman labyrinthique, parfois cacophonique, à l’instar des rues de Lisbonne, Le sermon aux poissons pose un regard stroboscopique sur le destin d’un homme qui a choisi pour l’avenir l’ailleurs, autant déstabilisant qu’enivrant.
3.5* Un récit raconté de façon tourbillonnante, une histoire bien arrosée. J'ai été impressionnée par cette façon de mettre sur papier le sentiment d'être en état d'ébriété avancé, où tout va très vite et que les pensées se mêlent. Aussi, j'ai bien aimé déambuler ainsi dans les rues de Lisbonne. Le hic, pour moi, c'est qu'Antoine n'est pas un personnage particulièrement aimable. Ses "malheurs" ne viennent pas du tout chercher ma sympathie et cet aspect est venu teinter mon appréciation du roman.
J'ai adoré... J'ai aimé me perdre dans la narration et le rythme du livre, et me perdre dans Lisbonne et dans la tête d'Antoine. Les femmes se mélangent dans sa tête, ses souvenirs et ses rêves aussi. Tout est confus. On finit le livre un peu au même point qu'au départ. Ce roman m'a fait voyagé et tombé en amour.
Un peu l'équivalent littéraire de ce fameux cauchemar où tu es incroyablement en retard, mais comme englué et incapable de t'organiser. Pas tellement une partie de plaisir donc, mais l'esthétique est réussi.
2.5 ⭐️Je ne me suis pas attaché au personnage. J’ai eu de la difficulté à suivre le fil de l’histoire et il aurait fallu que je me creuse les méninges pour comprendre la narration. Toutefois, j’y ai puisé quelques phrases philosophiques que j’inscrirai dans mon carnet de lecture.
Avant de partir pour Lisbonne en octobre dernier, je me suis finalement décidé à lire ce premier roman de Patrice Lessard paru chez Héliotrope en 2011. Dans ce livre où un personnage, pour en simplifier le synopsis, part sur une dérape suite à une rupture, la langueur de l’alcool transforme l’expérience en périple onirique, où Antoine revient sans cesse sur ses pas et se perd dans la ville et dans ses femmes, alors qu’il a décidé de ne pas rentrer à Montréal et que sa confusion grandit.
Lessard a eu le coup de foudre pour Lisbonne, puisqu’il y est retourné à plusieurs reprises et qu’il a écrit coup sur coup deux autres livres s’y déroulant, livres dont les résumés nous laissent croire à un effet de miroirs ou de vases communicants, puisque certains personnages refont surface dans les trois œuvres.
Il y a un peu de l’esprit de José Saramago dans les dialogues, d’ailleurs, qui sont intégrés dans la narration, une construction ambitieuse qui ajoute du piment au récit, mais qui requiert une attention particulière pendant la lecture.
L'esprit du Portugal suinte de chaque page, le lecteur marche avec Antoine dans les rues labyrinthiques, doit revenir sur ses pas, est essoufflé par une pente particulièrement abrupte, et sue abondamment. C'est une expérience comme nulle autre.