(3.5 / 5)
Ici, on est dans la seconde moitié des années 60 à Chicoutimi. La vie de quartier était encore importante à cette époque-là. On connaissait tous nos voisins par leur nom. Tous étaient l’objet de rumeurs. On vivait nos drames familiaux dans nos murs pour éviter la prolifération des ragots.
En parlant de voisins, les Soucy : « Deux ou trois fois, l’ambulance et la police sont allées chez eux en pleine nuit et je sais que son père bat sa mère lorsqu’il est trop saoul. Toute la rue le sait, mais personne n’en parle. »
C’est ce Québec-là que propose Lise Tremblay. Adolescence dans l’ombre de la fratrie, un père peu présent et surtout, une mère colérique qui « explose », négligente et désordonnée. La honte de la narratrice. Pendant cet été, c’est à travers l’espoir de la célébrité de la sœur de sa meilleure amie qu’elle voit le désennui, la lumière ailleurs. Il y a aussi Marius, barbier, joueur de balle, « plus beau que Pierre Lalonde », qui fait battre le cœur de la narratrice (non nommée) et de son amie Judith.
Le sujet m’a moins passionné que ceux traités dans les autres merveilleux livres de Lise Tremblay que j’ai eu le plaisir de lire, de goûter. Toutefois, une grande satisfaction a quand même été au rendez-vous. On ne lit pas Lise Tremblay, on l’écoute. Ses mots, ses phrases passent des yeux du lecteur à ses oreilles avec naturel et contentement.
« Ma mère critique souvent madame Bolduc à propos de Line. Elle est certaine que si elle continue de la surprotéger comme cela, elle va en faire une niaiseuse. D’ailleurs, elle croit que c’est déjà commencé. »
J’adore Lise Tremblay.