« J’écris de la prison qu’est mon corps et de la cellule où on l’a enfermé. J’écris d’un pays geôlier et d’une époque à camisole exigeant des femmes qu’elles engendrent et punissant celles qui y faillissent. J’écris pour que nous nous souvenions qu’il n’en a pas toujours été ainsi. »Dans le monde de la narratrice, la liberté des femmes à disposer de leur corps n’existe plus, l’interruption volontaire de grossesse est considérée comme un homicide aggravé, avortement et fausse couche confondus.Histoire de femmes en insurrection, de solidarités obstinées, de luttes anciennes à recommencer, MURmur raconte la régression et la répression de ce droit élémentaire, mais aussi le courage d’y résister et la détermination à se révolter.
la première partie m'a intéressée, plu et touchée sans me transporter, avec des passages saisissants, d'autres qui partaient dans des endroits un peu trop abstraits/lyriques à mon goût, quoique toujours très bien exécutés. c'est la deuxième partie qui m'a profondément émue, sans doute parce qu'elle est plus cadrée et circonstanciée et que mon cerveau de lectrice aime bien avoir un minimum de repères narratifs, et s'accommode moins des "récits de l'instant" que d'histoires avec un début et une fin, aussi complexes et chamboulées et morcelées soient-elles. la plume de Caroline Deyns est une merveille de part en part, elle tape et coupe et frappe et dit et crie avec une justesse assez rarement égalée. en évoquant à la fois un futur cauchemardesque (qui n'en est hélas pas un comme le rappelle Caroline Deyns en toute fin d'ouvrage pour les femmes du Salvador) et un passé qu'il ne s'agirait pas de remiser trop vite dans le grenier des vieilles choses qui ne se produiront plus jamais, l'autrice parvient à créer le roman parfait du présent, du maintenant, de l'urgence, de la vigilance. merci pour ça à elle.
Je ne m'attendais à rien, voire j'étais a priori pas hyper partante parce que j'avais le sentiment que j'allais lire quelque chose que je connais déjà très bien, sur les VSS, l'histoire de l'avortement, etc. Et puis en fait ça m'a remuée. Comme à chaque fois, j'oublie l'horreur des choses.
Un roman en deux temps : la première prend des allures de dystopie à la Margaret Atwood, la deuxième, récit d’un avortement clandestin et de son procès, est historique (prémices du procès de Bobigny et de la loi Veil). Dans une langue choc, engagée, rythmée, Caroline Deyns nous rappelle par une forme de récit intelligente que la dystopie est relative : le droit à l’avortement n’est pas encore acquis dans certains pays. Une piqûre de rappel essentielle ! Et une ode à la solidarité féminine et à la lutte permanente.
Pas spécialement enchantée, mais ce n'est pas un problème d'écriture ou de style, juste de "mauvais moment". J'ai été séduite par la première partie qui, sur la forme, est totalement inédite et casse les codes. En revanche, je pense que ce n'était pas le moment pour moi de lire quelque chose de si dur et profond. J'y reviendrai sûrement plus tard, histoire d'apprécier vraiment ce livre qui, je pense, le mérite.
Très bien écrit. On pourrait croire que ce temps est terminé... et non dans certains pays, dans certains états des Etats Unis aussi où on remet l'interdiction a l'avortement. Une hérésie.
Un style bien particulier qui donne le ton d'une fiction. Ce n'est qu'au 3/4 du récit que je comprends qu'il s'inscrit dans la réalité. C'est bien amené !
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