Plus célèbre pour ses motifs floraux que pour son engagement politique, William Morris (1834-1896) consacre pourtant une partie de sa vie à dénoncer les contradictions internes du capitalisme. À travers ses discours, ses utopies politiques ou sa pratique artistique, il alerte sur les effets destructeurs de l’industrialisme, tant écologiques que sociaux. Convaincu que la beauté donne sens à l’existence, il appelle à la convivialité, à l’épanouissement personnel et à l’émancipation collective, grâce à la réappropriation des activités créatrices. Florent Bussy nous montre que sa vision d’une société fondée sur le partage plutôt que la concurrence, l’égalité plutôt que la domination, la beauté plutôt que l’artifice, la qualité plutôt que le gaspillage est une source d’inspiration inestimable pour tout projet de transformation sociale radicale.
Bussy dans ce livret ( cette série sur les précurseurs de la décroissance de la maison d’édition : le passager clandestin est magistrale) présente la pensée de William Morris. Socialiste, propagandiste, écologiste, et anti-industrialiste , Morris est réellement un précurseur. Sa prise de position envers une société décentralisé d’artisans, maîtres de leur moyens de production, effectuant leur propres subsistance et produisant des artefacts par des savoir-faire émancipateurs en lien non-marchand avec leur communauté locale par l’entraide et la coopération quotidienne font de l’auteur un fervent messager de l’écologie politique contemporaine. La gratuité des moyen de subsistance pour tous en fait aussi un communiste par le bas, anti-autoritaire. Morris est littéralement dans les mêmes prémisse que moi, vraiment une belle inspiration.