[This book is written in French.] Philippe Delerm nous entraîne dans le périple insensé des peintres préraphaélites. Une aventure envoûtante où des personnages se déchirent. Un destin en clair-obscur. On se demande si le faste n'est pas le comble de la misère, et si le recours aux paradis artificiels ne masque pas d'autres détresses. Philippe Delerm draws us into the insane world of the pre-raphaelite painters. A spellbinding adventure in which characters tear each other apart. A destiny in chiaroscuro. It makes us wonder whether splendor is the height of misery, and whether the resort to artificial Edens is simply a mask for other troubles.
Philippe Delerm est né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise. Ses parents étant instituteurs, il passe son enfance dans des «maisons d’école» : à Auvers, Louveciennes, Saint-Germain. Études de Lettres à la faculté de Nanterre, puis nommé professeur de lettres en Normandie. Il vit donc depuis 1975 à Beaumont-le-Roger (Eure), avec Martine, sa femme, également professeur de lettres et illustrateur-auteur d’albums pour enfants.
Livre-feu, livre-fou, puisant sa force dans les brumeux éclats d’automne, où l’art déploie ses caprices dans un style romanesque au paroxysme de la sensualité. Y planent les ténèbres découlant des croisements de destins clairs-obscurs, dans cet automne des passions, des couleurs et des rêves impossibles. Parallèlement à cela, ce roman invite aussi à découvrir le mouvement artistique des préraphaélites dans ses débuts.
Il est de ces œuvres rendant un majestueux et bel hommage à l’art, où l’art y retrouve une place de choix dans chaque page, brûlant les mains du lecteur aux premiers abords. C’est bien le cas d’Autumn de Phillipe Delerm qui, malgré le choix du titre inspirant grande sérénité d’emblée, ne pourrait être conçu dans les imaginaires associés à ce thème en y dissimulant sensiblement les apparats inhérents à la fougue artistique et aux tragiques histoires d’amour. « Tristesses, oui, mais l’automne, ce fut aussi cette lumière étrange et douce où tu as noyé tous mes rêves de l’année. Automne du passé, des saisons mortes et du temps arrêté, au secret de ton regard pâle. Automne, ce matin, avec ce mot de septembre qui lui va si bien. C’est le meilleur de nous qui se réveille. Quelques notes de piano à la fois aigrelettes et étouffées montent, chaque goutte de pluie s’habille de leur nostalgie, sur les carreaux de la fenêtre, devant moi. » C’est un peu la claque que j’ai eue au fil de la lecture (dans le sens positif) : Je me rends compte de bien plonger dans un univers autre que celui basé sur les simples descriptions de l’ambiance automnale, et les affaires de cœur pouvant s’y assimiler. A contrario, le lecteur se mêle à un bel acharnement des inspirations, des mouvements du cœur et des déchéances qui marqueront le destin de quelques personnages ! Et de ces personnages dont il est question justement, une confrérie d’artistes que nous rejoignons dans ce petit cocon artistique tumultueux et qui ont existé pour de vrai : Dante Gabriel Rossetti, John Everett Millais, Elizabeth Siddal, William Holman Hunt, John Ruskin, qui ont marqué les débuts du mouvement artistique des préraphaélites (entre 1850 et 1869). « Lizzie, notre route est bien différente. Nous avons choisi d’autres voies, d’autres saisons de vie, où la beauté a gardé son mystère. L’hiver ne nous est rien qu’une abstraction tout juste supportable. Nous détestons ce qui commence, la vulgarité des bourgeons gluants, les cris suraigus des enfants inutiles. L’été nous plaît, parfois, mais il y a trop de plaisir méridien absurdement offert, sans l’ombre d’un secret. Quand de l’ambre et de l’or viennent cristalliser dans les sous-bois le début de ce qui finit, notre religion commence. Le végétal devient l’église solitaire où nous prions le vent de souffler vers un ailleurs, enfin, une autre rive, un rêve différent. L’automne est la seule saison. Qu’il nous revienne, et se prolonge. »
Le livre se consacre aussi et en grande partie à tisser la toile des débuts du préraphaélisme, en s’intéressant de près à la vie intime de ces artistes, à leurs divers échanges, leurs disputes, leurs tourments, leurs amours, leurs démons et leurs débauches. Il est question aussi d’évoquer quelques grandes œuvres, dont deux ayant été inspirées par le modèle « Elizabeh Siddal », autour duquel tourne ce roman : « Ophélie » de John Millais et « Beata Beatrix » de John Everett Millais. Et l’art qui se croise et ressent à chaque instant, dans chaque ligne, délicieusement envoûté par la magie des mots. Ces artistes, écartelés entre leur recherche d'un art absolu et la réalité de leur époque, entre la femme idéale et le modèle, hantés par reflet de l'être par rapport au vivant : Une image vaut-elle mieux que l'être ? Le tout singulièrement rédigé de la brillante et délicate plume de Delerm qui rend un bel et gracieux hommage au genre préraphaélite. « Nous sommes dans votre couleur, c’est vrai. L’expression est de vous, comme notre vie même, et notre paysage d’âme semble s’être touche à touche élaboré sous le poids de votre pinceau. Ce n’est pas sans amertume que je vous fais aujourd’hui cet aveu, qui ne manquera pas de rassasier votre insatiable orgueil. Sans doute serez-vous surpris, en lisant ces lignes, de ne pas y trouver la condamnation que vous escomptiez de moi et redoutiez de moi. Je ne vous traiterai pas de profanateur de tombe, je ne serai pas pour vous la voix de Lizzie. Vous êtes sans nul doute au-delà de toute morale, ne vous en réjouissez pas trop – c’est là le privilège empoisonné d’une haute solitude, et je crois m’y connaître. »
Addomesticare il male di vivere, berne il dolore a sorsate dolceamare.
Beatrice... se fossi nel presente, il passato non esisterebbe più. Se fossi di qui, sarebbe l'altrove a perdere il suo nome. Vorrei ch'ella fosse, e ho così paura che mi appaia. È un enigma dentro di me, con sembianze di un volto.
Una scrittura che si fa poesia e colore. Una narrazione quasi onirica. Partendo dal celebre recupero del quaderno contenente "La casa della vita", il libro affronta in modo esauriente le vicende salienti di tutti i componenti della confraternita, prediligendo però Rossetti e Millais. L'ossessione di Dante per Beatrite e, di riflesso, quella di Dante per Elizabeth, predomina su tutto. Un Rossetti che addirittura crea una stanza santuario dove custodire tutti gli effetti personali dell'amata, al centro la Beata Beatrix che, con il suo potere, lo attrae quotidianamente in un perpetuo incantesimo.
La scelta cronologica e stilistica mi ha ricordato molto il Dante's Inferno di Ken Russell, soprattutto per quanto riguarda la figura di Rossetti. Sarebbe interessante sapere se il contenuto delle lettere inserite nel romanzo sia attendibile o totalmente frutto di fantasia. Una breve introduzione, o una nota a riguardo, non sarebbe stata una cattiva idea vista la parvenza biografica del testo.
Quando, nel sottobosco, ambra e oro vengono a cristallizzare l'inizio di ciò che finisce, la nostra religione comincia. Il mondo vegetale diventa la chiesa solitaria in cui noi preghiamo il vento di soffiare infine verso l'altrove, verso un'altra riva, un sogno differente. L'autunno è l'unica stagione.
Relecture. Je me souviens avoir été prise de sentiments mitigés à ma première lecture déjà. J'étais ravie de voir qu'il y avait un roman français qui s'intéressait aux Préraphaélites, et j'avais été séduite par les premières pages. Mais rapidement, j'avais été prise d'un sentiment de gêne face à certains passages, qui me paraissaient trop gros, trop indécemment afficher leurs ficelles. C'est cette même impression qui s'impose à la relecture. Delerm VOULAIT rendre poétique son récit, et a eu tendance à forcer le trait (notamment avec le suremploi du mot "rêve"). Le symbolisme y est trop lourd, et l'ensemble manque de subtilité : ça m'a laissé l'impression d'un Michon raté. La gestion de la narration est elle aussi maladroite : les informations contextuelles nécessaires à la compréhension de l'histoire par un lecteur non-averti et les interprétations des différents tableaux (qui semblent être celles de l'auteur lui-même, et sont sans doute le point de départ de son envie d'écrire le roman) sont gauchement insérées dans des passages de monologue intérieur au discours indirect libre où elles semblent peu naturelles. Il me semble qu'il y avait de bonnes idées, et une véritable résonance de l'auteur avec les œuvres préraphaélites, à l'origine de ce livre, mais que le résultat reste inabouti.
I wish Delerms' wonderful novels were translated in English - especially AUTUMN, about the Pre-Raphaelit painters, and SUNDBORN, about the Swedish painter Carl Larsson. Both are extremely evocative, and Delerm writes with the light touch of an impressionist painter. His other writings, which are very popular in France, are equally interesting. This novel is like a painting - which is exactly what one would expect from such a story.
Beautifully written, it triggered my interest for PreRaph painters and their chaotic lives and love stories, I enjoyed it several times,Autumn is a delightful, atmospheric and melancholy read.
Un livre plein de belles choses sur le mouvement peu abordé en littérature des préraphaélites. J’ai beaucoup aimé la manière dont le roman traduit la mélancolie et la recherche d’une pureté esthétique chez les artistes qu’il rassemble. L’intégration des données historiques me semble aussi assez habile : dans l’ensemble naturelle et convaincante même si, de très en temps, perce la fiche de préparation. Le thème romantique de l’opposition entre l’art et la vie, la création et le bonheur est intéressant bien que, pour moi, très daté du XIXème siècle (je pense notamment à L’Œuvre de Zola et à ce thème chez Balzac). J’ai aussi apprécié que le livre mêle peinture, littérature et critique car cela donne plus de profondeur à la réflexion sur l’art. En ce qui concerne l’écriture, je trouve que le roman convient mieux à l’auteur que la poésie qui l’a pourtant fait connaître (à moins que son écriture ait juste évolué). Il y a de belles phrases et une recherche appréciable dans la forme mais le style est, je trouve, poétiquement assez inégal. Certaines phrases sonnent maladroites ou « toc » car on y sent une recherche assez conventionnelle de l’effet poétique qui semble artificielle (« les arbres ont leurs couleurs. Le brouillard les efface » dans l’avant-dernière page par exemple). Les descriptions, notamment, qui essayent d’égaler la peinture par des évocations insistantes des sensations et notamment des couleurs m’ont fait l’impression de moments de bravoure décevants d’être trop attendus et quelques répliques censées être philosophiques ou poétiques sont, pour moi, simplement obscures. En tous cas, si le livre ne remplit pas toujours ses aspirations à la grande littérature, il dégage dans l’ensemble une impression de grande beauté et a le mérite d’aborder sous un angle intellectuellement très stimulant un domaine original.
Le récit suit l’histoire (romancée mais véridique) d’un groupe de peintres et artistes autoproclamés préraphaélites, en particulier la relation qui se développe entre Dante Gabriel Rossetti et Elizabeth Siddall, qui sert de fil rouge à l’intrigue.
J’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style poétique de l’auteur, qui traduit un lyrisme mélancolique puissant et maîtrisé mais auquel je n’ai pas été réceptive.
Merci de m’avoir fait voyager a travers ces toiles et poèmes d’automne.
Dove arte e amore si fondono e si confondono ... Nell'Inghilterra metà '800, tra Shakespeare e Dante, tra Dante e Beatrice, tra campagne inglesi e highlands scozzesi, in un'alternarsi di stagioni, umori e amori questo lo scenario del romanzo. Protagonisti di tuttociò i PRB, i pittori Preraffaelliti, con le loro storie, uniti nella passione dell'arte (pittura, poesia, ...) e divisi dalle passioni e intrighi sentimentali, uniti nei sogni e divisi da concreti bisogni. Ovviamente, scritto romanticamente autunnale ma non certo sdolcinato. Anzi . "... Gli uomini avranno sempre bisogno d'autunno, e del piacere malinconico di finire ..." "... Esiste sensazione più squisita di quella risvegliata dall'odore delle foglie autunnali che bruciano? Per me, niente evoca memorie più dolci dei giorni che se ne vanno, è l'incenso offerto al cielo dell'estate morente, e porta la felice convinzione che il tempo metta un sigillo di pace su tuttociò che se ne va . Amare le cose che se ne vanno.La malinconia del finire. Addomesticare il male di vivere, berne il dolore a sorsate dolceamare. ..."