Repas éternel se situe dans un sombre avenir pas très lointain, où l’humanité a fait tellement de dégâts que son seul moyen pour survivre consiste à se recycler, à manger son prochain. Dirigée par Big Butcher, dictateur et « père nourricier », la société est organisée de manière à recycler les morts, et surtout les vivants en fin de cycle vital, les marginaux, les handicapés, pour les transformer en produits alimentaires. Cet univers de cauchemar fait la part belle au gore, et à des concepts franchement cruels et répugnants. Les riches peuvent se payer un dernier séjour de luxe, et choisir le type d’aliment dans lequel ils seront recyclés, et décider qui les consommera. Les autres doivent se soumettre à la décision de Big Butcher et de son organisation, et subir une transformation tout simplement abominable, de leur vivant, et le contexte dans lequel ils sont traités comme du bétail n’est pas sans rappeler les camps de concentration. Je ne suis pas bégueule et il m’en faut beaucoup pour m’écœurer réellement et me mettre mal à l’aise, mais les outrages à certaines parties du corps humain me répugnent profondément, surtout au cinéma, je ne me suis pas remise du pourtant sublime Sin City (membres tranchés à tire-larigot) ni le final de Dragon rouge, avec cerveau à découvert…manque de bol Repas éternel use de l’un des deux. Malgré tout un « délicieux » petit roman, cruel et bien ficelé, mais terriblement pessimiste