Près de Saint-Tropez, dans une luxueuse maison, qui domine la mer, David et Marie-Hélène Paul-Martin passent leur été, comme chaque année. Il y a leurs enfants, leurs amis avec qui ils forment une société artistique et mondaine ; il y a le ciel bleu, le soleil, tout pour être heureux. II y a enfin et surtout Malika. Jeune, très belle, venue du Maroc, elle a été engagée pour s'occuper des enfants et de quelques travaux domestiques. Personne ne pouvait se douter, cet été-là, que la seule présence de Malika allait bouleverser l'ordre des vacances, du bien-être, mais aussi l'ordre souterrain des passions, des pulsions du corps et des sentiments. Malika est-elle une créature ensorcelante, diabolique ? Est-elle l'héroïne d'une ambition secrète, d'une revanche redoutable ? Ou bien, tout simplement, une jeune fille innocente, inoffensive, sur qui chacun projetterait ses fantasmes, ses mensonges ou ses perversités ? Construit à la manière d'une enquête, ce roman cherche à comprendre, cerner et percer le mystère d'une jeune femme, dont l'étonnante complexité finit bientôt par nous envoûter. Malika, à la fois insaisissable et si présente, offre au lecteur un personnage de femme qu'il n'oubliera jamais.
Son père, Arthur Conte, fut écrivain catalan et homme politique.
Études secondaires et supérieures à Paris.
Mémoire de maîtrise à la Sorbonne sur « les fées et les sorcières dans la littérature des XIIe et XIIIe siècles ». Agrégation de lettres modernes, en 1975.
Débute comme journaliste au Quotidien de Paris, en 1980, et publie son premier roman au Mercure de France, Les Heures volées, en 1981.
Critique littéraire au Quotidien de Paris, de 1980 à 1985, au Figaro littéraire, de 1985 à 2004, à Version Femina, depuis 2004.
À la fois romancière et biographe, reçoit le Grand Prix de la biographie de l’Académie française pour Romain Gary, en 1987, le prix Interallié pour Malika, en 1992, le prix Renaudot pour Le Manuscrit de Port-Ébène, en 1998, et la bourse Goncourt de la biographie pour Berthe Morisot, en 2000.
Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco, en 2010.
Membre du jury du prix Renaudot.
Élue à l’Académie française, le 18 avril 2013, au fauteuil de Michel Mohrt (33e fauteuil).
Je ne connaissais pas Dominique Bona, qui est académicienne depuis peu. Dans ce roman, écrit il y a plus de vingt ans, il est question d'une jeune fille au pair marocaine qui fascine les invités d'un couple bourgeois organisant une soirée huppée dans leur luxueuse villa de Saint Tropez. Par degré, le narrateur remonte dans le temps pour donner une consistance à ce destin, et on apprend qu'un célèbre photographe, sensible à ses appâts, l'a amenée en France, après avoir vécu quelques temps avec elle au Maroc. La jeune fille, émancipée, très dégourdie et dotée d'un bon caractère, va bientôt voler de ses propres ailes. Pas mal.