" Maryline Desbiolles nous rend palpable une vie pleine de feu et de solitude dans l'arrière-pays niçois sauvage et abandonné. Un enchantement. "
L'Express
Ces collines, cette campagne, cette vigoureuse solitude sont celles des terres niçoises. Isolé dans ce décor sauvage et âpre, Anchise, bien avancé dans l'âge, ne connaît pas la tranquillité. Partout, il y a cette épouse morte jeune, surnommée " la Blanche ", si blonde et si menue. Le souvenir de leurs après-midi d'amour sous les mimosas en fleur, des abeilles et des ruches tant aimées bruit avec la même force que la nature. Comment ressusciter l'incandescence première et retrouver l'éclat du grand amour perdu ?
Née en 1959, Maryline Desbiolles a obtenu le prix Femina en 1999 pour Anchise . Le Neveu d'Anchise , paru en 2021, est un déploiement de ce roman. Ses livres, La Seiche , Amanscale , Le Petit Col des loups et Primo sont également disponibles chez Points.
Maryline Desbiolles naît en 1959 à Ugine, où vivent ses grands-parents maternels, émigrés italiens, qui tiennent une petite mercerie-bonneterie. En 1981, elle crée à Nice où elle vit une revue de poésie et de littérature, Offset, puis en 1990, La Métis, du nom de l'intelligence rusée pour les Grecs. En 1998, son roman La Seiche attire l'attention pour son style. Elle reçoit le prix Femina en 1999 pour Anchise. En 2024, elle remporte le prix Le Monde 2024 avec son roman publié aux éditions Sabine Wespieser, L'agrafe, qui revient sur l’humiliation des harkis. Elle écrit régulièrement des chroniques dans le journal La Croix. Elle vit dans l’arrière-pays niçois, à Contes. Elle est l'épouse du sculpteur Bernard Pagès.
L’auteure grâce à une plume particulière marquée par les répétitions nous plonge dans ce qu’est réellement la campagne. Celle où tout le monde se connaît mais où tout le monde est incroyablement seul. Seule comme la Thomas qui n’a personne avec qui parler. Seul comme le Sasso qui cri très fort des choses abjectes que personne ne veut reconnaître. Seule comme la femme du Sasso qui n’a pas les mots, qu’un faux sourire de résine pour elle.Puis finalement, seul comme Anchise qui a perdu très tôt son épouse. Ces personnages sont tous très differents mais ils sont tous complémentaires les uns des autres. Ils partagent tous des points communs. Néanmoins, le narrateur nous le dit, Anchise n’est pas comme les autres, c’est un rêveur. Anchise est présent mais il n’est pas là, il est avec ses abeilles, avec sa Blanche ou avec sa mère. Tous ne sont plus avec lui, mais lui il est avec eux. Le silence comme marque d’amour. Le vent comme signe d’espoir. Et puis la chaleur comme fatalité.
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Désespérant et désespéré, désespérement bien écrit. Au-dessus de Nice. 12 km ce n'est pas beaucoup comme distance et pourtant. Au bord de la départementale trois maisons se serrent les unes contre les autres. Bien sûr vous ne les avez pas vues ces maisons ou si vous les avez remarquées pour vous elles sont abandonnées. Pourtant ils sont quatre à y vivre. Quatre petits vieux, octogénaires, la Thomas veuve depuis déjà longtemps, venue de l'autre côté de la Méditerranée, les Sasso les plus récemment arrivés et Anchise qui est né dans cette maison, y a passé sa vie et y mourra. Anchise qui a perdu sa femme Blanche voilà si longtemps et vit plongé dans le passé. La plume de Maryline Desbiolles est une pure merveille mais qu'il m'a été difficile d'affronter la tristesse qui suinte au fil des pages ... Prix Fémina 1999.