Le « légèrement stressé » jeune Elliot est entré au collège. Cette véritable boule d'angoisse qu'il ressent en permanence prend vie à ses côtés et le guide dans les méandres de la grande école.
Elliot devient rapidement populaire grâce à une vidéo de danse complètement improvisée qui le transforme du jour au lendemain en star de Tic Toc. Il se rapprocher d'Églantine... et s'éloigne de son pote Hari. Mais sa nouvelle popularité rend Elliot un peu méprisant, ce qui finit par rapprocher Églantine de Bastien, son pire ennemi.
Décidément, la cinquième va être, une fois de plus, une année difficile à vivre pour notre héros !
J’avais adoré le premier tome de cette série sur un collégien et sa boule d’angoisse-amie imaginaire ! Théo Grosjean nous parle de santé mentale et je pense que c’est vraiment important de démocratiser ce sujet dans la littérature jeunesse. Dans ce deuxième tome, on retrouve Elliot qui va percer sur les réseaux sociaux. Entre l’angoisse du regard des autres et la pression de la célébrité, difficile de ne pas se perdre… Encore une fois Théo Grosjean raconte avec humour et sensibilité l’adolescence et les relations humaines. Une pépite que je continuerai de suivre car quand je lis Elliot au collège, je me sens moins seule avec mes propres angoisses.
Dans ce deuxième tome d’Elliot au collège, la bande dessinée s’impose comme un médium particulièrement efficace pour rendre compte des tourments du quotidien collégien. Ce volume ne se contente pas de poursuivre l’histoire : il affine le portrait d’Elliot et approfondit les thématiques abordées, en s’appuyant autant sur le dessin que sur le texte pour exprimer les émotions et les tensions propres à l’adolescence. Il marque aussi une étape importante dans l’évolution du personnage principal, qui semble plus conscient de lui-même et du monde qui l’entoure. Le collège n’est plus seulement un décor, il devient un véritable espace de confrontation entre les désirs individuels et les attentes collectives.
Le personnage d’Elliot gagne ici en complexité. Moins naïf que dans le premier tome, il semble davantage conscient des règles implicites qui régissent la vie au collège : le regard des autres, la pression du groupe, les malentendus qui peuvent fragiliser une amitié. La bande dessinée traduit ces évolutions de manière subtile, notamment à travers les silences, les expressions faciales et la composition des cases. Les émotions ne sont pas toujours dites explicitement, mais suggérées par le dessin, ce qui renforce l’implication du lecteur.
Le scénario repose sur des situations du quotidien en apparence banales, mais qui prennent une réelle importance à l’échelle du personnage. Cette banalité assumée fait la force de l’œuvre : elle reflète avec justesse la manière dont les collégiens vivent intensément des événements que les adultes peuvent juger mineurs. Cependant, cette approche a aussi ses limites. La progression narrative reste assez linéaire et certains conflits se résolvent rapidement, ce qui peut réduire la tension dramatique et donner une impression de facilité.
Le travail graphique joue un rôle central dans la lecture. Le style de dessin, volontairement simple et expressif, privilégie la lisibilité et l’efficacité. Les décors du collège, récurrents, participent à l’ancrage réaliste du récit et créent un cadre familier pour le lecteur. Les choix de couleurs et de cadrage accompagnent les variations émotionnelles : des scènes plus chargées visuellement traduisent le stress ou la confusion d’Elliot, tandis que des planches plus aérées marquent des moments d’apaisement ou de réflexion.
Les personnages secondaires, bien que parfois esquissés rapidement, fonctionnent comme des figures symboliques du monde collégien. Ils incarnent différentes attitudes face aux règles, à l’amitié ou à la différence. S’ils manquent parfois de profondeur individuelle, leur présence contribue à la dimension collective du récit et à la crédibilité de l’univers représenté.
En bref, Elliot au collège, Tome 2 : Réseaux et sentiments est une bande dessinée jeunesse qui parvient à capter avec sensibilité les questionnements de l’adolescence. Sans chercher l’originalité formelle ou le spectaculaire, elle mise sur l’observation fine du quotidien et sur la complémentarité entre texte et image. Cette sobriété peut frustrer les lecteurs en quête de rebondissements forts, mais elle confère à l’œuvre une sincérité et une justesse qui font sa principale qualité.
Toujours aussi accurate, on se sent tellement représenté par les dessins de Théo Grosjean. Je pense que Elliot au collège est parti pour être une excellente série de bd pour enfant. (Bien sûr, je pense qu'elle touchera peu importe l'âge, comme elle m'a touché moi qui n'est plus au collège depuis un moment !) Hâte du tome 3 en tout cas