La narratrice de ce roman a promis à ses enfants et à son mari de raconter ce qui a déchiré leur vie de longs mois durant. Trois ans après les faits, Amélie Cordonnier tient parole et remonte le temps jusqu'à ce jour où tout a commencé. Il y a d'abord eu un courrier, pris pour une mauvaise plaisanterie. Alertée par un appel pour maltraitance, la protection de l'enfance la convoquait en famille à un rendez-vous visant à s'assurer que son fils et sa fille étaient bien en sécurité dans leur foyer. Un simple coup de fil, de surcroît anonyme, pouvait donc provoquer l'envoi d'une lettre officielle vous mettant en demeure de démontrer que vous êtes de bons parents ? Oui. La machine était lancée, et rien ne semblait devoir l'arrêter. Car comment prouver qu'on aime ses enfants ? Dans En garde, Amélie Cordonnier continue d'explorer ce qui se passe - et se cache - dans l'intimité familiale. Elle met en scène l'étau qui se resserre autour d'une famille sous surveillance, dans une course aussi effrayante qu'haletante.
« En garde » est le dernier roman d’Amélie Cordonnier, sorti pour cette rentrée littéraire d’août 2023. Une interjection qui fait penser aux films de cape et d’épée pour parer les coups et éventuellement attaquer, le corps tendu vers la menace. Prends garde, Amélie, une personne de ton entourage ne te veut pas du bien…« En garde » est tiré d’une expérience personnelle vécue par l’écrivaine : une dénonciation. Elle avait promis à sa famille de raconter dans un livre ce qui leur était arrivé (voir prologue)… Tout commence par un courrier émanant des services de protection de l’enfance alertés par un appel anonyme pour maltraitance. Un rendez-vous programmé aux susnommés services avec mari et enfants est organisé pour enquête. Il faudra prouver que l’on aime ses enfants et que rien de « dramatique » ne se passe dans ce foyer même si, comme dans toutes les familles, on hausse le ton de temps en temps… D’autant que la France entière sort d’une période de confinement, ce qui a rendu les relations familiales encore plus compliquées…
« En garde », c’est d’abord un choc, celui de la délation, de la calomnie et des insinuations dégradantes. « Fusil bien ajusté, œil sur le viseur avec nous quatre en ligne de mire. » Qui pourrait penser que les enfants de cette famille sont maltraités ? C’est la tête basse et avec des pieds de plombs que la famille entière compte se rendre à cette injonction de rendez-vous. Mais comment « préparer » les enfants ? Gabriel, 14 ans et Lou, 7 ans ? Un mot malheureux de la petite peut faire basculer la famille dans la tragédie. Alexandre, le père, voudrait la briefer… Mais la briefer pourquoi ? Cet acte ne pourrait-il alors être perçu comme une tentative d’intimidation ? Que faire exactement ? Que diront les enfants ?
Lors de l’entretien, c’est avec stupéfaction que la famille apprend alors que l’appel de dénonciation ne date pas d’hier. « Il a été passé il y a trois mois, en mars, durant le confinement, c’est la seule chose que daigne divulguer Mme Trajic. » Madame Trajic (tragique) porte un nom presque tragi-comique pour une situation de cette ampleur.
Dans « En garde », une seule question plane : qui ? Qui a dénoncé cette famille ? Le roman décrypte très bien la différence de réaction entre homme et femme. Quand Amélie ne pense qu’à ça, Alexandre son mari n’a que trois mots à la bouche : « Ça va aller. Ça va aller ça va aller ça va aller ça va aller ça va aller. Voilà onze jours, je les ai comptés, que cette malheureuse phrase danse dans ma tête. Alexandre n’arrête pas de me le dire et me le redire, sur tous les tons. » Pour l’un la vie s’arrête, pour l’autre elle continue… jusque dans la chambre à coucher. C’est toujours fort intéressant de constater les différences majeures de comportement entre hommes et femmes, quand chez les premiers l’optimisme l’emporte, et chez les secondes l’impossibilité de penser à autre chose prend toute la place de cerveau disponible. « Je me suis demandé comment le désir pouvait se frayer un chemin en lui quand l’angoisse prenait toute la place en moi. Oui, comment peut-il avoir envie de s’envoyer en l’air après une soirée pareille ? Moi, l’air me manque. Panique. Infernale. » Amélie Cordonnier décortique fort bien les angoisses, les conséquences éventuelles, les questionnements concernant la personne qui a dénoncé, les émotions des parents, puis des enfants, et enfin les différentes phases du rendez-vous qui risque de changer leur vie.
« En garde » est un récit très réaliste qui comprend des procédures minutieuses, des émotions décryptées, des interrogations méthodiques. Qu’attend exactement le lecteur en commençant le roman ? Savoir qui a passé cet appel, savoir comment la famille va s’en sortir, savoir par quel moyen elle va pouvoir se reconstruire après de telles accusations. Ce n’est pas le parti que va prendre l’auteure et c’est sans doute là qu’Amélie Cordonnier m’a perdue.
Un personnage très particulier va pénétrer le quotidien de cette famille. Sans prénom, surnommé le cousin par tous les membres de la famille, il va avoir un rôle très subjectif : il est envoyé par la Mairie de Paris pour une enquête de proximité. Lorsqu’il se présente à la porte du domicile, tout sourire en exposant les objectifs de sa mission, la narratrice nous dit : « La conversation se fait sans moi. Je ne suis pas là. J’ai mis le mode avion. » À partir de là, je n’ai plus compris le récit et j’ai remis en cause tout ce qui avait été développé précédemment. « En garde » prend alors un virage différent : le lecteur passe d’une réalité crue à une fiction complètement farfelue où aucun membre de la famille ne semble réagir par des actes précis à cette irruption dans leur quotidien du fameux cousin, et laisse faire sans sourciller. Alors soit ! On peut imaginer que le cousin est une personnification des services sociaux, qu’il n’est pas vraiment présent si ce n’est dans la tête de la narratrice (et encore, il faut avoir beaucoup d’imagination, car les actions du cousin sont bien concrètes).
Que cherche exactement à nous dire Amélie Cordonnier dans « En garde » ? Le début était assez limpide, une expérience personnelle douloureuse subie après la période du Covid. Le choc reçu par la famille, le fonctionnement des institutions, l’attente du verdict. Je n’ai rien à redire là-dessus. Par contre, quid de la seconde partie ?
Si le roman est réaliste, on peut espérer que l’auteure nous emmène jusqu’au bout du processus administratif en remuant ciel et terre pour savoir qui est ce gars qui se pointe là, sans avoir été invité ni annoncé. Si le roman est une fiction, l’auteure ne peut pas écrire à la fin qu’il s’agit là d’un fait réel vécu. Le mélange des genres dans « En garde » est terriblement déroutant. Il en découle un manque total de crédibilité dès la seconde partie, et désolée de le dire, mais Amélie Cordonnier perd alors son lecteur. Il y a moult exemples dans cette seconde moitié où agir était la chose à faire. Or, ledit cousin squatte l’appartement familial pendant six mois. Imaginez-vous un peu six mois avec un inconnu qui campe chez vous, LITTÉRALEMENT, dont personne n’a jugé utile de vous informer de la présence, qui se pose là, comme l’oncle d’Amérique, babille avec les enfants, les aide à faire leurs devoirs, fait la cuisine, écoute aux portes, range des choses qui ne le concernent pas, et pénètre dans l’intimité de cette famille sans aucune retenue. « Honte au carré d’avouer ici qu’il régule alors jusqu’à notre façon d’uriner. Mais le pire, c’est qu’il vérifie que j’ai bien pris ma pilule. » et la narratrice d’ajouter : « Incarcérés tous les quatre à domicile. Et pourtant aucun grillage, aucun cadenas, pas un barreau ne nous retenait. » La lectrice que je suis a eu envie de hurler : alors, FOUTEZ-LE DEHORS !!!
Je n’ai pas de conseil à donner, juste un ressenti a rédiger. Pour moi, il manque un « avertissement », au moment où le récit bascule d’un fait réel vécu à une fiction. Le personnage du cousin n’est pas crédible, donc l’histoire lue auparavant apparaît elle aussi abracadabrante. Résultats ? Certainement quelque chose que l’auteur n’a pas souhaité : j’ai remis en doute tous les faits réels vécus, qui je pense, étaient la base du roman (l’intention était précisée dans le prologue). Par extension, je n’ai pas ressenti l’empathie que j’aurais dû ressentir puisque je ne croyais plus en ce que je lisais. Il n’empêche que l’écriture d’Amélie Cordonnier reste élégante dans l’expression des émotions, comme c’était le cas dans « Pas ce soir », et engagée, tel que je l’ai découverte dans « Trancher ».
“Tetikte”, anne olmanın, aile olmanın ve sevginin doğasına dair düşündürücü bir roman. Paris’te yaşayan, iki çocuklu genç bir çiftin aslında son derece sıradan olan yaşamlarına bir gün sosyal hizmetlerin girmesiyle yaşananlar anlatılıyor. Çiftin evinden gelen çocuk çığlıklarını bir komşuları şikayet ediyor ve bunun üzerine sosyal hizmetler aileyi incelemeye başlıyor. Olağan bir görüşmeyle mesele açıklığa kavuşmuş gibi görünüyor önce ancak bir süre sonra bir sosyal hizmetler görevlisi eve adeta kamp kuruyor ve aileyle neredeyse beraber yaşamaya başlıyor. Bir yabancının eve dahil olmasıyla beraber kimliklerin, rollerin sınırları flulaşmaya başlıyor; haliyle ilişkilerin dinamikleri de değişiyor ve rutine dair aslında hep orada olan ve fark edilmeyenler su yüzüne çıkıyor.
Gerek eşe, gerekse çocuklara karşı sevgiye dair daha önce söylenmemiş değilse de etkileyici noktalara parmak basıyor Cordonnier. Hiçbir ilişkinin mükemmel olmadığını, hatta ‘normal’in ve ‘olağan’ın o mükemmel olmamakta olduğunu güzel işlemiş. Öte yandan sevginin ölçütü olarak algıladıklarımızın yanıltıcılığına da güzel değiniyor; çocuk bakımının, ihtiyaç karşılamanın bir sevgi emaresi olmadığı gibi hiç sinirlenmemenin, kızmamanın da iyi anne olmak anlamına gelmediğinin altını çiziyor. Bunun üzerine de düşünmeye sevk ediyor: o zaman sevgi ne, gerçekten ‘iyi’ anne olmak ne, mutlu çocuk yetiştirmek ne, gibi sorularla kişisel bir muhakeme yaparken buluyorsunuz kendinizi okurken.
Ele aldığı meseleler çok güzel, etkileyici bir metin yazmaya da çok müsait ama yazar bu potansiyeli iyi kullanamamış sanki. Metin, bir yerden sonra distopyaya evriliyor ve bu noktada iyi bir psikolojik gerilim tadında, sürükleyiciliğiyle de kendini okutuyor. Ama muhteşem olabilecek bir metni klişeleştiriyor da. Daha önce beyaz perde de edebiyatta da örneklerini çokça gördüğümüz bir kurguya dönüyor. Benim aklıma ilk Harry Kressing’in “Aşçı”sı ve çok sevdiğim filmlerden “The Servant” geldi, örnekleri çoğaltmak mümkün. Çok iyi olabilecekken ortalama bir roman olmuş bence. Yazarın “Trancher” romanını da merak ediyorum yine de.
J'ai adoré ce dernier roman d'Amélie Cordonnier, lu en quelques heures. Pendant toute la première partie, j'ai d'abord cru à une autobiographie. La narratrice, qui porte le même nom que l'auteure, raconte sa sidération lorsqu'elle reçoit après le premier confinement en 2020 une lettre de la Protection de l'Enfance la convoquant avec son mari et ses deux enfants à un rendez-vous suite à une dénonciation anonyme. Ensuite, le roman prend une tournure dystopique, décrivant la descente aux enfers de cette famille surveillée par le "Cousin", un agent de la Protection de l'Enfance chargé d'enquêter sur la famille et qui s'immisce de façon redoutable dans leur vie privée. On se croirait presque dans l'univers décrit par Orwell dans 1984. L'auteure est partie d'une situation réelle vécue, pour imaginer ce thriller domestique qu'il est difficile de lâcher. Un coup de cœur ! J'avais déjà vraiment apprécié l'écriture d'Amélie Cordonnier dans Pas ce soir, je vais continuer à suivre cette romancière.
Je suis assez dubitative concernant cette lecture. Je me suis lancée super intéressée, parce que j'aime les histoires vraies, et je voulais vraiment savoir jusqu'où cette histoire allait nous emmener. Spoiler alert, c'est faux. Le début est vrai, puis on se rend vite compte que quelque chose cloche et que toute la suite est fausse. Alors je me suis sentie un peu flouée, et c'est entièrement ma faut. D'autant plus que lorsqu'on touche à l'enfance et plus particulièrement la protection de l'enfance, moi, je pars au quart de tour. Alors à un moment j'ai arrêté de croire à ce qu'on me racontait dans ce livre et je me suis laissée embarquer par la plume si particuliere d'Amelie Cordinnier. Pas de dialogues, que du récit, mais quel récit ! Tranchant, violent, sans fioritures. Avez vous déjà lu les œuvres de cette autrice ? J'ai très envie de la découvrir encore plus.
Un des dispositifs permettant de déceler la maltraitance ou la négligence envers les enfants est la possibilité de dénoncer anonymement ceux que l’on soupçonne d’en être la cause. Ensuite, une investigation est menée pour savoir si le signalement est fondé et recevable. Il arrive que le système constate qu’il n’y a pas lieu d’intervenir. Le caractère anonyme de la plainte résulte parfois en des accusations non justifiées. Et, quelle que soit la conclusion de l’analyse de la situation, une telle accusation laisse des marques. Dans En garde, Amélie Cordonnier explore le sujet à partir de son expérience personnelle. Elle raconte qu’elle a reçu une lettre la convoquant avec son conjoint et ses deux enfants aux bureaux de la protection de l’enfance. Quelqu’un avait appelé afin de signaler que l’auteure et son mari en leur progéniture. Plongée dans un processus d’enquête qui ne semble jamais avoir de fin, la famille passera par de nombreuses étapes afin de prouver que les parents sont aptes à remplir convenablement leur rôle et que les enfants ne sont pas en danger. À partir de ce moment, leurs vies ne seront plus jamais pareilles. Et on le comprend, c'est un des pires cauchemars d'un parent!
J’ai été happée, totalement accrochée, curieuse de voir ce qui allait advenir. Interpellée comme je crois que tout parent le serait. L’auteure rend bien les émotions suscitées par la situation et installe bien le suspense. On est là, on est avec elle, sur le bout de notre chaise. Plus je lisais, plus j’étais décontenancée. Plus j’avançais dans l’histoire, plus je réalisais que j’étais bien devant un roman de fiction. L’auteure a choisi d’aller dans l’absurde, pour exprimer comment les parents se sentent quand on se met à enquêter sur leurs compétences parentales, tout en souhaitant qu’on ne s’imagine pas qu’elle a vécu tel ou tel événement. Peut-être également pour ne pas critiquer de manière trop frontale les instances de protection, car quoique certaines dénonciations soient sans fondement, la nécessité de ces dispositifs est indéniable.
Même si le choix de l'auteure m'a plus ou moins plu, j’ai poursuivi ma lecture en étant toujours aussi curieuse de savoir comment finirait l’histoire. Cependant, je crois que son témoignage aurait été plus fort que la fiction qu’elle en a fait. Il n’en demeure pas moins que c'est captivant et cauchemardesque. On n’entend pas souvent les voix de parents qui ont été convoqués par la protection de l’enfance (de la jeunesse). On comprend que ceux-ci vivent un sentiment de honte qui les musèlent. Je ne peux que saluer le courage d’Amélie Cordonnier d’avoir pris la parole à ce sujet.
En 🤺 , « en garde » signifie lorsqu’on le prononce, qu’on va attaquer ; lorsqu’on l’entend, qu’on va préparer l’assaut. Dans le livre qui prend pour titre cette expression, il ne s’agit ni de l’un ni de l’autre. L’autrice, qui raconte ici son expérience douloureuse, n’a pas vraiment prêté attention à la lettre, presque anodine, reçue il y a presque trois ans des services sociaux de la ville de Paris ; elle n’a pas plus contre-attaqué lorsque la pression de ce service est devenue, petit à petit, insupportable notamment lorsqu’un « cousin » de ces services vient s’installer chez eux pour régenter leur vie… Amélie Cordonnier a un talent inouï pour décrire, avec des mots simples, cette descente aux enfers, née d’une dénonciation calomnieuse et anonyme. Son style est, à sa manière, orwellien décrivant la machine administrative impitoyable lorsqu’elle est mise en branle. Elle nous fait, par la même, réfléchir sur cette question inextricable : bien sûr, la protection de l’enfant doit être placée très haut dans notre échelle de valeurs, mais cela justifie-t ’il tout ? Le plus glaçant est probablement de ne pas lire à la fin la traditionnelle phrase expliquant que « toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait purement fortuite ». Évidemment, ceci est son histoire mais même cette distance ne nous sera pas accordée… vous voici prévenus : en garde !
Un roman qui m'a peu à peu plongée dans la stupeur. Que diriez-vous soudain si vous étiez convoqués aux services sociaux pour suspicion de maltraitance de vos enfants ? C'est ce qui arrive à cette famille suite au signalement de l'un de ses voisins lors du confinement. Chacun sait d'ailleurs comme cette période d'isolement et de repli a pu être difficile à vivre - surtout dans un appartement parisien aux murs en feuilles de papier cigarettes-! Après un entretien avec la famille au complet, les enfants sont entendus séparément puis s'enclenche un suivi peu expliqué mais très intrusif. Un agent du service social sympathise avec les enfants puis s'immisce dans le quotidien de cette famille : il arrive par suprise, trie les achats alimentaires, joue le cousin, la nounou, le prof particulier jusqu'à s'installer chez eux !
Amélie Cordonnier raconte brillamment les émotions de cette mère de famille aimante et parfois surmenée. On s'identifie parfaitement au personnage et on se révolte avec elle devant les intrusions répétées, les suspicions. Ce roman interroge sur les limites d'une telle surveillance et la définition de la famille parfaite, qui à mon avis, prend des formes variées... J'apprécie le style simple et efficace de l'auteure dont j'avais aimé "Pas ce soir". J'en redemande😉
Très déçue par ce roman qui m'apparaissait pourtant prometteur. Je suis très intéressée par tout ce qui touche de près ou de loin à la justice ou à la famille. Mais je rejoins certains commentaires, si la première partie est réaliste et a suscité en moi beaucoup de compassion pour la narratrice, la deuxième partie, plus fantaisiste, m'a paru presque indécente. En effet, certaines comparaisons qu'elle employait, notamment avec les détenus de la Santé, m'ont paru vraiment déplacées. J'avais l'impression de lire une bourgeoise qui s'émeuvait d'avoir connu un tout petit bout de ce que pouvait vivre les personnes moins aisées. Je n'ai pas compris ce qui s'est passé après le rendez-vous à la protection de l'enfance, et pourquoi elle était dans un tel état pendant 3 ans. Je suis sûrement passée à côté de quelque chose...
⠀⠀⠀⠀<...> я смеюсь, потому что мне не надо открывать коробку, чтобы узнать, что в ней, я смеюсь и до того люблю его за то, что он меня смешит вот так, с утра пораньше, как раз когда мне это было так нужно, я смеюсь, встаю, не переставая смеяться, снимаю крышку и, конечно, нахожу под ней «роше сюшар», шоколадку, которую он спрятал туда утром, перед уходом на работу, эту шоколадку он не выбросил вчера, ему пришло в голову ее спасти, несмотря на усталость, страх и всю эту катавасию, эту шоколадку он, должно быть, засунул в свои трусы, других вариантов я не вижу, разве только он прятал ее в ладони, в той руке, которой не держал меня за руку, я смеюсь, потому что он сберег эту шоколадку для меня, только для меня, я смеюсь и вот-вот заплачу... но нет, я срываю обертку, подношу шоколадку ко рту и грызу ее, грызу от души.
Quel livre! Et quelle histoire! Je suis encore un peu sidérée après avoir terminé ce livre. C'est glaçant, oppressant et encore une fois, sidérant. Je découvre la plume d'Amélie Cordonnier avec ce livre et celle-ci, au-delà de l'histoire, m'a tenu en haleine et un peu à bout de souffle. C'est courageux à elle mais aussi surement cathartique, de nous livrer cet épisode de leur vie avec tant de transparence. Une transparence qui leur a été imposé pendant de long mois. Un cauchemar qui se termine bien, où intime et institution se font face.
A la suite d'une dénonciation au 119, la famille de l'autrice est convoquée au service de protection de l'enfance de la Ville de Paris. S'ensuit une histoire terrifiante, digne du roman 1984 de Georges Orwell : la famille subit l'incruste d'un redoutable 'assistant social' hors du commun. Parti d'un fait réel qui est arrivé à sa famille, Amélie Cordonnier aborde dans un style alerte, une prose élégante et contemporaine très plaisante à lire, le totalitarisme d'état. Je ne sais pas démêler, à la fin de la lecture, la réalité de la fiction, mais c'est proprement effroyable.
J'ai tout lu comme si c'était une histoire vraie, vécue par l'autrice, j'ai donc été surprise de lire à la fin "ce roman est inspiré d'une histoire personnelle" Dommage parce qu'il me semble que ce livre n'a pas un grand intérêt littéraire, et en aurait beaucoup plus en tant que témoignage. J'attends des interviews d'Amélie Cordonnier pour en savoir plus !
Le sujet avait attiré toute mon attention. Le début du livre est trépidant mais à partir de la deuxième partie la qualité baisse et le rythme devient très lent, même ennuyant.
Je dois avouer que la lecture de ce roman m’a tout autant fascinée qu’angoissée. L’événement réel vécu par l’auteure a été amplifié pour créer une fiction qui va beaucoup plus loin mais c’est sacrément efficace et ça a suscité chez moi tout un tas d’émotions fortes : malaise, sidération, exaspération, compassion… Cela montre qu’on peut vite se retrouver dans une spirale infernale quelle que soit notre situation et ça fait réfléchir. J’ai cependant été déçue par la conclusion, je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais mais je suis restée un peu sur ma faim.
Cette histoire est réellement arrivée à l'autrice : pendant le confinement, une délation anonyme affirme qu'elle maltraite ses enfants. Amélie cordonnier nous livre ici un roman autobiographique agrémenté de fiction. C'est pour moi le principal problème : la vérité et la fiction se mélangent en me laissant parfois perplexe. Une sorte de flou narratif qui m'a sortie de l'immersion. Les idées sont bonnes et font réfléchir sur la place de la famille dans la société. Une critique des administrations et de l'intrusion du pouvoir dans nos familles et de l'importance du privé dans un monde ou nos données sont la monnaie d'échange de nombreuses entreprises. L'histoire reste sérieuse et parfois dur à lire même si cela n'empêche pas de lire ce livre assez intéressant pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin.
À lire si vous aimez les histoires familiales, les fictions avec un fond de vérité ou si vous avez vécu un problème similaire.