Une lecture qui permet de bien comprendre le principe de l’intersectionnalité. Contrairement à ce que certains opinions véhiculés laissent penser, il ne s’agit pas d’une idéologie plus qu’une façon de « cartographier » les différents systèmes qui peuvent discriminer quelqu’un. Ce faisant, il est beaucoup plus facile de prendre en compte la totalité des oppressions pour trouver des solutions qui ne minent pas un groupe particulier — dans ce cas, on parle de l’exemple des femmes noires. Malheureusement, comme les autres femmes racisées, elles ont trop souvent laissées pour compte par les féministes qui laissent leur cause aux antiracistes, et inversement. Cela provoque un vide dans le support/la lutte et augmente le fardeau du groupe.
Crenshaw utilise un vocabulaire précis pour bien expliquer son concept. J’apprécie qu’il soit issu d’une perspective juridique, étant donné l’énorme impact que l’intersectionnalité a dans ce milieu — et de l’efficacité du jargon du droit pour mettre au jour un tel principe. Si parfois l’autrice peut se répéter, la lecture reste pour le moins essentielle pour quiconque voudrait réellement comprendre le fondement technique de l’intersectionnalité. Cependant, si vous êtes déjà familier, ce livre ne risque pas du vous en apprendre outre dans quelques subtilités.