Le volumineux essai que consacre Philippe Roger au sentiment d'anti-américanisme en France nous renseigne sur notre propre nature de Français et sur notre histoire. Ce travail n'a pas voulu être un simple répertoire des idées reçues sur les Américains. En historien mais surtout en sémiologue disciple de Roland Barthes, Philippe Roger fouille les origines du sentiment anti-américain et explore les raisons de ce singulier comportement. Nous y apprenons que le sentiment anti-américain ne date pas, comme on pourrait le croire, de l'intervention au Vietnam et de la guerre froide. Il faut remonter bien avant, au sortir de la Révolution française pour s'apercevoir que l'Amérique est prise pour cible par certains penseurs français, Joseph de Maistre, par exemple, parce qu'elle incarne un monde sans fondement, sans histoire, qui croit béatement en l'optimisme humaniste des Lumières. Tout au long du XIXe siècle, les critiques à l'égard des États-Unis se multiplient tout en changeant d'optique. Pour Stendhal c'est un pays "sans musique", pour Baudelaire c'est un pays "bête". Même Tocqueville, si enthousiaste pour cette nouvelle nation, se méfie car il constate "qu'on n'y a pas de liberté d'esprit". Par la suite, à gauche comme à droite, les critiques vont continuer de se développer. La droite réactionnaire et la gauche marxiste auront au moins ce même ennemi en commun. Maurras comme Sartre, Céline comme Breton vont dénoncer le gigantisme américain, le veau d'or du dieu dollar, l'absence de discours critique et une déshumanisation liée au progrès technique. Le travail de Philippe Roger est très éclairant sur les sources profondes de l'antiaméricanisme. Cette Amérique vue par les Français met en lumière l'étrange sentiment d'attirance-répulsion pour ce pays, comme si les Français étaient jaloux et déçus de ce petit frère devenu trop grand. Sur le même sujet, voir également : L'Obsession anti-américaine : Son fonctionnement, ses causes, ses inconséquences, de Jean-François Revel ; Pourquoi le monde déteste-t-il l'Amérique ?, de Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies. --Denis Gombert
"France is the country with the deepest, most sedimented reservoir of anti-American arguments. Its long genealogy has been well documented over the years, most recently by Philippe Roger, who argues that French anti Americanism is older than the United States (Roger 2002)" in: Anti-Americanisms in France By Sophie Meunier, Princeton University in: https://scholar.princeton.edu/sites/d...
"Mr Roger traces it to the second half of the 18th century, when a circle of naturalists linked to the Enlightenment thinkers—French botanists, zoologists and anthropologists—returned from the new world with little but scorn. The species were small. The people were backward. The land was marshy. One of them, Cornelius de Pauw, wrote a chapter entitled “On the Americans' Moronic Spirit” and judged them “deprived of both intelligence and perfectibility”. Voltaire wondered if one should not “marvel that there are flies in America”."
"To all scientists, engineers, entrepreneurs, responsible citizens who were disappointed by the decision of the president the United States, I want to say that they will find in France a second homeland. "I call on them, come and work here with us, to work together on concrete solutions for our climate, our environment". E. Macron
"Especially American "botanists, zoologists and anthropologists" shall be welcome in France, to improve its "climate and environment"" Owlseyes