Je vous préviens, mon avis va être un peu long et contient quelques spoilers (qui, hors contexte, n’auront aucun sens).
Sublutetia est un roman jeunesse fantastique (et je dis ça du haut de mes 21 ans). Le roman nous tiens en haleine du début à la fin. Il se passe énormément de choses, entre les souterrains labyrinthiques, les orang-outans (dont l’origine est sommes toutes plausible et historiquement justifiable, bien qu’un petit peu tiré par les cheveux), les batailles, les découvertes, autant de passages qui ne nous permettent pas de lâcher ce roman.
Les lieux sont incroyablement bien décrits, les images utopiques. La ville de Sublutetia est une ville-reflet de Paris, où vivent marginaux et exclus du monde de la surface (Paris). C’est à la fois un doublon dystopique, totalitaire et parfois désorganisé, menacé par les orang-outans, et utopique, sans règles, sans factures, sans obligations, où les repas ne sont plus une corvée et où personne n’a réellement besoin de travailler pour vivre.
Ce qui me marque aussi, c’est l’opposition hommes-orang-outans. Bien qu’insignifiant de premier abord, la présence de cette espèce animale en particulier n’a rien d’anodin : c’est le reflet de la société humaine elle-même. Un clan primitif mais qui a su développer une forme de langage (avec la langue des signes) et qui tente malgré tout de comprendre les hommes et d’apprendre d’eux. En face d’eux, des hommes aux technologies avancées qui sont terrorisés face aux singes et qui finissent pas risquer de s’entretuer. Je ne pense vraiment pas que cette opposition soit anodine.
Quant à nos deux protagonistes, ils sont attachants, chacun à leur manière. Nathan, grand connaisseur de métro qui fait face depuis des années à la disparition d’un parent, et Keren, petite et frêle mais courageuse et loyale. Leur duo est très équilibré.
Il y a également la notion de la « menace urbaine ». En effet, la construction d’un seul bâtiment condamne ici une ville toute entière. Mais la réalité est que la construction d’un seul bâtiment détruit tout un écosystème invisible à nos yeux.
Je pourrais analyser ce roman pendant des heures, mais je détaillerais ça mieux plus tard. En tout cas, que ce soit pour vos enfants ou pour vous tout simplement, foncez ! C’est un roman jeunesse extraordinaire.