Le récit d’un voyage le long d’un oléoduc… quel étrange projet.
Sylvain Tesson est fasciné par les régions qu’il traverse : L’Aral, l’Oustiourt, les steppes kazakhes, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, l’Anatolie et le Kurdistan. Pendant son voyage, il réfléchit « au mystère de l’énergie », toute sorte d’énergie, pendant que « l’or noir » coule à côté de lui dans son tube.
Pour des longs semaines au début, pendant qu’il traverse les steppes de l’Aral jusqu’au bord de la mer caspienne, il n’apprécie guère son voyage. Il fait très chaud et sans ombre, les paysages ne changent pas, il pédale tête baissée. Ses réflexions suivent cette monotonie : entre autres, il récite sur plusieurs pages des paragraphes tirées des lexiques et de la littérature ancienne sur la définition de l’énergie.
Quand il commence à aimer ce qu’il fait (après plus que la moitié de son trajet, quand même !), le plaisir du lecteur de suivre ce trajet augmente considérablement. Surtout après son rencontre du couple suisse, le lecteur sent qu’il ralenti, qu’il réfléchit, qu’il apprécie, qu’il profite de ce qu’il fait – finalement. Il y a même un moment où il dit qu’il ne veut pas arriver à la fin de cette étape tellement il apprécie le moment.
Ses réflexions s’intensifient avec son enthousiasme en voyage. Même quand il exprime une opinion prononcée, p. ex. sur l’Islam et le traitement de la femme dans l’Islam, il arrive à la lie à ses expériences en voyage, ses expériences dans sa vie ou à des images figuratives. « Tenir le voile pour une nécessaire protection du visage c’est avouer que le regard est sale ».
Un voyage extraordinaire, un récit qui reflète parfois trop l’humeur du moment de l’auteur. ** pour le début, **** pour la fin = ***