Il y a des jours où décidément, la peau d'un autre vous irait comme un gant. Miki, la cinquantaine sans gloire, en est à l'heure du bilan d'un désastre ordinaire - celui de sa propre vie. Publicitaire standard qui s'était rêvé artiste maudit, il y a bien longtemps qu'il a cessé d'aimer sa femme. Notre héros sans histoire, mi-amer mi-ironique, n'a pas pour autant le courage de se prendre en main pour inverser l'ordre des choses. Et pourtant, un hasard improbable lui offre la possibilité de tout changer : dans un luxueux hall d'hôtel où Miki est confortablement assis, on demande au téléphone un certain Monsieur Sapiro - éminent faussaire qui a les meilleures raisons du monde pour ne pas répondre à l'appel. Ce Monsieur Sapiro qui doit justement livrer la copie du fameux triple autoportrait de Johannes Gumpp à un riche amateur d'art. Miki hésite, tergiverse, se lance : Monsieur Sapiro, ce sera lui ! Dès lors la fiction, semée d'imperceptibles incohérences, laisse sans cesse planer le doute sur les activités fantasmées ou réelles du narrateur. Avec Monsieur Sapiro, Benny Barbash pousse à l'extrême la logique diabolique des jeux de miroir, pour l'étendre à tout le roman - par une construction tourbillonnante qui nous embarque dans un dédale d'interprétations toutes plus jubilatoires les unes que les autres.
Je me suis ennuyée de bout en bout On attend le dernier tiers du livre pour enfin savoir qui est Monsieur Sapiro, ou environ. Tout le reste relève du délire, des délires plutôt. L'intrigue était super, c'est dommage
This is an excellent and entertaining novel, I believe in the wake of Philip Roth (I am thinking of Roth's masterpiece Counterlife in particular) and some of Haruki Murakami's work.
Particularly enjoyable is the free, irrepressible prose, which rests on Barbash's rare, almost magical ability to sail across the whole spectrum of reported speech: direct, indirect, but also virtual and everything in-between---the specialty of the narrator being imagined monologues and conversations.
I do not (yet) rank Barbash with Roth or Murakami, because it felt at times that the novel could have been slightly shorter without being the poorer for it, but I highly recommend this book.
P.S.: As for the French edition, my hat to Rotermund for a splendid translation, and to Zulma for the sheer joy of reading from their gorgeous books.