Abrasive, juste et rabat-joie, la poésie de Marjolaine Beauchamp se déballe, vide son sac, un barda plein d’étreintes et de gifles, de susurrements et de cris, de chaleur et de froid.
Aux Plexus c’est tomber en miettes, vaciller, encaisser les punchs que la vie assène, mais, toujours résister à la tentation de flancher. Le cœur sur la main ou la main sur le cœur, névralgiques, les poèmes posent un regard simple, lucide, aigre-doux sur le quotidien ondulé d’une fille pas d’filtre.
J’ai rencontré Marjolaine lors de l’événement Cossins poétiques et Patentes à gosses, elle m’avait écrit un poème et je suis tombée sous son charme. Ses mots écorchent parfois grafignent et d’autres vous embrassent. Je vous le dis je suis tombée sous son charme!
Comme toujours, la poésie de Marjolaine Beauchamp brille dans sa saleté, dans sa vérité pure et bien dure. Absolument envoûtant et à dévorer. Quel talent!
« C’était le calme / À ne savoir qu’en faire / Se chercher des malheurs / Pour qu’au moins le plexus / Ait de quoi faire mal / Une douleur quelque part / Où se terre la vie » p.75
J'vas t'croire tout l'temps Quand tu vas dire J't'aime ma belle Ma brune J't'aime en continu Pour bumper les temps gris J't'aime ensoleillé avec des passages nuageux
En lisant Aux plexus de Marjolaine Beauchamp j'ai senti un coeur qui saigne et qui contamine La contagion d'un manque de joie, d'un manque de soi, de toi. La vie, ensevelie par l'éternel quotidien pour se faire un toit Mais j'ai aussi senti une volonté Une volonté de poursuivre De ne pas laisser tomber Une volonté de survivre Et d'espérer. Une poésie crue Aux arrêtes vives Une poésie faite au Québec tabarouette !
4.10/5. Difficile d'approche, mais après quelques pages je me suis senti très près de certains poèmes, proses. Je vais peut-être me relancer dans la lecture de Rimbaud. Bref, agréablement surpris.
Merci : "je t'aime ensoleillé avec des passages nuageux". Merci merci merci merci : "je me demande encore si c'est de l'audace / que de vouloir vivre parmi vous".