Sacha et Charlotte sont amoureux. Amoureux fous. Il perd son temps à l’université. Elle étudie la danse. Lui est fils de riches et souffre de la maladie de Still, sorte d’arthrite qui l’empêche parfois de bouger tant la douleur est grande. Elle a des cicatrices sur le coeur : jamais connu son père, pas un sou, une fille brisée.
Dans leurs temps libres, ils squattent des maisons, font du vandalisme, écoutent beaucoup de musique, écrivent sur Facebook. Ils ne passent jamais plus de douze heures sans se texter Je t’aime.
Mais surtout, ils partagent un journal intime, le Black Book:
« Choses à essayer ensemble : Faire une overdose, faire des photos porno, partir sur le pouce (pas dans l’Ouest), avoir juste des amis chats (de race), des bengales surtout, tuer quelqu’un, vivre un an dans un chalet, avoir chacun notre psychologue, ne pas se survivre l’un l’autre. BB — Entrée 18. »
Ils sont vraiment prêts à tout l’un pour l’autre. Qui a dit que le romantisme n’existait plus?
Avec ce premier roman, Alexandre Soublière nous prouve que la génération des vingt ans ne s’est pas détournée de la littérature. Si les réseaux sociaux et l’anglais font partie intégrante de la culture actuelle, les classiques de la littérature et du cinéma ne sont pas pour autant ignorés. Une magnifique incursion dans l’univers des enfants-rois devenus adultes... Welcome to their nightmare.
Alexandre Soublière a écrit pour Radio-Canada (TOU.TV) et a aussi collaboré comme parolier au plus récent album de Dumas. Après un DEC en littérature et un baccalauréat en communication, profil vidéo, à l’Université Concordia, il s’est rendu à New York pour participer à divers ateliers de scénarisation. Il a publié son premier roman, Charlotte before Christ, à 26 ans.
3.5⭐ deux personnages haïssables mais l'auteur a réussit à nous les rendre intéressants. Une relation toxique, passionnelle qui m'aurait fait tripé plus jeune. J'ai lu ce livre trop tard dans ma vie je crois, mais ça peut plaire a beaucoup de gens quand même. J'adore la plume d'Alexandre Soublière, malgré un langage très familier et des expressions que je détestes, son écriture est immersive.
Je ne peux pas nier que c'est un bon livre, que l'auteur à tout un talent, même si sa façon "moderne" d'écrire me fait grincer des dents. C'est une question de goût à ce niveau, il reste que la plume de l'auteur coule parfaitement et qu'on passe au travers de l'histoire comme un coup de vent. Je suis pas sûr d'avoir jamais détesté autant deux personnages principaux. Purement nombriliste et haïssable, mais complètement intéressant. Je lève mon chapeau à l'auteur pour m'avoir fait haïr des personnages de cette façon et en même temps, me rendre incapable d'arrêter de lire.
Cela dit je trouve que le livre en met épais au niveau sexuel, ça n'en devient une obsession, malsain. Le personnage accros à la pornographie qui vit pour sa blonde et qui vire le monde à l'envers par ennui. Si c'est ce que représente ma génération je ne suis pas surpris qu'on nous haïsse autant.
Ce n'est pas un beau roman, il est laid, ses personnages sont laids, son histoire est quasi-repousssante, mais je ne pouvais pas me détourner, probablement par un désir malsain de voir quand est-ce que ces deux jeunes allaient frapper un mur.
Aimer et détester des personnages simultanément, ça donne toujours une lecture intéressante.
Ceci étant dit, j’espère qu’ils finissent pas consulter de bons professionnels de la santé mentale dans leur univers parce que goddamn qu’ils en ont besoin.
J'ai lu ce livre en deux petites séances en fin de soirée, autant happé par le récit qu'agacé par les tics de l'auteur. Il y a beaucoup de "name dropping" inutile qui n'apporte rien au récit et qui semble être inséré dans le texte pour épater la galerie, étaler une fausse érudition, et cela rend le roman un peu prisonnier de son époque. Bien ancré autour de sa date de publication, et susceptible d'avoir une résonnance auprès d'un lectorat un peu réduit.
On nous y raconte une belle histoire d'amour, d'où toute maturité est à peu près absente. On reconnaît là quelques-unes de nos folies de jeunesse, la démesure et l'insouciance, l'absence de considération pour autrui, l'appétit sexuel sans fin.
Le personnage principal pourrait être n'importe quel gosse de riche, sans égard pour les biens d'autrui, pour qui le vandalisme est un mode de vie. Et c'est ce qui agace profondément - l'absence d'humanité et le niveau d'indifférence du narrateur finit par rendre la lecture un peu pénible. C'est un texte bourré d'artifices et de phrases-choc, avec un niveau très bas de pistes réflectives. Pas un très heureux testament de la jeunesse du moment, disons.
Beaucoup de résumés mettent l'emphase sur la maladie rare dont souffre l'antihéros, mais cet aspect est effleuré sans raison à quelques reprises et n'apporte absolument rien au récit. Si le but était de rendre le personnage plus humain, c'est raté. Et on n'en a pas forcément pitié.
J'ai été fort touché par l'avant-dernier chapitre, qui raconte la rencontre entre Sacha et Charlotte, une fin de nuit où la magie provient des interractions, et qui est la grande réussite du livre. Un segment qui nous plonge dans la nostalgie de notre jeunesse, qu'elle soit tout juste terminée ou loin derrière. La simplicité très bien rendue d'une rencontre féérique et urbaine.
On apprécie les nombreuses références pornographiques insérées ici et là sans pudeur, mais la fin abrupte et anticlimatique, d'une méchanceté 100% gratuite, refroidit un peu nos ardeurs de lecteur.
Je viens de tomber sur ce livre : un service de presse interdit à la vente et (nonobstant l’étampe sur la couverture) revendu pour le prix excessif de 2 dollars dans je ne sais quelle librairie malchanceuse. C’est tellement mauvais que j’ai une dent contre Boréal, cette maison d’édition mcgillienne, antre du pédantisme mièvre et superficiel, fameux repère de petits cuistres.
D’abord, l’incipit : « Ah oui, je ne l’ai pas encore mentionné, mais on a pris possession d’une maison pour la fin de semaine. » Ce « ne l’ai pas encore mentionné », placé sur la toute première ligne du roman, se croit-il terriblement audacieux : serions-nous, s’imagine le lecteur, dans une espèce de in media res? Dès le départ, ce livre cherche à produire l’effet que ce babillage insipide et pédant était déjà entamé avant la première ligne. Pourquoi, quel intérêt y a-t-il de donner au lecteur l’impression qu’il arrive en plein milieu d’une logorrhée malhabile? En tous les cas, après deux pages seulement, on ne peut que se féliciter d’avoir échappé à ce qui aurait pu précéder l’incipit. A-t-on jamais vu une telle enfilade de phrases mal construites et d’idées ennuyeuses, une telle orgie de pusillanimité et de fatuité repoussante?
Les prémisses ont pourtant un potentiel indéniable : par nihilisme, des adolescents friqués commettent des cambriolages et du vandalisme dans leur quartier de bourgeois pour le simple plaisir de poser un geste illégal. À travers un flot décousu d’inepties supposées rendre sympathique le narrateur tout en donnant quelques bribes d’informations sur son passé et sur sa situation, le lecteur comprend à moitié quand et comment et par quel malencontreux hasard les personnages se sont retrouvés dans cette maison. Toutefois, l’univers de fils à papa hautains et puérils dans lequel l’auteur cherche à nous plonger, on n’a pas envie d’y être! Le lecteur ne ressent aucune sympathie pour cette bande de petits blancs-becs, qui n’ont rien à lui apprendre, dont l’ironie ne renferme aucune vérité désagréable, et dont les transgressions ne dépassent jamais le véniel. Au fond, même si des jeunes aussi médiocres existaient réellement dans quelque école privée de la Côte-Sainte-Catherine, quel lecteur trouverait un intérêt dans leur méprisable apitoiement, dans leurs élucubrations malaisantes de platitude ?
Les répliques de dialogues, bricolées dans un franglais boiteux d’adolescent légèrement révolté, ne font rien pour arranger les choses. Elles se ressemblent toutes plus ou moins, n’exprimant rien qui fasse progresser le récit ni qui illumine la personnalité de chacun des personnages. On doit aussi souligner l’emploi quasi gênant d’onomatopée (« Han », « Heille », « Yo », etc.), emploi qu’un éditeur qui se respecte aurait rapidement corrigé.
Je dois l’avouer, je n’ai lu que les dix premières pages, mais la douleur devenait si grande que je n’ai pu progresser davantage dans le roman. Les premières pages devraient donner envie de lire le reste du livre. Et pourtant, dans un certain sens, cette lecture m’a amusé, un peu comme on s’amuserait à voir sur internet un idiot se casser la jambe en tentant une pirouette inutile.
3 1/2*... Mais plus proche de 4 que 3, à choisir. Parfois j'ai eu du mal avec le langage, et parfois j'ai eu du mal avec les personnages, ou l'histoire... Mais ils sont attachants, je l'ai dévoré, et même si c'est un peu un cliché de la génération millenial montréalaise fait de la littérature, j'ai aimé ça.
Mon dernier roman 2021 et mon 113ième de l'année. Je suis mitigée. Les personnages sont désagréables. La fin de l'histoire était pour moi, inutile. Le livre ce serait mieux terminé sans cet acte insensible et cruel.
L'écriture m'a plu. Certaines parties de l'histoires étaient intéressantes et m'encourageaient à poursuivre. Toutefois, celle-ci était sans but. Je ne sais pas trop où l'acteur essayait de nous emmener. ou peut-être n'ai-je pas su le repérer.
Intense, cru, tristes personnages qui vivotent et se cherchent en s'évadant dans le sexe, les drogues, et tout le reste. Cachées, la sensibilité et la vulnérabilité s'expriment dans une forme d'anarchie sociale.
Charlotte Before Christ est le premier roman d’Alexandre Soublière. Ça ne parait pas. Sa plume est déjà bien affûtée. Ceci dit, je ne sais pas si c’est parce que je venais juste de lire Tromper Martine, de Stéphane Dompierre, mais j’avais vraiment l’impression de lire un roman du même auteur. Les péripéties de ce roman pourraient arriver aux personnages de la trilogie de Dompierre. L’écriture se ressemble. C’est le même type d’humour. On n’est pas dans le même univers, et c’est un peu plus cru, plus punk que rock, mais bon, ça se ressemble. Donc, c’est une lecture que j’ai appréciée, mais que j’aurais pu encore plus apprécier si je ne l’avais pas lue directement après Dompierre.
J’adore que le roman se finisse essentiellement sur le récit de leur première vraie rencontre. C’est cute. Même si ce sont des idiots de première. Au moins, ils s’aiment.
Bref, dans ce premier roman de Soublière, on sent ses inspirations, mais on sent aussi qu’il cherche à prendre sa place à lui comme auteur. Je suis curieux de lire son suivant, Amanita Virosa.
Ce roman donne le poulx d'une génération plus jeune que la mienne. Pas que je ne partageais pas les mêmes obsessions mais je les verbalisais différemment, je crois. Sinon le drame est le même. Bon premier roman.
Si ça n'avait pas été de l'action finale et de la grosse publicité inutile pour le café glacé du Tim Horton, j'aurais peut-être donné trois étoiles. Je ne regrette tout de même pas d'avoir lu ce livre et je jetterai un coup d'œil à sa prochaine œuvre.