« Les mains tendues de ces hommes qui ne croient plus, qui n'espèrent plus en l'homme. »Il a fallu deux ans à Maïssa Bey pour traduire en mots cette part muette de sa vie : son père mort sous la torture en 1957 pendant la guerre d'indépendance, alors qu'elle avait sept ans. Son récit est splendide dans sa sobriété, la force de son évocation et l'absence inouïe de haine. Une leçon magistrale, qui l'a confirmée dans son rôle d'écrivain tout en mettant en avant son souci constant d'humanité. « Un magnifique petit texte, aiguisé comme la lame d'un couteau. » – Thierry Leclère, Télérama« Dureté et sobriété de ce petit livre de pierre. Il nous ouvre un peu mieux le cœur du monde arabe. Il n'y a pas de pardon chez Maïssa Bey, mais il n'y a pas de haine non plus. Il y a de l'art, ce qui n'est pas mal. » – Patrick Besson, Le Figaro littéraire« Un huis clos saisissant qui n'en finit pas de nous hanter. » – Michèle Gazier, Télérama
Maïssa Bey nom de plume de Samia Benameur, née en 1950 à Ksar el Boukhari (Algérie). Elle suit des études universitaires de lettres à Alger puis elle enseigne le français à Sidi-Bel-Abbès dans l'ouest algérien. Elle a écrit plusieurs romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes et des essais. Elle a reçu en 2005 le grand prix des libraires algériens pour l'ensemble de son œuvre.
Magnifique. C’était court, mais intense. La plume de Maissa Bey est incroyable, et lire sur l’Algérie, sur la guerre et sur tout ce qu’a vécu le peuple algérien me fera toujours quelque chose au coeur ❤️🩹
une deuxième lecture est toujours plus consciente que la première ; c'est le cas pour ce livre déjà lu pendant mes études en 2015. "Entendez-vous dans les montagnes" un récit écrit par Maïssa Bey paru en 2000 . dans ces 71 page Maïssa nous a présenté une scène dans un compartiment d'un train en route vers la ville du "Vieux Port" ( Marseille) . une femme algérienne (la narratrice) un ancien auxiliaire médicale français qui a bien connu Algérie ,et une jeune fille appelé Marie (dont le grand-père est un pied noir ) ; ce sont les trois personnage qui vont partagé une discussion tenait dans sa majorité par la femme algérienne et le médecin. Ces dernier découvraient qu'il ont des souvenirs en commun, en fait le français a fait son service militaire dans la même caserne où son père est mort sous la torture pendant la révolution algérienne.
un récit plein d’émotions et de souvenirs douloureux relatant l'histoire de son père ,que l’écrivaine elle même affirme qu'elle a du mal à l’écrire : « Ce récit que j’ai eu tant de mal à écrire et qui est là enfin » . citations : " mais dans ce pays il y'a des hommes .Dans tous les pays il y'a des hommes .Ce sont eux qui en font une patrie .Qui en font un enfer . Ou un pays où il fait bon a vivre."
************** "Elle se dit que rien ne ressemble à ses rêves d'enfant, que les bourreaux ont des visages d'homme, elle en est sûre maintenant, ils ont des mains d'homme, parfois même des réactions d'homme et rien ne permet de les distinguer des autres. Et cette idée la terrifie un peu plus."
*************** "C’était comme si on avait ouvert des vannes pour laisser couler la boue, toute la fange d’un passé qui s’avère soudain très proche et encore sensible. Comme si en passant le doigt ou en palpant une cicatrice ancienne dont les bords s’étaient refermés, croyait-on, on sentait un léger suintement, qui se transforme peu à peu en une purulence qui finit par s’écouler de plus en plus abondamment, sans qu’on puisse l’arrêter."
Indrukwekkend relaas over hoe de (gruwelen van) Algerijnse onafhankelijkheidsstrijd doorwerkt in de levens van diverse personen die elkaar ontmoeten in een Franse trein. Vond de dialoog voor het arriveren bij het eindstation - toen de vrouw net duidelijk had gemaakt dat haar vader gemarteld was en in het bos gedumpt - qua toon ineens wat onrealistisch, daar het meermaals schippert tussen het maken van verwijten jegens de man, als het maken van luchtige opmerkingen door zowel Marie als de vrouw. Climax van het boek was zonder twijfel de laatste zin van de novelle: pijnlijk, eerlijk, heftig.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Maïssa Bey delivered another gut punch with another powerful novella. It's a book that leaves you absolutely speechless, so apologies if this review seems incoherent. It's simply my state of mind.
The story begins calmly, with an Algerian woman taking a night train in France, but within a few pages, once she gets talking to the other passengers in her compartment, the atmosphere is highly charged and you read with bated breath how this conversation is going to evolve.
The story revolves around the torture and murder of the father of the narrator - who is a stand-in for the author herself, and the novella is accompanied by photo's and documents of the author's own father, who was also murdered in the Algerian war of independence. But it's also about the experiences of the French soldiers and the questions the next generation has about what happened during the war. Central to the story is the question of how we will talk about a shared, traumatic past with each other - victim, perpetrator, descendants -, how we share our stories. And all the while, the pain and trauma are ever present, not relenting and never resolved. Beautiful, beautiful evocation of what war and trauma does to people. And even though (or perhaps precisely because) it's a highly specific, highly personal story, it's easy to see the parallels with other wars, other trauma's in other nations.
A short novel about the war in Algeria, and what it would be like facing the torturer of one's own father. The one sentence I will remember from this book: Torturers are not anonymous, they have human faces too. And every post-conflict situation has to face this guilt.
Quelle puissance dans ce rècit. Bey est une écrivaine frappante, et elle dit une histoire importante qui est autrement effacée de la mémoire collective.
Ma�ssa Bey a �norm�ment de mal � dire, � pauser des mots sur sa douleur, son exil. Et elle n'est pas seule... puisqu'il s'agit de l'Alg�rie.Trois personnages se rencontrent par hasard dans un train... Mais il n'y a pas de hasard, pas de chance dans un roman. Tout a un sens. En l'occurrence, Ma�ssa Bey va imm�diatement vers l'�motion. Puis, au fil des conversations entre ces protagonistes li�s fortement ou insidieusement � la guerre d'ind�pendance de l'Alg�rie, elle tente d'expliquer ses fameuses �motions qu'elle arrive si bien � retranscrire. Court et tr�s dense, ce r�cit est une merveille de la litt�rature... Bonne lecture !
Very prettily written and it was the perfect length for its story. I appreciated the three different perspectives represented by the three characters in the train car -- the way that Bey wrote their stories together almost had a cinematic quality to it. I wish that there was more expansion on Marie's character but I understand why there wasn't
In the end, it was really touching, especially how it was revealed how her dad was murdered and who did it, and how she was describing the sceneries as if she had witnessed it all and was craved into her soul...
Quel beau récit...C'était court mais j'ai aimer comment l'autrice aborde les différentes torture qu'ont subit les algériens et le parallèle avec ceux qui ont été appeler ains que les petits enfant de pied noir. A lire si vous souhaitez en savoir plus sur la guerre d'Algérie.
Un petit livre court sur le pourquoi et la douleur d'une absence, celle d'un père trop tôt arraché par une guerre dont le nom même reste un tabou pour les deux parties impliquées.