À l’heure où revient le débat sur l’identité, avec des opinons opposées de plus en en plus violentes, Erik Orsenna a voulu, par la voie du conte commencée avec sa Grammaire est une chanson douce, raconter l’histoire de la langue française. Pour une telle ambition, le savoir lui manquait. Bernard Cerquiglini, l’un de nos plus grands linguistes et son ami de longue date, a bien voulu lui apporter ses lumières aussi incontestées que malicieuses.
Et nous voilà partis, deux millénaires en arrière, chez nos ancêtres les Gaulois dont les mots sont bientôt mêlés de latin, puis de germain. Avant l’arrivée de mots arabes, italiens, anglais... Un métissage permanent où chaque langue s’enrichit d’apports mutuels.
Jusqu’à ce que déferle une vague de vocables dominateurs nés de la mondialisation économique et inventés pour son service. Ce globish aura-t-il raison de la diversité linguistique, aussi nécessaire à nos vies que cette biodiversité dont nous avons appris à reconnaître l’importance capitale, et la fragilité ?
Et si les mots immigrés, c’est à dire la quasi-totalité des mots de notre langue, s’ils décidaient de se mettre un beau jour en grève ? Ce jour-là, les apôtres de cette illusoire pureté nationale deviendraient muets. Il n’est pas interdit d’en rêver…
Érik Orsenna, pseudonyme d'Erik Arnoult est un romancier français. Après des études de philosophie et de sciences politiques, il a fait des études en Angleterre (London School of Economics). Son pseudonyme Orsenna est le nom de la vieille ville du Rivage des Syrtes, de Julien Gracq.
Érik Orsenna, nom de plume of Erik Arnoult is a French novelist. After studying philosophy and political science, he studied economics at the London School of Economics. His pseudonym Orsenna is the name of the old town of The Opposing Shore by Julien Gracq.
From a linguistic point of view, me being not a native speaker and fairly ignorant of the etymology of French words, this was a brilliant reading, very interesting, and appealing. Even the artifice built by the author (the 'migrants' words strike) was funny (and short) and therefore enjoyable.
Yet put aside the novelty of the subject, which is a matter only of my personal ignorance (the book fell into the wrong hands), I don't think the result is brilliant enough. To begin with, the artifice of the words' strike during a presidential debate was funny to me as a linguist, but implausible, childish, and too absurd considering the book as a literary word addressed to native speakers. It may be funny, but it is somehow dishonest. I appreciate the try and the effort, but perhaps if the author wasn't a member of the French Academy, the publisher would have rejected the project or forced him to take a turn and improve it.
Then there are the political issues: because this is a France-centric depiction of French language, while only a fourth of French native speakers are from France. The chapter devoted to the "regional languages" is painful from a linguistic perspective, but the dismissive and arrogant eye of the author is politically nationalistic and Eurocentric: as regional is Breton as Lingala, and their impact on the current French language(s) is far more important than the alleged remains of the Celtic populations anteceding the Romans.
It is also very nationalistic (despite the author presenting himself as a non-Nationalist) when he elaborates on the impact of contemporary English on the spoken (and written French). So it's ok to have a few words coming from Arabic languages, but hey, no, English is a different matter and a Jeanne D'Arc's army should be deployed against this too-liberal push. As the 'soldier' character says, the attack by the English language could harm the French language forever. But wasn't it the purpose of the book to note that, from a linguistic perspective, there is no determinism, there is no attack, there is no change that shouldn't be embraced?
I read afterwards that Orsenna was a minister with Mitterrand and I wouldn't be surprised if he's now under Melenchon's arm: a classic left-wing nationalist, condescending with minorities, but an enemy of the 'national' diversity and of English language as the battering ram of Liberalism and contemporaneity.
Ce roman, composé de chapitres courts, est accompagné de magnifiques illustrations en couleurs. Les trois quarts de l’histoire sont consacrés à l’exploration d’héritages linguistiques venus d’ailleurs, chaque chapitre correspondant à une émission où des mots et leurs origines sont mis en lumière. Bien que la présentation de l’étymologie de ces mots puisse sembler un peu lourde lorsqu’elle est listée de cette manière, la brièveté des chapitres permet de découvrir chaque héritage venu d’un autre monde tout en suivant l’évolution de l’histoire.
À travers le personnage d’Indigo, secrétaire générale de l’Association des Mots Immigrés (AMI), les Sages décident de geler la procédure présidentielle. Cette décision fait suite à un débat électoral télévisé où des mots hostiles ont été utilisés à l’égard des étrangers et des réfugiés.
En réaction, une grève éclate — une grève menée par les mots immigrés eux-mêmes. Ce mouvement devient un moyen de défendre leur place dans la langue française.
C’est ainsi qu’est lancée une série d’émissions quotidiennes de 20 minutes, diffusées durant cette trêve, qui valorisent le métissage linguistique et mettent en lumière l’utilité et la richesse des mots venus d’ailleurs.
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Un livre court, plutôt tourné vers un public jeune, mais on y trouve en tant qu’adulte un passionnant travail d’étymologie, avec des vrais moments d’étonnement. Par ailleurs, derrière l’étymologie de nos mots, les auteurs démontrent à quel point nos sociétés se sont construites sur la base d’un agrégat culturel riche, à ne pas perdre, car la capacité à dire le monde qui nous entoure est une force. Il est d’ailleurs amusant de constater que les apports en nouveaux mots par une culturel se sont souvent faits par thématique, et on peut ainsi mesurer le manque dans la culture française à une date donnée et l’apport d’une culture étrangère pour répondre à ce manque. Les mots étrangers ne sont pas là pour tuer ou remplacer la langue française mais pour la vivifier. Le livre est court mais donne envie de creuser le sujet (tant qu’il n’est pas rendu aride, ce s’que les auteurs int su ici viennent faire)
Sympathique, drôle mais vraiment trop court à mon goût !!! Cela manque de profondeur d’analyse pour moi qui suis vraiment très très intéréssée par le sujet. Je pardonne car l’intention est louable, surtout à notre époque de fractionnement. Voici tout de même mes regrets : Il y quelques raccourcis qui m’ont fait bondir ; une fin un peu tristouille ; la métaphore des douaniers que je n’ai pas comprise si ce n’est qu’heureusement qu’ils font le travail "à l’envers" (je vous laisse découvrir), tout le reste filé sur le thème m’a paru nébuleux. Vous savez quand vous lisez, comprenez tous les mots mais que rien ne fait sens ? J’en suis là. Je suis partante pour les autres livres d’Eric Orsena sur des thémes proches.
A travers une fablinette, voilà une petite histoire étymologique de la langue française. Façonnée par des constants enrichissements tout au long de son histoire.
Une fable comme une petite claque aux nauséabondes théories souchiennes de la pureté et de l’isolationnisme. Depuis toujours, les mots se baladent au gré de leurs succès, disparaissent, se transforment et s’adaptent. Les langues sont aussi vivantes que les peuples qui les portent.
Un petit livre sympa et gentil mais bien trop enfantin pour moi, zut