Sacrifier son âme pour sauver celle des autres, noble intention ou folie pure ?
L'agneau est un roman de la confrontation qui nous raconte une collision inéluctable entre deux mondes que tout oppose. D'un côté, Xavier, le futur séminariste, prêt à se donner de tout son être pour alléger la peine de celui des autres. De l'autre, Jean. La foi ? Très peu pour lui, merci. Dans son cas, il ne s'agit plus d'un simple rejet, mais bien d'une détestation profonde de la religion dans laquelle il a été élevé.
Comment en vouloir à Jean ? Fruit d'une mère aux ambitions tentaculaires de soumettre son entourage à son obsession religieuse, quitte à en détruire des vies innocentes. Mais tout cela est à découvrir dans La pharisienne, dont L'agneau est une sorte de suite sans vraiment l'être.
Alors, quand Jean rencontre Xavier, il se donne pour mission de se venger de ce passé en éloignant Xavier de la voie qu'il a choisie. Il sera l'agneau sacrificiel. Mais un enfant vient faire basculer toutes les conceptions et croyances. Qu'en restera-t-il à la fin ?
Et dire que tout le récit part d'une simple rencontre au hasard dans un train, en direction d'une destination funeste dont personne n'avait encore idée.
Le coup de foudre Mauriac continue. L'écriture est limpide et précise pour nous dérouler un roman psychologique sombre dont le gouffre semble emporter ses personnages et le lecteur. C'est comme si on entrait dans une pièce qui sent l'essence et ne le devrait pas : on en cherche la source, mais il est déjà trop tard. La porte s'est refermée sur nous. L'étincelle part, et tout n'a plus qu'à brûler.