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Le Tombeau d'Œdipe

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Il faut sauver la tragédie grecque de toute la gnose philosophique et tragique qui l'accable depuis près de trois siècles. Il faut la sauver de notre conception moderne de la littérature et du théâtre. Il faut la sauver de nous-mêmes pour la retrouver ailleurs, très loin, dans les lieux les plus improbables : le nô japonais, la messe catholique, la psychanalyse freudienne… À moins qu'elle ne soit déjà plus nulle part.
Car la tragédie est aussi introuvable que le tombeau d’Œdipe, ce tombeau que Sophocle prit pour thème de sa pièce ultime, laquelle est également la dernière tragédie grecque connue.
Avec Œdipe à Colone pour fil conducteur, ce livre raconte l’histoire édifiante d’une incompréhension à laquelle nous sommes voués. Il révèle les incroyables trahisons et mutilations dont ces chefs-d’oeuvre furent les victimes et propose en retour quelques thèses - ou hérésies – susceptibles de bouleverser non seulement notre vision de la tragédie, mais notre conception même de la littérature et de ses pouvoirs – sur les lieux, les corps et les dieux.
Nul détour n’est aujourd’hui si troublant ni si salutaire.

208 pages, Paperback

First published January 1, 2012

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154 people want to read

About the author

William Marx

31 books8 followers
William Marx is Professor of Comparative Literature at the University of Paris Nanterre.

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2 (8%)
1 star
1 (4%)
Displaying 1 - 7 of 7 reviews
Profile Image for sologdin.
1,856 reviews879 followers
October 24, 2022
A worthwhile exercise. Focusing on Oedipus at Colonus (as per the title--sorry about spoilers for a text over two thousand years old?), the argument proceeds from the point that "while there have been tragedies since the sixth century BCE, the tragic has existed for barely two centuries." Whereas the noun is fairly uncontroverted, the adjectival abstraction is a matter of modern doctrine, which is not in itself a bad thing.

Furthermore, "ancient tragedy is the only real kind: from a purely historical point of view, the only tragedies are Greek." I am a fan of limiting ancient concepts to their local facts--tyranny and dictator, for instance, are ruinously decontextualized in modern discussions; we should add tragedy to the list of terms to use cautiously. It's definitely not a text that argues for cancelling tragedy, by contrast. (Is there someone who wants to cancel Oedipus or Sophocles?)

The argument breezes through the famous theories of tragedy (Aristotle, Hegel, Nietzsche, et al.) that seek to generalize, normally from one play, demonstrating that it is difficult to draw these sorts of broad conclusions--in part because the surviving sample is so small, and perhaps not representative. The text includes a lovely argument about katharsis doctrine--locating it precisely in medical writings about the body, up to and including Freud, and finishes with discussion about Greek religion, which is always a mystifying pleasure.

Recommended for those who suspect that tragedy may have nothing to do with Dionysos.
Profile Image for Collin.
1,122 reviews45 followers
March 9, 2023
How, then, can I speak about [tragedy] if, on the one hand, interpretation is forbidden (as excessively literary and anachronistic) and, on the other, designation is impossible (lacking an adequate referent)? Caught in this epistemological bind, all I can do is to build my knowledge of the works far from the dichotomy of true and false, through a critical analysis without black and white, an approach made of grey areas of truth, of blurs and sfumato, of indescribable bluish horizons.

A narrow path, undoubtedly, and perhaps even an impracticable one, for today we are so deeply programmed to make meaning and truth out of everything: this is our way of inhabiting texts, for better or worse. Perhaps tomorrow things will be different. In the meantime, before we interpret, let us at least learn to suspend our intellectual machine for a moment and preserve a pure instant of grace and terror. Meaning will come next, always second compared to the recognition of our ignorance: hermeneutics with reservations."
Profile Image for Jim.
3,103 reviews155 followers
August 4, 2023
Quite a lot of supposition, surmising, possibilities, guesswork, and many other varieties of conditional existence. Schrödinger's tragedy? I jest, sort of. I just didn't find much to engage my brain in this book. Marx dismisses what he doesn't agree with based on his already proclaimed lack of evidence to support what other people assume to be true about tragedy. An argument against based on a lack of supporting facts, texts, or anecdotal writings. Huh. One man's idea, or maybe I should say one man's assumptions? Regardless, his argument goes practically nowhere in the end. Yes, we base a lot of what we call tragedy on a scant few existing plays. The fact Marx thinks the non-existing plays say something else, present a strikingly different idea or definition of tragedy is all well and good for parlor games and coffeeshop banter. He has nothing to support his idea besides looking at the same things we all see from his newly minted one-of-a-kind perspective. As if all scholars to this point have been Tiresias-like, blind to the truth Marx posits. Well then.
1,699 reviews20 followers
July 15, 2024
I enjoyed large parts of this book although at times the conversations got a bit esoteric. It really only focuses on one work, Oedipus, and I would expected it to be more inclusive. It made some interesting points about how we view Greek myths.
Profile Image for Hélène.
135 reviews58 followers
July 9, 2025
Ce livre est une étude de la réception/compréhension de la tragédie attique à travers les âges, en prenant pour exemple Oedipe à Colonne.

Nous ne connaissons que des vestiges de tragédie antique. Nous n'avons plus que les textes (et rien des représentations elles-mêmes) et nous les lisons comme de la littérature (art autonome, intellectualisé, qui n'existait pas en tant que tel il y a 24 siècles). William Marx nous convie donc à une entreprise de défamiliarisation pour nous défaire des idées reçues.

Le lieu, le tragique, la catharsis, les dieux sont les quatre angles sous lesquels W. Marx étudie les diverses interprétations qui ont été faites de la tragédie et de la dernière pièce de Sophocle.

Les tragédies sont ancrées dans les lieux. Les forces qui meuvent l'action sont celles-là mêmes qui traversent et irriguent l'espace où elle est censée se dérouler. Et la tragédie est incarnée plus que représentée : quelque chose du réel passe directement sur scène. Mais lieu, culture, tradition : tout ce avec quoi la tragédie faisait bloc et dont le sens et l'effet dépendaient s'est évanoui.

La notion de tragique apparaît en Allemagne au XVIIIe siècle, avec la question du destin et de la liberté du héros. "Le passage de la tragédie au tragique ne propose rien d'autre qu'une déréalisation de la tragédie antique au profit de concepts issus du romantisme". Toute tragédie n'est pas tragique, au sens philosophique de ce terme. Ce qu'on nomme aujourd'hui tragique n'est qu'un épiphénomène de la représentation des tragédies antiques ; il n'était pas recherché pour lui-même.

La catharsis : Il ne s'agit plus de penser la tragédie, mais d'en ressentir en soi les effets, si physiques qu'ils soient. Chaque forme de poésie a, selon Aristote, un pouvoir ou une action propre qu'il convient de définir, dont la tragédie. La terreur et la pitié constituent des émotions antagoniques, qui, en s'équilibrant l'une l'autre, apportent du plaisir par la purification des humeurs.

Les dieux : on ne peut plus penser la tragédie sans prendre en compte sa dimension religieuse. La dernière des tragédies que nous avons conservées renouerait avec la mission primitive des choeurs tragiques : l'évocation des morts illustres.

Tout au long de l'ouvrage, W. Marx étudie les différentes interprétations faites à propos de la tragédie attique et y ajoute la sienne, dans un long cortège d'approches marquées par les choix littéraires et philosophiques qui ont été faits à différentes époques : de la sélection du canon des tragédies par les stoïciens jusqu'à l'auteur lui-même, qui tente de dépoussiérer la lecture de ces chefs-d'œuvre.
Profile Image for Fx Smeets.
217 reviews17 followers
February 2, 2016
Texte musical et lumineux, plein d'ombres et de silences et dont je sors empli de mystère, cet essai de William Marx est plus enivrant qu'un roman.
Profile Image for Alice Rovani.
134 reviews9 followers
March 4, 2022
La démarche déstructuralisante du livre aurait été bien intéressante sans la surabondance de commentaires suffisants et prétentieux envers les penseurs des siècles passés.
Displaying 1 - 7 of 7 reviews

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