Suzie Wekler, 9 ans vit avec sa mère Raïa à Vilnius en Pologne. Sur la couverture, on les découvre toutes les deux. Ce sont 2 survivantes de la Shoah.
Grâce à son récit à la fois simple et détaillé agrémenté de notes de bas de pages très précis, nous avons la sensation de vivre à la même époque que nos deux protagonistes, mais surtout d’être des spectateurs impuissants, sachant par avance les horreurs que va subir tout un peuple et tout ceux qui ne seront pas à l’image de ce que les nazis auront jugé digne de vie.
La description des blocks où dormaient Suzie et sa mère m’a plongé de nouveau dans ma visite cet été des camps de concentration d’Auschwitz, de Birkenau en Pologne et celui de Sachsenhausen en Allemagne. Des conditions de vie indigne pour tout être humain.
On découvre avec horreur que pour les nazis, mais aussi pour la population environnante les juifs n’étaient rien, des êtres sans importance, du bétail qu’on mène à l’abattoir. Les nazis les ont déshumanisé à l’extrême, leur volant tout, les laissant mourir d’épuisement, de maladie de faim, les exécutants froidement, j’oserai dire par plaisir… Ne leur donnant même pas une sépulture digne, en les brûlants ou les jetant dans des fosses communes, sans cérémonie, des anonymes sans existantes.
Suzie ne doit sa survie qu’à l’intelligence et l’amour de sa mère, mais également à la Bienveillance des autres détenues.
Un livre poignant qui joue parfaitement son rôle de devoir de mémoire, d’autant plus qu’il est écrit par une enfant qui a survécu aux camps de la mort.
Le dossier final est également très intéressant, soulignant encore une fois l’importance de ne pas oublier.
Mais cela me laisse toujours sans voix quand je découvre que, encore une fois, des criminels de guerre s’en sont sorties sans aucune sanction.