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Acide

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Un premier roman vertigineux et d'une rare puissance. Camille voit sa vie basculer un jeudi soir dans le métro. Lorsqu'elle se réveille à l'hôpital quelques mois plus tard, elle n'a plus de visage. Son agresseur a disparu sans laisser de traces.

Julien vit enfermé dans son appartement. Solitaire, il passe l'essentiel de son temps à consommer des images pornographiques et à surfer sur le darknet. Un soir, il télécharge par hasard une vidéo de l'agression. Alors qu'il s'enfonce peu à peu dans une spirale de violence et d'autodestruction, il ne pense plus qu'à une chose : retrouver la jeune femme.

Radioscopie radicale de notre époque, fiction sur l'identité et la reconstruction de soi dans notre société de l'image, exploration de l'addiction sexuelle dans les bas-fonds d'Internet : Acide plonge son lecteur au coeur d'une véritable descente aux enfers.

288 pages, Paperback

Published August 17, 2023

2 people are currently reading
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About the author

Victor Dumiot

2 books3 followers

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Community Reviews

5 stars
16 (17%)
4 stars
27 (29%)
3 stars
37 (40%)
2 stars
7 (7%)
1 star
5 (5%)
Displaying 1 - 17 of 17 reviews
Profile Image for pauline.
73 reviews6 followers
January 11, 2025
Un peu déçue puisque je pensais que c’était un roman autobiographique alors que pas du tout….

Anyway j’ai beaucoup aimé la première partie même si elle est TRÈS dérangeante et dure à lire. En revanche je n’ai pas du tout accroché à la seconde partie qui est beaucoup plus fade et lente. J’ai toujours pas compris l’intérêt d’insérer le personnage de Julien qui n’apporte strictement rien à l’histoire, si ce n’est un côté bien cringe

Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews220 followers
August 17, 2023
« Acide » explore l’impact psychologique de la perte du visage, expressions, traits, reflet des pensées, une partie de ce qui fait notre identité. Sans raison spécifique, on jette au visage de Camille une fiole d’« Acide ». Les effets de cet acte « gratuit » resteront longtemps figés dans sa chair. Elle se souviendra de cette agression « sans visage de son agresseur » avec une grande précision, « Je me rappelle aussi distinctement le bruit. Remontait jusqu’à mon oreille droite, le crépitement de ma chair. », de la flambée de la douleur « L’impression de me prendre à toute vitesse un mur tranchant. Comme si mon visage avait percuté des poignards, une planche cloutée, comme si je traversais le pare-brise de mon véhicule. L’impression que l’on frottait ma figure avec du verre pilé. » Sur le quai du RER, station Jussieu, elle se meurt au milieu du monde. « J’étais juste là, en train de me calciner, d’agoniser comme une idiote, tandis que tout – à commencer par mon visage – se dissolvait. Toute ma réalité, tout ce qui faisait ma vie, d’un coup englouti. »


« Car l’Acide, ce n’est pas comme un feu. Au moins, avec le feu, on sait ce que l’on peut éteindre. On sait comment. On sait où chercher. On sait à peu près ce qu’il faut faire. Les bons réflexes à adopter. Mais avec l’Acide le mal se déroule à l’intérieur. » Quels sont les dégâts psychiques d’une attaque d’une telle violence ? Victor Dumiot décrypte la symbolique du visage et tout ce qu’il représente dans votre société à la fois dans l’esprit de la personne attaquée, mais aussi dans ce qu’elle s’imagine que l’on dira d’elle. Dans les propos, avant même les différentes opérations, avant la greffe, il y a le « que pensera-t-on de moi ? Comment me verra-t-on ? » Tout au long des réflexions de Camille, on a envie de lui dire « non », chacun saura voir derrière ce visage brûlé la femme que tu étais… Or, au fur et à mesure des descriptions physiques, des engagements psychologiques, Victor Dumiot nous force à admettre que rien ne sera jamais plus comme avant, et que jamais, malgré la compassion ou l’empathie qui peut habiter certains d’entre nous, on ne verra plus l’autre Camille, celle d’avant …


Physiquement, c’est au-delà du supportable… d’une précision rare, des descriptions approfondies. Il fallait en passer par là pour donner au lecteur l’entièreté de qui est désormais Camille, la même dedans, une autre dehors. « J’avais mal jusqu’au bout des orteils, jusqu’à la pointe de mes cheveux fumants, j’avais mal jusqu’au fond des orbites. Comme si la douleur me prenait pour me jeter d’une paroi à l’autre de la station. Sur le sol glacé, j’avais l’impression de fondre. Il y avait un volcan, quelque part en moi, en pleine éruption. » Les souffrances qu’elle endure vous arrachent les tripes, et plusieurs fois vous toucherez votre visage pour vous assurer qu’il est toujours « lisse »… plusieurs fois, vous rêverez de cet « Acide » qui finit par obséder votre subconscient, hanter vos nuits et habiter vos jours. Victor Dumiot m’a crevé le cœur par la justesse des émotions qui traversent Camille : « J’aurais préféré mourir. Ce fut ma seule malchance. Je n’ai pas été tuée. », « Certains sont morts avant même de mourir, moi j’étais revenue morte parmi les vivants. », « Sans eux, je serais morte. Avec eux, je devenais un monstre. » Le ton est donné : la mort plutôt que ce visage intolérable, la mort plutôt que la souffrance insoutenable. La mort, la mort, la mort. Et pourtant, il faudra vivre. Une condamnation à vie à survivre.


Durant ce laps de temps continu et interminable, Camille livre ses pensées dans l’ordre, dans le désordre, en fonction des idées qui traversent son esprit, seul survivant. Le hashtag #vitriolJussieu fait la une, elle y découvre la politisation de son histoire « On trouvait les plus farfelues à droite. Selon certains, j’étais le symbole tragique de l’islamisation française. ». Devenue Marianne, elle partage sa douleur avec la France outragée, puisque c’est bien le pays entier la victime. Elle devient la Madone de toutes les féministes, elle qui n’a rien demandé et veut juste qu’on la laisse crever dans un coin. « L’Acide était une forme de dressage. Je n’avais qu’à bien me tenir ! J’aurais dû être sage, obéissante. Dans la niche. Au pied du maître. Tirer la langue. Tout accepter. Twitter, c’était l’enfer. » Victor Dumiot passe au crible les conséquences d’une telle agression dans tous les domaines : sociologiques, politiques, journalistiques. Tout y passe, des réseaux sociaux de la compassion à la hargne, aux paroles des proches (terribles…) « Tous étaient optimistes. Ça va aller, ma petite. Tu as passé le plus dur ! Faut voir les choses du bon côté. C’est dans la tête que tout se joue. Voulaient-ils me faire croire qu’un visage, après tout, ça ne servait pas à grand-chose ? On en fait tout un plat avec les visages… Mais franchement… Ce qui compte, c’est le cœur, n’est-ce pas ? La grande, la pure, l’inépuisable beauté intérieure. » De très beaux passages sont consacrés aux visages des femmes, à comment on perçoit son propre visage, à la façon dont les autres l’appréhendent, à son utilité dans la société, aux conséquences de son absence et au concept de beauté en général. « Quand on perd son visage, On se perd soi-même. C’est se perdre soi et perdre le droit d’être soi parmi les autres. La mutilation vous sort de la norme. » Victor Dumiot a saisi avec beaucoup de profondeur et de délicatesse ce qu’est une victime à perpétuité « Il n’y aurait ni rémission ni guérison. Si j’avais su… Rien ne nous prépare à devenir victime. Ça vous tombe dessus, ça vous étouffe. C’est un nouveau statut, comme une nouvelle peau. » Il y a des dizaines de phrases que j’ai relevées, terriblement émue par leur portée. « Considérez plutôt que, chaque jour, à chaque instant, vous jouez des morceaux de votre corps à la roulette russe. » A chaque seconde, il peut surgir une forme de fin…

Car soyons clairs, « Acide » dégage une douleur que j’ai rarement expérimentée en littérature. Ces brûlures sont portées par une écriture visuellement rigoureuse, et moralement minutieuse. Rarement, j’ai pu me glisser avec autant de facilité sous une peau, tant le détail des émotions et la précision des souffrances permettent la radiologie d’émotions extrêmes au plus près du tangible et du palpable. « Altérée. Atomisée. Radioactive. Humaine, moins humaine : je ne suis plus assimilable, plus reconnaissable, plus identifiable. La défiguration est le pire crime qui soit, le seul meurtre qui vous laisse en vie. On devrait inventer, pour les tribunaux de l’avenir, la notion de crime métaphysique. »


« Acide » se déroule sur plusieurs années. Camille traverse toutes les phases identiques à celle du deuil où le but ultime est de se voir enfin dans une glace. Se voir et s’accepter. Se regarder et approuver le lent travail de la cicatrisation, et celui des médecins. D’un rejet total et sans condition, il lui faut apprivoiser son visage. Les deux stades qui suivent « Ma peau guérissait mais moi, au fond, je ne guérissais pas » et les premiers frémissements d’un renouveau « Car l’autre, celle d’avant, n’avait pas disparu. Je la sentais quelque part, au travers de vieux réflexes, d’un sentiment de déjà-vu, de mes fantasmes, de mes résistances, des colères, des douloureuses colères qui tout à coup s’emparaient de mon esprit, des peines, des longues dépressions qui chevauchaient les moments d’ivresse. Quelque chose en moi résistait, c’était elle. Impossible de creuser plus avant. D’aller la dénicher dans son trou. Il fallait la laisser sortir. »


« Acide » n’est pas seulement l’histoire de Camille et de la force de sa résilience, c’est aussi une partie de celle de Julien. Que vient faire ce personnage masculin dans le roman ? N’imaginez pas que Victor Dumiot a choisi la facilité… Bien au contraire ! Il ne s’agit pas de l’homme qui l’a agressée. (Merci pour ça !) L’entrée de ce personnage sur la scène du texte a une autre utilité, une vraie pertinence qui saura rajouter un peu à votre douleur que vous pensiez à son paroxysme. C’est un homme solitaire et sombre, enfermé dans son appartement, obsédé par des vidéos en ligne de nature choquante. Mais je vous laisse le découvrir…


« Acide » est un premier roman, véritable révélation de cette rentrée littéraire. La plume y est acérée, véritable témoin de notre époque. À travers le drame d’une femme et le quotidien d’un homme, Victor Dumiot décortique avec une acuité aiguisée les obscurités de notre époque. Roman social, l’écriture tranchante met en exergue les solitudes, les drames et les vestiges des hommes qui naviguent dans une violence intrinsèque. La déshumanisation, l’insécurité, et la cruauté y sont omniprésentes, jamais à titre gratuit. La justesse des propos et la pertinence des analyses en font un récit qui s’apparente à un choc émotionnel où anxiété, empathie et intensité du ressenti se côtoient sans cesse, offrant au lecteur une valse d’émotions rare. Certainement un des meilleurs textes lus en cette rentrée littéraire, tant sur le fond que sur la forme. Il existe de petits génies dissimulés derrière leurs ordinateurs qui écrivent des romans d’une qualité exceptionnelle. Victor Dumiot est l’un d’eux, à n’en pas douter.
Profile Image for Jo.
1,218 reviews224 followers
September 13, 2023
2,5/5 🌟

J’ai beaucoup aimé la première partie du roman : ultra trash, noire et palpitante.
On se prend au jeu malsain de l’auteur, se laisse couler dans la descente aux enfers de l’héroïne.

Puis la suite arrive et… bof ? Prévisible, pas à la hauteur, un peu redondante.
Et une fin giga agaçante.

Meh.
Profile Image for Dorian Quenon.
47 reviews3 followers
July 31, 2025
Acide est un livre sur le désir cru, cannibale. Un livre violent et fort.
Je n’ai pas pu m’empêcher de rêver à une adaptation par Michael Haneke
Profile Image for Maiya.
50 reviews
April 30, 2025
J’ai bien aimé. Le thème est très intéressant, cru et intense. Toutefois, le personnage masculin n’a ni queue ni tête. C’est dommage. Il aurait pu être celui qui a aspergé Camille, ça aurait été un très bon retournement de situation. Mais non, il est simplement un fanatique, un puceau du darknet bien gênant et complètement inutile à la narration.
Profile Image for Mat Pignat.
25 reviews3 followers
July 2, 2023
Roman de la rentrée littéraire août 2023. Récit très dur, on alterne entre 2 personnages, Camille jeune femme prise pour cible par un malade qui va lui balancer de l'acide au visage. Sa descente, sa colère son malheur et sa reconstruction. C'est terrible. Très réaliste et très juste je trouve dans la transcription des sentiments.
Le 2ème personnage, julien est plus difficile à s'attacher et à comprendre ? , c'est un inadapté qui se plonge dans le darknet, le hardporno, le besoin de voir du sale, de la violence gratuite et qui va être fasciné pas la video amateur dans laquelle Camille est agressée. Cette histoire va tourner en obsession et il va se mettre en tête de la retrouver coûte que coûte.
Un roman bien écrit, je trouve la partie avec Camille très réussi, avec Julien je ne comprends pas trop le pourquoi et l'intérêt... Ce roman n'est pas un coup de coeur mais je n'ai pas détesté non plus. Il m'a assez bouleversée tout de même. J'ai hésité entre 3 et 4 étoiles. Je reste à 3 car je pense que la partie avec julien aurait mérité un peu plus peut-être... Bon roman
This entire review has been hidden because of spoilers.
807 reviews6 followers
January 8, 2024
Un roman percutant ! Qui happe complètement et bouleverse. Il y a une grande violence dans ce récit, mais elle est à la hauteur de ce que vit Camille. Tout est d'une grande précision, notamment toutes les pensées de Camille, avec une grande crédibilité, c'est la grande force de ce roman. Beaucoup de violence donc, de souffrance, de colère de Camille, et on sent aussi la colère de l'auteur contre ce qui est fait aux femmes et d'autres éléments de la société. Le personnage de l'homme apporte énormément de tension dramatique, avec beaucoup de suspense à la fin, mais avec le recul je me demande ce qu'il apporte réellement, surtout sur la fin. Une autre souffrance oui, une autre déshumanisation, mais la fin m'a laissée perplexe car elle m'a laissé plus de questions que je n'en avais au départ. De même, je m'interroge sur l'utilité des scènes de sexe.
Profile Image for Manon.
183 reviews9 followers
October 24, 2023
Un premier roman d'une rare intensité...

Acide, c'est le roman de l'injustice, de la souffrance, de la destruction et de la noirceur de l'âme humaine. Les descriptions y sont violentes, à tel point qu'on a l'impression de les ressentir nous-mêmes. C'est parfois dérangeant, mais nécessaire compte-tenu des sujets traités. On suit les descentes aux enfers respectives de Camille et Julien, avec en tête une seule question : jusqu'où ça va aller ?
Ce premier roman à l'ambiance anxiogène ne laissera pas les lecteurs indifférents : certains auront le coup de cœur, d'autres seront rebutés mais dans les deux cas, l'effet choc est là.
Un premier roman percutant, incisif, brûlant qui nous poursuivra longtemps.
15 reviews
August 24, 2023
Certains passages m'ont marqué comme jamais avant. Style d'écriture magnifique.
La partie avec Julien est à mon avis moins bien que celle avec Camille, heureusement que c'est la partie la moins longue. Fin pas terrible à mon avis.
Profile Image for Maryam.
535 reviews31 followers
dnf
January 12, 2024
J'ai arrêté au bout d'une cinquantaine de pages car je n'adhérais pas au style de l'auteur et je ne pense pas que ça va aller en s'arrangeant.
Profile Image for Nena.
108 reviews
December 15, 2024
Très touchant, bouleversant et dégoûtant. J’ai adoré la première partie mais la seconde étais lente et la fin un peu trop… nulle?! décevante?! J’aurais bien aimé voir la suite.
Profile Image for Mathilde.
243 reviews
September 29, 2024
Excellent ouvrage très dérangeant.
2 histoires en parallèle. Une jeune femme attaquée et défigurée, qui lutte pour vivre et un jeune accro au sexe virtuel. Il n'aura de cesse de chercher à la retrouver après avoir visionné la vidéo de l'agression. Il y'a une certaine violence et un caractère obsessionnel bien entretenu.
Cet ouvrage évoque le poids des apparences/ de l'image, la souffrance des êtres humains qui en résulte, mais aussi la violence des réseaux sociaux.
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