L'autofiction serait l'horreur. Le narcissisme, le nombrilisme et la vacuité, son destin. Et si c'était faux ? Et si, loin de représenter le degré zéro de la littérature contemporaine, l'autofiction en incarnait l'excellence ? Depuis les origines de la littérature, c'est vers le Je et sa subversion que les écrivains ont dirigé toutes leurs expériences. De cette subversion, l'autofiction est désormais l'ultime laboratoire : le laboratoire de la déconstruction, de la dissémination, de la prolifération folle des Je. Mais ce laboratoire n'est pas celui d'un savant fou : les expériences qui y sont menées portent bien au-delà de la littérature. En elles s'imagine même une politique révolutionnaire. C'est de cette politique des révolutions du Je qu'il est désormais permis d'exposer les règles.
Chloé Delaume, de son vrai nom Nathalie Dalain, née à Versailles le 10 mars 1973, est une écrivaine et éditrice française. Elle est également performeuse, musicienne, chanteuse, de manière plus anecdotique. Son œuvre littéraire, pour l'essentiel autobiographique, est centrée sur la pratique de la littérature expérimentale et la problématique de l'autofiction.
Un essai très intéressant retraçant le rapport de l'autofiction avec l'autrice, dans sa régénération d'identité, dans ses questionnements sur l'acte d'écrire. Une genèse théorique sur la naissance de Chloé Delaume à travers le genre autofictif et son histoire. Des passages marquants, qui m'ont parlé sur mon acte d'écrire en ce moment, parfois pour fuir ou questionner ou réparer un quotidien dur ou insupportable. Une belle découverte qui m'a donné envie d'explorer d'autres auteurs qui ont inspiré Chloé.
Chloé Delaume cherche à cerner sa pratique de l'autofiction et se heurte aux diverses définitions qu'en ont donné les écrivains et les spécialistes. Quelques réflexions intéressantes mais un peu adolescent dans sa façon d'aborder les choses.