Pédopornographie, bébés secoués, viols et agressions sexuelles, enlèvements d'enfants, prostitution?:?1?200 dossiers sont traités chaque année par la Brigade des mineurs de Marseille, terrifiante vitrine d'une société de plus en plus à la dérive. Claude Ardid a passé deux mois en immersion totale dans cette unité de police si spéciale, au côté de femmes et d'hommes hors du commun dont la mission est de sauver, souvent dans une véritable course contre la montre, toutes ces jeunes victimes de violences. Il a suivi jour et nuit les cinq groupes en charge des maltraitances et des comportements incestueux, des dossiers de moeurs et de disparitions inquiétantes, ou encore de la surveillance Internet. Un travail acharné de gardes à vue, d'auditions et d'interventions sur le terrain, mené en collaboration avec des juges et des magistrats tout aussi dévoués à la cause des victimes. Cette enquête inédite met en évidence une terrible réalité?: il y a toujours plus d'enfants esquintés, de familles disloquées, de jeunes obligés de se vendre. Sans compter un manque cruel de moyens pour la police et la justice. Mais ce livre met aussi en lumière l'investissement, l'abnégation, le sens du devoir uniques de ces fonctionnaires - la majorité sont des femmes - dont la mission, souvent une vocation, est aujourd'hui plus qu'essentielle.
- « Vous verrez, […] quand vous pensez avoir touché le fond, il reste encore le fond du fond. Et encore plus profondément, les tréfonds de l'inhumanité... »
- Puis la statistique choc : « En France, un enfant victime de maltraitance meurt tous les cinq jours... »
- Lors de mon entretien avec Mano - l'ancien des services secrets -, j'avais été frappé par ce qu'il m'avait confié face au nombre de dossiers qui s'accumulaient sur les bureaux des uns et des autres : « On a des goûts de luxe, mais avec des moyens de pauvres...» Cette phrase devrait être gravée sur le fronton de tous les commissariats de France et de Navarre. Avec une spéciale dédicace pour les Brigades des mineurs.
- On a tous peur de l'affaire de trop, celle qui peut nous faire dérailler. Celle qui nous marquerait à vie. La goutte d'eau qui ferait déborder un vase déjà trop plein. On l'attend avec anxiété, cette goutte, mais quand nous tombera-t-elle sur la tête ? Demain, dans un an, dans dix ans? Peut-être jamais, au fond...»
- Reste que l’un des problèmes majeurs de la Brigade des mineurs tient en une phrase : personne ne veut y venir. Trop de dossiers, trop de boulot, trop de drames venus de l'extérieur, trop de larmes, trop de sang.
Toutes les pages sujettes à du voyeurisme n'engendrent aucune réflexion, essentiellement des émotions. La fin devient plus réfléchi mais ressemble à une espèce de façon de clôturer. Je m'attendais à des mises en perspective, à des problématiques posées et travaillées.