Que reste-t-il de nous quand les repères qui définissent notre existence tombent? Le temps a modifié le paysage, nous scrutons ce qui lui fait défaut sans pouvoir nommer l’absence. Le miroir ne nous rend plus une image si familière, l’autre revêt un visage étranger dont nous sommes contraints de parcourir la distance. Peut-être avons-nous toujours été cet inconnu dont les désirs nous échappent, ce corps qui, cédé à autrui, a cessé d’être soi. Nous dénouons les promesses, laissons la marque de nos dents sur les jours d’attente. Osons l’effacement, la dérive, l’envol. Que faut-il mettre à mort pour retrouver un sol stable sous la neige et tenir dans nos mains le fil du retour vers un lieu habitable? Comment résister à notre propre éloignement?---Tu évides les imagesQui tournent près de ta nuitTes lèvres leur noeudEnveloppent la chute docile des corpsSur ta peauJe relie les pointsNomme les constellations
Originaire des Îles-de-la-Madeleine, Geneviève Boudreau habite à Québec, où elle a terminé une maîtrise en études littéraires à l’Université Laval. Elle enseigne la littérature au Cégep de Sainte-Foy. En 2013, son recueil Acquiescer au désordre remporte le Prix du premier recueil de poèmes de la Fondation L.A. Finances pour la poésie. Auteure des recueils Si crue que tu pourrais y mordre (2019), Comme on tue son chien (2017) et Le regard est une longue montée (2015, finaliste au prix Alain-Grandbois), elle a également participé aux collectifs Femmes rapaillées et Ce qui existe entre nous. Ses textes ont été finalistes aux Prix de la création Radio-Canada. La Vie au-dehors est son premier recueil de nouvelles.