Il y a des choses à dire, quand on parle de son corps. C’est-à-dire, à partir de son corps : quand l’écriture est dans la peau, quand écrire, c’est s’arracher les mots à soi-même.?Boudin Biguine Best of Banane part de l’urgence de dire ce qui gratte, ce qui dérange, ce qui ronge. Rébecca Chaillon écrit son retour à la Martinique, ses interrogations intimes, amoureuses, militantes et alimentaires, la destruction et la reconstruction successives des imaginaires. Passant par une langue poétique et politique, elle décrit les effets de la colonisation sur les afro-descendants – en mettant en lumière les espaces occupées par chacun et chacune autour d’un même sujet. Comment se construisent nos désirs sous les injonctions? Comment se réapproprier nos corps, nos identités dédoublées, nos héritages détruits?Avec ce texte riche ou la poésie rencontre l’insomnie, Rébecca Chaillon prend son corps comme matrice nourricière pour faire advenir un sujet libre des normes. Les impensés coloniaux sont mis au jour - ou plutôt, le refoulé raciste et capitaliste français est donné à voir dans son omniprésence mortifère. En explorant l’intime, Chaillon régurgite la culture dominante, recrache l’esclavagisme, le racisme, le patriarcat. Dans cette explosion vitale, les corps, les désirs et les imaginaires se libèrent jusqu’à l’épuisement.Rébecca Chaillon s’échappe, glisse entre les mailles, transformation joyeuse vers le multiple : elle écrit de ce lieu entre, de ce lieu à côté d’où l’on voit plus clair ce qui se joue au quotidien. Une nouvelle voix puissante parmi toutes les « chimères exilées qui bégayent leur identité ».
plutôt vomir que faillir incroyable, percutant, viscéral, surtout moi et les adultosaures!! ce recueil est une explosion d’images, de saveurs, d’odeurs et de sensations, ça te prends les tripes, ça te mâche et te recrache, ça te dérange et réarrange autrement. de la poésie purulente qu’il me faut urgemment voir sur les planches. mille mercis rébecca.
„Boudin Biguine Best of Banane“ ist kein Buch im klassischen Sinn, sondern eine literarisch-performative Explosion, die man körperlich erfährt, statt sie bloß zu lesen. Rébecca Chaillon setzt ihren eigenen Leib als matrice nourricière ein, als schreibenden, widerständigen Ort, von dem aus sie eine längst überfällige Abrechnung mit der Kultur der Dominanz vollzieht. Der Text, geboren aus schlafloser Poesie und einer urgence de dire ce qui gratte, wird zur grotesk-schönen Schlachtplatte, auf der Kolonialismus, tödlicher französischer Rassismus und Patriarchat nicht analysiert, sondern hervorgewürgt, ausgespien und bloßgestellt werden. Wer glaubt, koloniale Geschichte lasse sich rein intellektuell verhandeln, wird hier eines Besseren belehrt: Chaillon tanzt, stottert und kämpft sich als exilierte Chimäre durch eine zerrissene Identität – und erobert am Ende, erschöpft und zugleich befreit, einen neuen Raum jenseits literarischer Konventionen. Dieses Buch ist ein maßsetzendes Buch, gerade weil es gnadenlos ehrlich ist und jede normierte Form mit voller Wucht verlässt.