Une plume si douce! Une économie de mot qui est puissante et qui frappe par son minimalisme.
Je l’ai lu en un soir et j’ai trouvé que c’était bien de le lire d’un coup. J’ai savouré chaque poème, mais le tout m’a semblé plus facile à capter en rafale.
Un beau voyage en nature avec une grande dame qui a tant à nous apprendre. Mon cœur de lectrice et de femme a été touché par plusieurs passages plus difficiles. J’ai senti que le poids de la vieillesse était plus présent ici, tout comme la notion d’héritage.
Poésie douce d’une femme qui écrit à plus de 75 ans. J’ai beaucoup apprécié que les poèmes soient en français et en innu-aimun. C’est rare, mais beau et essentiel pour garder les langues autochtones vivantes.
Au bout du jour La neige tombe Sa pureté Réclame une nuit d'étoiles
Tu lèves les yeux Là-haut humblement Elles s'éclairent
Tu baisses les yeux Elles sont tombées Sur les épinettes Pour t'émerveiller De leurs éclats
"J'habite les mots Un endroit ailleurs J'écris ma mémoire Pour ne pas oublier Qui je suis"
"Je n'ai pas besoin d'être riche Pour être vivante J'ai besoin de l'air du vent De l'oxygène Aux rires de mes dents Je poursuis le temps Qui me manque"
Lire Joséphine Bacon, c’est explorer la présence du passé, le temps qui se cherche et l’avenir incertain. Magnifique recueil, encore une fois - de plus.
La beauté et la simplicité de la poésie de Joséphine Bacon ont quelques choses d'intemporel et d'universel à mon avis. Les thèmes qu'elle aborde, tel que la nature, la vie, le vieillisement et l'héritage culturel ont le pouvoir de toucher un lectorat d'origines et d'âges variés.
Dans ce nouveau recueil, c'est la façon dont elle aborde de façon très directe le génocide culturel subi par son peuple qui m'a le plus marqué. Les poèmes traitant du sujet son poignants dans leur simplicité, efficaces dans leur brièveté.
C'est ausi toujours avec la même noblesse et la même tranquilité qu'elle aborde son propre vieillissement, un thème recurant dans ce recueil. Parlant peu de sa mort, elle parle plutôt de sa vie et des générations futures, et c'est la beauté de cette perspective sur son âge qui me plait le plus.
Avec ses poèmes, Joséphine Bacon écrit les arbres, le temps, la nature, la mémoire. C'est une écriture d'une douceur incroyable qui nous berce tendrement. J'ai adoré ce recueil.
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« Je n'ai pas besoin d'être riche
Pour être vivante J'ai besoin de l'air du vent De l'oxygène
Aux rires de mes dents Je poursuis le temps Qui me manque »
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« La robe rouge que tu assassines Est l'ocre peint sur mon corps Ma peau est mystère Que tu ne sais pas raconter
Je suis l'identité de la Terre Mes pas sonnent l'écho Mon souffle devient vent Mes larmes pleurent les rivières
"Le sommeil me rejoint Dehors c'est l'été pour pas longtemps La pluie se fait rare Les yeux fermés j'écoute les pas Autour Voix faibles"
"Je ne peux pas toujours retenir les mots Qui parlent de blessures D'amours, d'amitiés Sans le poème"
"Je marche au bout de moi-même pour te rejoindre Je porte le poids du jour Je te suis Tu t'éloignes J'avance lentement Mes pas sont si vieux Tranquillement ils continuent sans s'arrêter L'arrivée me convient"
"Mon chagrin envahit ma vie Dehors, les passants sont rares L'arbre est dénudé de ses feuilles J'ai froid avec lui [...] Je ne connais pas son langage J'écoute"
Un recueil d’une grande douceur malgré les propos parfois douloureux du passé. Joséphine Bacon sait écrire la forêt et la nature avec grande justesse et simplicité.
J’aime beaucoup Joséphine Bacon et sa poésie vient vraiment me chercher 🫶🏻 des poèmes tellement intimes et lyriques qui me font pleurer. J’adore la littérature autochtone