Les pratiques et théories queers ont mené une large critique de la normalisation des dominations cisgenres et hétéropatriarcales. Mais à cette critique a pris le relai une position purement déconstructrice des normes de la sexualité, au point que la nouvelle norme est devenue le refus de toute norme.En distinguant normalisation et normativité, Pierre Niedergang avance que la critique de la normalisation, bien légitime, n'implique pas l'anti-normativité mais au contraire une « normativité queer ». Cette inventivité normative permettrait d'élaborer une perspective queer féministe consciente de la dimension matérielle des oppressions et des rapports de pouvoir qui se nouent au cœur de nos relations.
Le livre vaut vraiment le coup d'être lu je pense, pour l'actualité de son propos, et pour la nécessité de penser ensemble théories et enjeux queers, et théories et enjeux féministes. Les partis pris de départ sont hyper importants et convaincants à mon avis. J'ai pris beaucoup d'intérêt à la première moitié du livre surtout. Ensuite, il me semble que ça perd en vitesse : plus de jargon et de répétitions (des abstractions à la Foucault, en spirales, de plus en plus abstraites au fur et à mesure qu'elles sont répétées). Toujours un peu, malgré des efforts nettement visibles, de décalage entre la profession de foi "queer n'est pas seulement gay", et la réalité d'une biblio et surtout d'un contexte global de référence essentiellement gay indeed. Mais bon. Ça reste une lecture qui remue les méninges et qui force à se poser des questions politiques complexes, portée par une voix qui se présente comme modeste : l'essentiel est là.
On ne peut pas dire que je n'ai pas aimé, le fond du propos étant passionnant. Mais alors, qu'est-ce que compliqué à lire, et contrairement a ce que dit l'auteur en préface, je suis sûre qu'il y avait moyen d'utiliser un langage plus simple et direct pour être plus accessible. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour moi, en plein été, pour me lancer dans une lecture si complexe. Je le garde dans ma bibliothèque pour y revenir plus tard.
« Y compris dans les pratiques communistes queers, nos corps ne sont pas des armes de métal froid, mais des vivants en interaction qui mettent en jeu la dialectique entre critique et inventivité normative. »
un ouvrage intéressant que je n'ai pas réussi à saisir dans son entièreté, sans doute l'approche philosophique est trop pointue pour moi, mais j'ai eu du mal à me représenter les arguments et à leur donner du sens
j’ai bien aimé la lecture. la question de l’invention de nouvelles normes queers est hyper importante. mais c’est très intello pour moi, pas assez concret. et je me répète mais la partie sur le communisme est nulle. le reste est super