Brûlée à l’acide est un livre lourd, bouleversant, et profondément humain. C’est un témoignage fort, nécessaire, qui s’inscrit dans une volonté claire : dénoncer et lutter contre les attaques à l’acide, notamment au Pakistan. L’acte lui-même est impardonnable, et je suis profondément admiratif du courage qu’il faut pour survivre à une telle violence, et encore plus pour oser la raconter.
Cela étant dit, ce qui suit concerne la forme du récit, et non le fond ni la vie de Naziran.
En tant que biographie de Naziran, une femme pakistanaise victime d’une attaque à l’acide, il est normal que le récit soit personnel et subjectif. Cependant, j’ai parfois eu le sentiment que, dans la première partie du livre – lorsqu’elle raconte son enfance, ses mariages, ses débuts de vie – Naziran apparaît presque comme complètement extérieure à la société qui l'entoure. Elle décrit avec justesse la violence envers les femmes, les mariages forcés, les injustices... mais sans jamais vraiment se positionner comme faisant partie de cette société. Comme si elle était déjà en opposition à tout cela dès le début (et qu'elle était la seule à s'y opposer, avec sa mère), alors qu’elle y est née, y a grandi, y a été éduquée.
Je ne remets pas en question son vécu, ni sa lucidité. Mais j’aurais trouvé intéressant qu’un autre regard, une nuance ou même une prise de recul sur sa propre place dans ce système soient apportés. Car même sans être responsable des violences subies, il me semble que personne ne sort totalement « neutre » d’un environnement aussi marqué. Cela aurait donné une dimension encore plus humaine, plus complexe, à son histoire.
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Brûlée à l’acide is a powerful, emotional, and deeply human book. It’s an important testimony, written with the clear goal of raising awareness and fighting against acid attacks, especially in Pakistan. The act itself is unforgivable, and I truly admire the strength it takes not only to survive such violence, but also to speak about it so openly.
That said, what follows is a comment about the structure and storytelling – not about Naziran’s life or experience.
As a biography of Naziran, a Pakistani woman attacked with acid, it makes sense that the story is personal and subjective. However, during the first part – when she talks about her childhood and early marriages – I sometimes felt like she was shown as completely separate from the society she was born into. She rightly describes the abuse, forced marriages, and injustice faced by women, but she never really reflects on her own place within that world. It sometimes sounds like she had already rejected all of it from the very start (and she was the only one, with her mother, to reject it), even though she was born, raised, and educated within that culture.
Of course, I don’t question her experience or her clarity. But I think it would have added something powerful to see more reflection or nuance – not because she holds any blame, but because no one grows up completely outside the values they’re surrounded by. That could have made her story feel even more human and complex.