Ce livre n'est pas un roman. Ici, nulle place pour l'imagination. La zone d'une grande ville, des baraques, le terrain vague, les cris, les coups, la crasse, l'alcool, la sexualité, la brutalité et l'ignorance, la perversité, les jeux cruels des enfants désœuvrés, tout est vrai. Vrai, aussi, le personnage du maître d'école, cherchant à leur donner le goût et l'ambition de la dignité humaine. " Je n'ignore point, dit l'auteur, que ces pages n'ont de valeur qu'en vertu de l'émotion qui, si toutefois j'y réussis, doit sourdre de cette succession de scènes, de faits, tous réels que j'ai dépeints. " Salué comme une révélation en 1952, Requiem des innocents est le premier livre de Louis Calaferte. Il garde aujourd'hui toute sa virulence et demeure un des grands cris de révolte contre la misère et l'injustice du monde moderne.
Extraordinaire. Découvert via le livre de Jaenada sur George Arnaud - auteur que j’adore également. En le lisant, vers la fin, je me disais que ça aurait dû plaire à Virginie Despentes. Et voilà que je découvre après l’avoir fini qu’elle en a fait un album avec un groupe de musique. C’est cohérent. C’est sans doute la preuve que c’est un grand livre.
c'est dommage de broyer la langue de Molière avec tant d'agilité et de cran puis de tout gâcher en décrivant de manière aussi infâme toute personne qui n'est pas un homme hétérosexuel blanc.
Un récit qui frappe fort sur la vie d'un groupe d'enfants dans un bidonville français des années trente. Les derniers chapitres sont particulièrement forts. À placer à côté de "Mort à crédit" pour la description sans fard de la pauvreté urbaine.