Decazeville, fin du XIXe siècle. Les houillères de l'Aveyron ayant mis en place un système qui rend les ouvriers prisonniers du patronat et les oblige s'endetter, une grève éclate en janvier 1886 : 2000 mineurs cessent le travail et envoient une délégation auprès de l'ingénieur en chef Jules Watrin, mais celui-ci reste sourd à leurs revendications. Les travailleurs en colère le poursuivent dans le bâtiment où il s'est réfugié et, dans l'émeute qui s'ensuit, Watrin est défenestré. Dix ouvriers dont deux femmes seront jugés aux Assises pour meurtre... Pascal Dessaint a déjà dépeint dans certains de ses romans noirs les injustices et drames sociaux provoqués par le capitalisme débridé. Il signe ici une passionnante fresque sociale sur un pan de l'histoire ouvrière aujourd'hui oublié.
~3,75~ Alors certes, c'est une reconstitution historique très intéressante et je n'imagine même pas à quel point le travail d'archive derrière a pu être compliqué, mais c'est devenu un peu trop long. Il est sûr nous sommes dans le vif du sujet avec chaque information trouvée qui est donnée. Cependant, peut-être y avait-il trop de détails? Surtout que bien que les grandes lignes et faits soient connus, il y a des suppositions dans le lot. Néanmoins, c'est un livre qui change mes habitudes de lecture et c'est dingue de voir la différence de politique entre cette époque et maintenant. Peut-être est-ce parce que je viens du monde ouvrier que j'ai halluciné en lisant les propos des politiques? D'un certain aspect je peux les comprendre, les droits des ouvriers prennent du temps à être acquis et doivent être fait avec une certaine finesse. Mais qu'ils soient de droite ou de gauche, leur déconnexion de la réalité du peuple est si flagrante (et cela n'a pas changé aujourd'hui).
Le choix de narration m'a quelque peu étonné au début mais je m'y suis fait très vite en imaginant cela sous la forme d'un documentaire.
Waaaaw, hyper intéressant sur plein d'aspects, la question de la violence légitime, des outils mis en place par le grand patronat face aux premiers mouvements de grève, la dynamique entre carotte-baton et surtout les idéaux de certains intellectuels qui se rapprochent + de l'humanisme et du dialogue social que de la véritable lutte de classe et du marxisme