« J’ai décidé de devenir avocat à quinze ans. C’était le 28 juillet 1976 et j’avais entendu à la radio que Christian Ranucci, l’homme du "pull-over rouge", avait été exécuté à l’aube. Ce n’est pas le récit d’une vocation que je fais ici, mais d’une sorte de fatalité. Je suis condamné à plaider. »
I learned a few things throughout this book - Eric DM is not a writer, he is a lawyer. His style is to the point, don't expect poetry in there. Not respecting the procedure or following for instance the right way to collect proofs, is actually key to preserve our rights and avoid abusive justice decisions. I learned also that attorneys focuses on winning and do not care about their impact on society as leaving a dangerous guy out there.
Quelques citations : « Vous serez acquitté à la condition exclusive qu'il y ait cinq jurés aveugles (En parlant des preuves par cameras) » « Les innocents se défendent souvent plus mal que les coupables. D'abord parce que les coupables ont une longueur d'avance: ils connaissent la réalité des faits et, dès lors, sont potentiellement capables de la contourner ou de la dissimuler. L'innocent, qui se sait injustement renvoyé devant les assises, sent que le moindre mot, le moindre clignement d’yeux peut être interprété à son détriment. » « La noirceur du crime, c'est comme un virus dont je serais porteur sain. »
L’écriture offre un mélange de genre assez déconcertant au départ. Celle-ci est assez carrée et factuelle, mais l’auteur essaie de temps en temps d’apporter des détails plus humains. C’est assez déconcertant de voir à quel point l’horreur rythme son quotidien. On peut aimer ou non le personnage mais ça reste un témoignage intéressant et rapide à lire.
Un redoutable avocat pénaliste (et un des plus médiatisé) qui nous plonge dans l'univers de l'avocature française. En bref, c'est un livre passionnant et très intéressant que je recommande à tous.
Petite extrait du livre : "Je suis avocat depuis 1984. La plupart du temps, je suis du côté de celui que vous pouvez être tenté d’appeler « le monstre » ; mais il m’arrive aussi d’épauler des victimes, dont la souffrance me transperce quel que soit le rôle que je tiens. Parce que je ne suis ni fasciné par le crime, ni aspiré par le mal, ni émoustillé par la sauvagerie. Faut-il être malade pour être un bon médecin ? L’avocat n’est pas un moraliste : il a fait des études de droit. Il a appris que la procédure pénale n’a pas pour objet de séparer le bien du mal, mais de permettre à la justice de faire son œuvre tout en garantissant les libertés individuelles et en sauvegardant la présomption d’innocence."