« Tabucchi, le bel Antonio Tabucchi, est depuis quelque temps la coqueluche de l’édition italienne. Il vient de franchir les alpes sous la calandre de Christian Bourgois, nous apportant un brin de fraîcheur et une immense fantaisie qui font de lui, à coup sûr, le plus précieux rejeton du très docte tandem Calvino-Pirandello. Spécialiste de l’entourloupette, grand manitou du mirage, Antonio Tabucchi nous prouve que la nouvelle vague italienne, aujourd’hui, a bel et bien abandonné les pesants labourages du réalisme et de l’engagement pour s’en aller gambader sur de frêles gazons où tout n’est que jeu, badinage, leurre et mensonge. Aussi biscornu que sa tour de pise natale, aussi affecté que le fourbe Pessoa dont il est le spécialiste, plus borgésien que Borges, Tabucchi, quarante-quatre ans, chante le retour à la littérature pure, la vraie, celle qui n’a pas d’autre alibi qu’elle-même ! comme ses jeunes comparses Daniele Del Giudice ou Andrea De Carlo, il aime l’écriture minimale, les phrases en sauts de puces, les formes brèves, toute une microspéléologie avec laquelle l’écrivain sonde ses propres errances, ses incertitudes, ses diaboliques glissades dans ce grand vide central dont le roman se nourrit depuis qu’il est ce qu’il est : une machine à distiller les chimères, un alambic à illusions. » — André Clavel, Le Matin, 1987.
Antonio Tabucchi was an Italian writer and academic who taught Portuguese language and literature at the University of Siena, Italy.
Deeply in love with Portugal, he was an expert, critic and translator of the works of the writer Fernando Pessoa from whom he drew the conceptions of saudade, of fiction and of the heteronyms. Tabucchi was first introduced to Pessoa's works in the 1960s when attending the Sorbonne. He was so charmed that, back in Italy, he attended a course of Portuguese language for a better comprehension of the poet.
Femme de Porto Pim et autres histoires: de courts chapitres autour des Açores: ses occupants, leurs occupations, des anecdotes, comme un journal de voyage incluant coupures de presse, impressions, petits croquis, un régal!
Nocturne indien: un voyage improbable en Inde, un homme y cherche son ami, et finit par se trouver lui-même. Enfin plus ou moins. Enfin quelque chose comme ça. Il y flotte comme une odeur de songe d'une nuit d'été, par une magie indéfinissable, des rêves inattendus et de belles rencontres.
Le fil de l'horizon: une enquête obsédante, limite incompréhensible, par un personnage inattendu. Je n'ai pas été convaincue.
Requiem: voyage onirique à Lisbonne. Peut-être l'histoire qui me reste le plus en mémoire, pleine de fantaisie, de grand n'importe quoi, de générosité, d'humour, d'inattendu. Superbe.
Au final, un recueil léger, à l'écriture impeccable, comme j'aime, sans fioriture, et en même temps pleine de charme et d'humour. Seul Le fil de l'horizon ne m'a pas convaincue, ou du moins m'a paru bien terre à terre après les 3 premiers, si inattendus, si charmants. J'avais peur de m'attaquer à ce recueil somme toute assez costaud, et j'ai fini par le dévorer en 2 semaines!