En moins de dix ans de carrière, Jane Austen a révolutionné la romance littéraire, l'utilisant comme une scène pour aborder des questions de politique de genre et de conscience de classe rarement exprimées à son époque.
Cette intégrale illustrée contient l'intégralité des romans de Jane Austen : Raison et Sentiments (1811), Orgueil et Préjugés (1813), Mansfield Park (1814), Emma (1815), Northanger Abbey (1818) et Persuasion (1818). Un livre objet exceptionnel agrémenté de nombreux effets de fabrication : 3 dorures (or, argent et rose), Signet Jaspage avec la signature de Jane Austen, marquage en creux.
Jane Austen was an English novelist known primarily for her six novels, which implicitly interpret, critique, and comment upon the English landed gentry at the end of the 18th century. Austen's plots often explore the dependence of women on marriage for the pursuit of favourable social standing and economic security. Her works are an implicit critique of the novels of sensibility of the second half of the 18th century and are part of the transition to 19th-century literary realism. Her deft use of social commentary, realism and biting irony have earned her acclaim among critics and scholars.
The anonymously published Sense and Sensibility (1811), Pride and Prejudice (1813), Mansfield Park (1814), and Emma (1816), were a modest success but brought her little fame in her lifetime. She wrote two other novels—Northanger Abbey and Persuasion, both published posthumously in 1817—and began another, eventually titled Sanditon, but died before its completion. She also left behind three volumes of juvenile writings in manuscript, the short epistolary novel Lady Susan, and the unfinished novel The Watsons. Since her death Austen's novels have rarely been out of print. A significant transition in her reputation occurred in 1833, when they were republished in Richard Bentley's Standard Novels series (illustrated by Ferdinand Pickering and sold as a set). They gradually gained wide acclaim and popular readership. In 1869, fifty-two years after her death, her nephew's publication of A Memoir of Jane Austen introduced a compelling version of her writing career and supposedly uneventful life to an eager audience. Her work has inspired a large number of critical essays and has been included in many literary anthologies. Her novels have also inspired many films, including 1940's Pride and Prejudice, 1995's Sense and Sensibility and 2016's Love & Friendship.
Romances et drames sociaux dans la société anglaise du XIXème siècle.
Une intégrale particulièrement riche qui nous permet de découvrir une plume acérée qui n'hésite pas, sous couvert de romance, d'égratigner les mœurs ridicules de l'époque ou les considérations sociales trop malvenues. Si je reprocherai peut-être à Jane Austen un manque d'implication du lecteur, ma pensée restant toujours éloignée des protagonistes et ne m'inquiétant pas pour eux, je ne peux cependant que louer son ton mordant et ironique !
Orgueil & préjugés
Dans un petit bourg anglais, Mrs Bennet rêve de marier ses filles. Tandis que Jane Bennet semble vivre une idylle prometteuse avec le nouveau voisin, le charmant Mr Bingley, l'ami de ce dernier, le taciturne Mr. Darcy, semble bien antipathique aux yeux d'Elizabeth Bennet.
Un véritable régal que de relire ce roman dont j'avais oublié la plus grande majorité. Si Jane Austen nous narre parfois des événements qui peuvent paraître graves, l'ambiance globale du roman reste bien plus légère que dans un livre des sœurs Brontë et cette ambiance participe grandement au plaisir de lecture.
Si l'histoire est généralement connue dans ses grandes lignes et ne m'a donc pas tant surpris que cela, c'est surtout par son talent pour esquisser des caractères particulièrement savoureux qui m'a marqué. Si je ne pouvais plus supporter Mrs Bennett à la fin tant elle m'insupportait avec son obsession du mariage, mon coup de cœur va sans hésitation à Mr. Collins. J'ai rarement vu un personnage aussi bête. Jane Austen a réussi à perpétuellement m'amuser avec cet homme terriblement imbu de sa personne qui ne comprendre rien à rien. Une des plus grandes réussites du roman selon moi !
Orgueil & préjugés est une petite pépite que je ne peux que vous conseiller ! La plume de Jane Austen sonne juste à chaque chapitre et transcrit tout son talent.
Raison & sentiments
Après la mort de Mr. Dashwood, sa femme et ses deux filles doivent quitter leur maison face à l'attitude de sa belle-fille. Les deux jeunes sœurs Dashwood, Elinor et Marianne, vont alors expérimenter l'amour de manières très différentes, l'une en tentant de s'affranchir des convenances, l'autre de manière digne et réservée.
Encore un excellent moment de passé sous la plume de Jane Austen. J'avais peur en lançant ma lecture que le roman ne soit qu'une copie un peu altérée d'Orgueil et préjugés mais il n'en est rien. Les sœurs Dashwood ont leur propre caractère et leur mère n'a rien de la sottise d'une Mrs Benett.
Le lecteur se laisse facilement prendre à cette histoire avec Willoughby car, comme pour Marianne, les faits semblent nettement établis et il paraît improbable que rien ne vienne perturber cette idylle, rendant le tout encore plus savoureux lorsque cela survient. Impossible toutefois de ne pas voir dans ce roman une certaine leçon, la douce et pudique Elinor étant bien plus digne d'éloge que son inconséquente sœur.
Ce qui rend ce texte si sympathique, c'est bien sûr avant tout la plume de Jane Austen qui nous conte encore une fois un morceau si vivant de la société anglaise avec des personnages haut en couleurs, parfois perfides, parfois involontairement drôles par moment. Mrs Palmer est à ce sujet l'un des personnages les plus drôles de par ses très nombreuses contradictions comme le souligne cette citation incroyable : "Elle était résolue à cesser de le fréquenter sans délai et se disait grandement soulagée de n'avoir jamais été en relation avec lui. Elle regrettait de tout cœur que Combe Magna fut si près de Cleveland, mais cela n'avait pas d'importance car c'était bien trop éloigné pour s'y rendre. Elle le détestait tant qu'elle était résolue à ne plus jamais prononcer son nom. D'ailleurs il lui faudrait dire à tous ceux qu'elle verrait quel vaurien il était." Lorsque l'on prend le temps d'analyser cette citation, on se rend compte de toute la finesse de la plume de Jane Austen pour faire ressortir le caractère contradictoire de son personnage. Comment ne pas citer également le colonel Brandon, pour qui j'ai eu beaucoup de peine et d'affection au long du roman. Le roman est remplie de figures, bienveillantes ou malveillantes, au caractère bien dessiné.
Cette satyre mordante de la société anglaise se ressent également dans le dénouement de l'intrigue qui m'a bien fait rire quand au destin de deux des personnages, détestables par nature.
Emma
Emma Woodhouse habite près de Highbury, seule avec son père hypocondriaque. Le passe-temps principal d'Emma est de se mêler des affaires sentimentales de ses voisins afin de tenter d'arranger un mariage.
Une lecture fort sympathique mais qui dénote avec les deux premiers romans de cette intégrale. En effet, là où ces derniers mettaient en place une intrigue assez prenante avec des retournements de situation, Emma est un roman bien plus calme, qui nous présente surtout la vie des bourgeois de la campagne londonienne. Ce ton plus posé s'avère cependant être une petite déception lorsque l'on se rend compte que l'intrigue en pâtit tout de même. Effectivement, rien n'est une surprise. Bien que Jane Austen mette en place plusieurs quiproquo, ces derniers sont visibles d'emblée et j'avais deviné à la moitié du roman qui finirait avec qui.
Les personnages sont également moins marquants, bien que je retienne M. Woodhouse, mais pas forcément pour de bonnes raisons. Son caractère hypocondriaque est poussé à l'extrême et, dès la moitié du roman, j'avais une furieuse envie de le secouer afin de le faire taire dès qu'il s'apprêtait à parler pour expliquer qu'il ne fallait pas faire telle ou telle sortie de peur de tomber malade.
Malgré ces quelques défauts on retrouve avec plaisir le charme de la société anglaise de l'époque, avec ses scandales, ses bals ou encore ses conventions rigoristes. Emma reste un bon livre, mais un livre trop long pour son propre bien, étant un peu plus long qu'Orgueil & préjugés et Raison & sentiments malgré une intrigue moins prenante !
Persuasion
La vie n'est pas facile pour Anne Elliot. Encore célibataire à 27 ans, vivant avec un père et une grande sœur orgueilleux et trop dépensiers, elle apprend par ailleurs que son ancien prétendant, qu'elle a rejeté sur les conseils d'une amie de sa mère, va venir vivre dans la région en même temps qu'elle !
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans Persuasion. Il faut dire que le premier abord est assez déconcertant tant tous les personnages, Anne exceptée, apparaissent comme détestables au début du roman. Même Lady Russell, pourtant censée être une figure maternelle bienveillante pour Anne, s'avère pétrie de préjugés la rendant parfois désagréable. Fort heureusement, le roman réussit ensuite à installer son histoire et cette dernière se laisser suivre avec plaisir, sous la plume toujours mordante de sa narratrice, durant toute la première moitié.
J'ai par contre un peu moins apprécié la seconde moitié située à Bath, partie durant laquelle j'ai trouvé que l'intrigue perdait un peu en intérêt, la faute principalement à une société au final beaucoup moins intéressante que celle des Musgrave. Les Elliot s'avèrent particulièrement insupportables.
Si Persuasion ne révolutionne en rien les romans de Jane Austen, on y retrouve la formule classique du quiproquo avec résolution à la fin, et est probablement celui qui m'a le moins plu pour l'instant, il n'en est pas moins une œuvre solide et sympathique à lire. Toutefois, tout comme Emma, je pense que le roman aurait pu s'épargner quelques pages sans souci.
Mansfield Park Lorsque la jeune Fanny Price est adoptée par son oncle et sa tante, elle vient s'installer au domaine de Mansfield Park. Elle va alors se lier d'une amitié profonde avec son cousin Edmund Bertram.
Un excellent roman que j'ai préféré aux derniers que j'avais lu. Si Mansfield Park reste l'un des plus long, il a le mérite de varier un peu la formule en s'étendant sur une dizaine d'année, débutant alors que Fanny est âgé de 8 ans.
Sans révolutionner le genre de Jane Austen, ce roman contient des passages vraiment sympathiques comme tout un arc scénaristique sur l'élaboration d'une pièce de théâtre, et les personnages font probablement partie de ceux que j'aurais le plus apprécié dans tous les romans de cette intégrale. J'ai d'ailleurs failli me faire mystifier par l'un d'entre eux avant de voir fort heureusement mon jugement confirmé !
Probablement l'un de mes préférés avec Orgueil et préjugés !
Northanger Abbey La jeune Catherine Morland découvre la vie mondaine de Bath. Elle y fait la rencontre du charmant Henry Tilney mais également du très directif John Thorpe.
Un dernier roman plutôt court qui m'a également beaucoup plu. La première partie située à Bath et qui sert à présenter les personnages s'est avérée très divertissante grâce à la présence particulièrement horripilante de John Thorpe. S'il est vrai que Catherine n'est pas particulièrement maligne pour comprendre les sous-entendus des conversations, on ne peut cependant que blâmer Thorpe pour sa lourdeur et ses manières dignes d'un soudard, donnant envie au lecteur de lui souhaiter bien du mal...
La deuxième partie est également une réussite. Tandis qu'Austen profite de son roman pour mettre en avant les préjugés ridicules de l'époque sur la lecture de romans, et principalement de romans gothique, mettant en avant Les mystères d'Udolphe, elle va finalement plus loin en transformant le temps de quelques chapitres son propre roman en roman gothique ! Bien que la conclusion reste attendue, on ne peut cependant pas bouder son plaisir devant cette deuxième partie plutôt atypique pour un roman de Jane Austen !