La vie têtue est une déclaration d’amour à une soeur aînée disparue. Un portrait tout en finesse, tout en tendresse malgré la douleur. Mais c’est aussi les bribes d’une enfance à la campagne et le récit d’une femme hantée par les lieux de son enfance, qui finit par y revenir pour questionner l’héritage des femmes de sa famille, la transmission des violences et des traumatismes.
C’est, avec Deux ou trois choses dont je suis sûre de Dorothy Allison, l’un des textes les plus marquants que j’ai lu récemment sur les liens familiaux : comment ils nous construisent, comment ils nous abîment mais peuvent aussi nous donner de la force. L’exploration du lien sororal est d’autant plus puissante qu’il faut conjurer l’absence, en convoquant sans cesse les corps, les odeurs, les sensations. Comment ce lien peut-il perdurer après le deuil ? Pas de réponse définitive, mais la forme du récit, qui se cherche aussi du côté de la poésie et des blancs sur la page, rend justice à l’émotion dégagée.