The Gay Village in Montreal is a vibrant and unique neighborhood born in the 1980s. It serves as the locus of much of the social life of LGBTQ persons, and is the site of many celebrations including annual pride activities such as the Divers/Cité arts and music festival, Community Day, and the Pride parade. As a result, it has become a popular draw for tourists from around the world. Montreal's Gay Village explores the neighborhood from a variety of vantage points and attempts to answer many salient questions about its origins, name, residents, and - When and why did the Village emerge as a gay neighborhood? - Where did it get its name? - Who are the residents of the Village? - Is the Village primarily a space for gay men, or is it open to a diverse group of people? - Is it truly a village, or is it a ghetto-and what are the differences? - Is it a safe neighborhood to live in and visit? - How do LGBTQ persons, tourists, the media, the city, and the tourist industry view the Village? - Does the Village have a future as a viable gay neighborhood? This scholarly profile explores the answer to these and many other questions regarding this unique, internationally known community.
Le livre du sociologue Donald W. Hinrichs, publié en 2011, présente l'histoire et les caractéristiques sociodémographiques du Village gai de Montréal. Ce quartier, circonscrit par le boulevard René-Lévesque et les rues Ontario, St-Hubert et Papineau, accueille depuis les années 1980 une forte concentration de commerces et de ressources destinés aux personnes queers, en particulier aux hommes gais. Peu de membres de la communauté LGBTQ+ y vivent, le Village est surtout, pour les lesbiennes, les transgenres ou les familles homoparentales, un symbole de leur présence dans Montréal.
Entre les années 1950 et 1980, la communauté LGBTQ+ de Montréal se rassemblait dans des bars le long de la rue Peel, du côté anglophone de l'Île. Le Square Dorchester était alors un espace de cruising privilégié, garni d'arbres et de végétation touffue. Si les queers ont pu s'approprier un quartier aussi proche du centre-ville, à une époque où l'homosexualité était inscrite au Code criminel du Canada, c'est en raison de son abandon total par les industries, après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Lorsque l'élite économique s'y est intéressée de nouveau, en vue des Jeux Olympiques de Montréal (1975), elle a intimé la Ville d'agir pour déplacer une population qu'elle jugeait déviante, voire dangereuse pour l'ordre public. Conséquemment, le maire Jean Drapeau a fait réaménager le Square, de manière à mettre fin au cruising. Il a aussi incité le Service de Police de Montréal (SPVM) à conduire des descentes dans une dizaine de bars. La vague de répression a culminé avec l'arrestation de plus de 130 personnes en une nuit, au Le Truxx ; elle a chassé la clientèle des bars queers au point d'en entraîner la fermeture - du « Old Village », il ne reste aujourd'hui que le Café Cléopâtre, au coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent.
Le Village gai qu'on connaît aujourd'hui a émergé dans Ville-Marie, plutôt que dans un autre arrondissement de Montréal, parce qu'on y trouvait une forte concentration de bâtiments commerciaux vacants - les loyers y étaient donc plus bas qu'ailleurs. Les inaugurations consécutives de 3 bouches de métro (1966), de l'Université du Québec à Montréal (1969) et de la Maison Radio-Canada (1973) à proximité auraient aussi contribué à attirer les entrepreneurs et les prestataires de services de la communauté LGBTQ+ dans le quartier. Son nom se serait popularisé après l'ouverture du Cinéma du Village, lui-même nommé d'après Greenwich Village, un quartier gai de New York.
Le livre souffre d'un traitement superficiel de son sujet, les analyses thématiques comportent plusieurs angles morts. Par exemple, la pratique du cruising au Parc Lafontaine et sur le Mont Royal est abordée, mais pas son contrôle par le SPVM. De même, l'auteur évoque les tensions entre les commerçants et les personnes en situation d'itinérance dans le quartier, sans développer sur les distinctions de classe entre les membres de la communauté LGBTQ+ - il présente même les itinérants comme des personnes extérieurs à la communauté, alors que les statistiques prouvent le contraire. Par ailleurs, les descriptions fournies par Hinrichs des dynamiques sociales du Village relèvent souvent du ressenti. À titre d'illustration, l'auteur affirme que la fierté est le point culminant de l'année pour la communauté, malgré que les données montrent qu'une minorité de personnes queers y assistent. En outre, il propose que la Révolution Tranquille a généré mécaniquement une acceptation des personnes queers dans la population québécoise, quand bien même les crimes haineux persistent. J'ai souvent eu l'impression de lire un Blanc gai pour qui la communauté LGBTQ+ se résume à une poignée d'investisseurs mâles et à leurs clients. Un peu à l'image du quartier, le livre se désintéresse des expériences lesbiennes et transgenres, racisées, ouvrières et criminalisées, comme si elles étaient facultatives pour nous comprendre.