La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge.
Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue.
Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité.
Au cours d’une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu’est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d’enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore...
Roman d’initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d’amour, La ballade de Lila K est aussi un livre qui s’interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.
« La Ballade de Lila K », un livre qui fait penser au « Big Brother » de George Orwell et surtout à Margaret Atwood et à ses histoires dystopiques décrites dans « The Handmaid’s Tale » et la suite, « The Testaments ». En même temps, c’est un hommage à Kafka, évident dès le titre du roman, « K » le personnage ostensiblement d’après Kafka. Il s’agit d’une société futuriste, à moins de cent ans de la nôtre, où tout est contrôlé par « l’état de droit ». La société est envahie par des caméras, il y a des dossiers sur chacun, même sur les animaux de compagne, et tout est programmé : la sexualité, la conception, la contraception, la nutrition, les analyses médicales, les injections dans le visage. Les lectures sont numérisées et censurées, et il n’y a plus de livres en papiers, en raison « d’allergies ». En dépit de la « sécurité » et de la « protection », certains « gens normaux » décident de s’Installer « extra muros », dans « la Zone » pour échapper à la surveillance permanente, car « il ferait bon y vivre malgré la crasse et l’insécurité » p. 352 La fin est ouverte et je voudrais croire qu’il y ait de l’espoir et que « amor vincit omnia » (l’amour conquiert tout) mais, je cite encore une fois Margaret Atwood, « anything can happen anywhere, given the circumstances ».