"Ceci est un livre qui brûle. L'avertissement est clairement formulé : voici, nous dit l'avis "aux lecteurs", le larcin de Prométhée, le héros tragique qui, un jour, vola le feu aux dieux et le révéla aux hommes. Ce livre est un feu qui couvait, tant qu'il était caché, et qui, maintenant qu'il est découvert, volé à son auteur et répandu à travers le monde, s'embrase à la lecture. Dans une gravure protestante du temps des guerres de Religion, on voit Calvin, Luther et les principaux Réformateurs assiégeant la ville de Rome et jetant en guise de projectiles des Bibles enflammées par-dessus les murailles. Tels apparaissent Les Tragiques publiés en 1616 au commencement du règne de Louis XIII. Inopportun, anachronique et d'un style passé de mode, le poème est un brûlot lancé depuis le désert huguenot dans la France catholique de l'aube du Grand Siècle", Frank Lestringant.
This is a rhymed essay written in 1616 by Agrippa d'Aubigné, Madame de Maintenon's grandfather. This text is composed of couplets about the events occurring during the French Wars of Religion between the Catholics and the Huguenots (Protestants). The language used is markedly modern, with learned words and words drawn from Flemish and other regional dialects.
For those of you who may be tempted to read it, get ready for a lot of atrocities, abuse and calls for divine retribution against the Catholics. Besides, brace yourself for a remarkable example of fiery style and unfaltering resolution, exposing the injustices and horrors committed following the Saint-Barthélémy Massacre (that is, those committed by the Catholics against the Protestants).
Écrit en 1616, c'est un essai rimé d'Agrippa d'Aubigné, le grand-père de Madame de Maintenon. Le texte prend la forme de distiques baroques sur les évènements des Guerres de Religion. La langue est résolument moderne, les mots sont tirés aussi bien de la langue savante que de l'oralité flamande ou régionale, plus généralement.
Pour ceux que ça pourrait tenter, préparez-vous à lire pas mal d'atrocités, d'invectives et d'appels à la vengeance divine. Vous pouvez aussi vous attendre à lire un style bien délié, et une résolution qui ne faiblit pas, de bout en bout : celle de porter témoignage des injustices et des horreurs commises à la suite de la Saint-Barthélémy. Enfin, entendez celles qu'ont commises les Catholiques sur la personne des Protestants.
Всё это было! Было это! И вот опять всё повторилось. Куда не направляй ты взор, ведь ничего, увы, не изменилось. Опять! Опять позор. Нет, старания напрасны будут, как не взывай ты к совести людей, тебе и рифма не нужна, покуда люди остаются хуже сволочей. Такая истина нам издревле ясна. Для того прошлое подаётся в качестве примера, кто бы брался его изучать, пусть лучше теплится в надежду вера, чем проявить терпение и об ошибках собственных узнать. В том тягость мысли, благо литература сохраняет в века канувшего след, и вроде мы к тому привыкли, но не понимаем источника всех нынешних бед. Что же, оглянитесь назад, возьмите Ревича стихи, не из стремления переводить Обинье он старался. Александр показывал тем устремления свои, дабы звон мечей ушей мирного люда никогда не касался.
Он сочинил творение. И как же ему быть? Забыть как наваждение? И память о нём смыть? Но не таков Агриппа. Нрава он не таков. Им ни минута не забыта, в его власти магия слов. Он так писал, как до него никто не мог писать. Он сочинял, на тысячу в строках сбивался. Может потому и смог великим он поэтом стать, поскольку ярким поэтом всегда быть старался. Кто же он – Агриппа Обинье? Сей муж не ведом каждому потомку. Не измеришь талант его сотней лье и не сложишь в котомку. Как писал Обинье, с тем разве соловью сравниться. Писал он о добре и о зле, но не мог с несправедливостью смириться. Пришлось ему однажды остановиться, осмысленно всмотреться в горизонт, мудростью греков и римлян он предпочитал насладиться, в мыслях отправляясь на какой-нибудь понт. Там, где-то в выси, где гора Парнас: где музы живут. Оттуда нисходит поэзии Агриппы суть до нас. Герои его поэм в наших сердцах родятся и умрут.
Le récit d'Aubigné décrit le courage féroce des huguenots, ces protestants français devant les persécutions catholiques. D'Aubigné raconte des trucs durs, des événements de persécution insoutenables pour les chrétiens grassouillets d'Occident, mais des scènes que les chrétiens du Pakistan, de l’Iran, de la Turquie ou de l'Égypte, eux, sauraient bien imaginer car cela fait partie de leur quotidien. Évidemment touchant la forme de cette oeuvre, si nous pensons « poésie », règle générale cela nous fait penser au genre romantique, mais à l'époque d'Aubigné il était courant d'écrire en vers une gamme littéraire très vaste, dont même des oeuvres politiques ou critiques.
Ce recueil, qui est en fait une épopée en 7 livres, est particulièrement atypique. Les guerres de religions et l'opposition naissante entre catholiques et protestants prennent toute la place dans le texte d'Agrippa d'Aubigné. Le texte est excessivement difficile : bourrée de références mythologiques, religieuses et historiques, l'épopée est difficilement compréhensible sans lire quelques notes (même si, naturellement, des passages sont assez clairs). Le vocabulaire est difficile et parfois déjà archaïque pour le XVIè-XVIIè siècle : heureusement, un petit lexique est prévu à la fin de l'édition NRF.
La satire du pouvoir, des rois et des mignons est assez présente et comme un fer de lance pour l'auteur : c'est un aspect non-négligeable. L'esthétique, elle, est probablement dépassée pour l'époque de la publication (il a mis plusieurs dizaines d'années à achever son oeuvre) ce qui explique que l'oeuvre n'a pas vraiment été appréciée à l'époque.
La place de Dieu, de la religion, de la vérité sont aussi des éléments que l'on retrouve dans ce texte.
Lire ce texte est un vrai défi, parce que la forme et le contenu sont très loin de notre époque. J’ai aimé les deux premiers livres, intitulés Misères et Princes, mais j’ai trouvé le reste de l’œuvre trop long et lent. Toutefois, les références à l’histoire et à la religion de l’auteur sont très importants. Aubigné défend le parti protestant par l’épée et par la plume. Les Tragiques est une épopée huguenote de style baroque et, comme le dit Lestringant dans sa préface, ceci est un texte qui brûle. Le feu purificateur et le sang des victimes dominent toute l’œuvre. Un autre motif récurrent est la figure de la mère sanglante. Aubigné s’enflamme contre ceux qui considère comme les responsables des persécutions, en particulier contre la reine Catherine de Médicis. Il décrit le massacre de la Saint-Barthélemy et il dénonce la politique de conversion du roi Henri IV. Il s’agit d’un tombeau consacré aux martyres des guerres de religion.
Parfois peu accessible Souvent très puissant par son usage de l'hypotypose Souvent terrible, aussi, et poignant Un regard intéressant sur les relations entre le genre et le pouvoir politique
I was supposed to read this in the summer for my French class, better late than never???? - even though I wish I had never read it. I mean when you try to denounce a cruel massacre, at least do it in a way that will make people want to read about it????? I'm so glad this school year will be over soon and I won't have to think about this book anymore.
[KH] Cette lecture obligatoire s'avérait assez difficile de prime abord : une oeuvre ancienne, avec des tournures de vers compliquées avec sujets-verbes inversés, des mots du XVIème siècle, des références bibliques et, pour son époque, contemporaines, et des poèmes longs de plus de 40 pages. Tout cela m'offrait donc une lecture périlleuse et entrecoupée, longue et déplaisante. Cependant, je dois bien avouer que j'ai été surprise de comprendre autant de passages, et autant de références.
Aidée de mes recherches, j'ai pu découvrir et analyser des vers, des paragraphes entiers, et constituer ma propre approche du récit versifié. Un crayon en main, j'ai également pu annoter, déchiffrer, et reconstituer le sens des vers, déceler les identités cachées... un vrai travail de généalogie parfois !
Il m'a fallu retracer l'Histoire, suivre les Guerres de Religion, m’intégrer dans ce paysage d'horreur, m'inviter à la Cour; prendre part aux évènements et rencontrer les différentes figures princières. Pourquoi tant de haine envers la régente Catherine de Médicis ? Pourquoi user d'une tare d'un prince comme d'une attaque fondée et justiciable ? Les réponses sont plus ou moins expliquées parmi les alexandrins, mais les recherches sont primordiales pour comprendre le plus de choses possibles.
Il est indéniable que d'Aubigné est un poète talentueux et louable ! N'oublions pas qu'il a d'abord publié cette oeuvre anonymement, car il y attaquait les Grand de ce temps, mais également car le sujet des guerres, qui plus est, des guerres de religion était un sujet très houleux. Ses très nombreuses références à la Bible ou à d'autres auteurs de son temps, ou Antiques, parcourent son récit et prouve une fois de plus que l'auteur a su allié Histoire, opinion et culture.
Je ne peux pas dire que je n'ai pas apprécié ma lecture car elle m'a appris "beaucoup" de choses, le fond est très intéressant et cela m'a donné envie d’approfondir mes recherches; mais pour la difficulté de lecture, l'avancée assez lente durant celle-ci : Note : 2/5.