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Orwell ou l'horreur de la politique

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petit in-8, broché, couverture illustrée, 115 pp. 1 feuillet un peu jauni et froissé. Sinon très bon état.

115 pages, Paperback

First published January 1, 2007

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About the author

Simon Leys

53 books77 followers
Simon Leys is the pen-name of Pierre Ryckmans, who was born in Belgium and settled in Australia in 1970. He taught Chinese literature at the Australian National University and was Professor of Chinese Studies at the University of Sydney from 1987 to 1993. He died in Sydney in 2014.

Writing in three languages - French, Chinese and English - he played an important political role in revealing the true nature of the Cultural Revolution. His many prizes include the Prix Renaudot, Prix mondial Cino Del Duca and the Christina Stead Prize.

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Profile Image for Nicolas.
87 reviews28 followers
July 31, 2015
Dans cette vision revisitée (2006) d’un essai initialement publié en 1984, l’essayiste Simon Leys – nom de plume de Pierre Ryckmans qui décéda voici presque un an – opère quelques mises à jour essentiellement d’ordre bibliographique au premier manuscrit.

« J’aime la cuisine anglaise et la bière anglaise, les vins rouges français et les vins blancs espagnols, le thé indien, le tac noir, les poêles à charbon, la lumière des bougies et les fauteuils confortables. Je déteste les grandes villes, le bruit, les autos, la radio, la nourriture en boîtes, le chauffage central et l’ameublement « moderne » » (GO cité p. 80).



Adepte de la ligne claire, le style d’Eric Blair, alias George Orwell serait à la littérature un peu ce que le dessin au trait est à la peinture (p. 73). Aussi, Leys souligne avant tout la contribution stylistique apportée par l’auteur emblématique d’Animal Farm et de 1984 qui prône « la transmutation du journalisme en art, la récréation du réel sous le déguisement d’un reportage objectif, minutieusement attaché aux faits » (p. 20). Similairement à chez Wilde (« la nature imite l’art »), l’imagination n’a pas seulement une fonction esthétique, mais aussi éthique. Pour que celle-ci ait un sens, il faut littéralement inventer la vérité (p. 28).

Pour Orwell : « Ce qui a toujours été mon souhait le plus cher, ce serait de pouvoir transformer l’essai politique en une forme d’art » (GO cité p. 82). Il désirait pour ce faire « délibérément choquer ses lecteurs et leur rappeler que, dans l’ordre normal des priorités, il faudrait quand même que le frivole et l’éternel passent avant le politique » (GO cité p. 50). Un désir de choquer quasi nietzschéen (Nietzsche considérait comme première et dernière exigence du philosophe « intempestif » la nécessité d’être « la mauvaise conscience de son temps – c’est pourquoi il lui faut connaître son temps » [1]).

George Orwell : penseur éminemment actuel et non inactuel, mauvaise conscience de son temps (et des temps à venir), observateur participant à l’« imagination sociologique » lui permettant « d’extrapoler, à partir d’éléments, d’expérience extrêmement ténus et fragmentaires, la réalité massive, complète, cohérente et véridique du gouffre totalitaire au bord duquel nous nous trouvons aujourd’hui sui précairement suspendus » (p. 29).

Reste qu’à travers ce portrait succinct proposé par Leys transparait un Orwell résolument politique (et non apolitique comme le laisserait deviner le titre de l’ouvrage). À l’instar d’un Thomas Mann par exemple, la nuance se mesure dans l’engagement de l’écrivain pour diverses causes ; sa séquence birmane (enrôlé dans sa jeunesse dans les forces de polices) ou durant la guerre d’Espagne, voire dans son virulent antipacifisme et encore dans son rejet farouche des structures politisées, son dégoût des partis qui se comportent en « maîtres des lieux » :

« L’État en arrive à se confondre avec le monopole d’un parti dont l’autorité ne se fonde plus sur aucune élection , en sorte que l’oligarchie et les privilèges se trouvent restaurés, étant maintenant basés sur le pouvoir et non plus sur l’argent » (GO cité p. 67).



Leys note qu’Orwell s’était lui-même décrit comme un « anarchiste conservateur » – Anarchiste Tory – qui évolua vers le socialisme :

« Depuis 1936, chaque ligne de mes travaux sérieux n’a plus eu qu’un objet : lutter directement ou indirectement contre le totalitarisme pour le socialisme démocratique tel que je le comprends » (GO cité p. 43).



Orwell avait d’ailleurs clairement perçu que le fascisme contre lequel il lutta notamment en Espagne, était en fait « une perversion du socialisme », et que, « malgré l’élitisme de son idéologie, c’était un authentique mouvement de masse, disposant d’une vaste audience populaire » (p. 46). Or de quel socialisme s’agit-il ? Ignorant le marxisme, Orwell avait un mépris total (et justifié) pour une bonne partie de l’intelligentsia socialiste ; il maudissait l’ensemble de l’expérience communiste ; il pensait que « toutes les révolutions sont des échecs » relate Leys. « En fait, poursuit-il, il voulait redécouvrir ce qu’il considérait comme les valeurs essentielles du socialisme, cet idéal de « justice et de liberté » qui se trouvait maintenant « entièrement enseveli sous des couches superposées de prétentions doctrinaires et de progressisme-à-la-dernière-mode, en sorte qu’il est comme un diamant caché sous une montagne de crottin. La tâche d’un vrai socialiste et de le ramener au jour » (p. 66). Par conséquent, « c’est précisément parce qu’il prenait l’idéal socialiste tellement au sérieux qu’il ne pouvait tolérer de le voir manipulé par des pitres et des escrocs. » (p. 65).

Un écrivain radical-socialiste, anarcho-conservateur et anti-idéologue (car les idéologies tuent : « [ces] malodorantes petites orthodoxies qui rivalisent pour faire la conquête de notre âme »). Un écrivain ne répondant à aucune discipline de parti.

« Sentimentalement je suis définitivement « à gauche », mais je suis convaincu qu’un écrivain ne peut demeurer honnête que s’il se garde de toute étiquette de parti (…) Quels que soient les autres services qu’il devrait rendre à son parti, il ne peut en aucun cas mettre sa plume au service du parti. » (GO cité pp. 80-83).



Un rapport aux structures partisanes (de gauche) qui inspira à Leys le titre de son livre : « Ce que j’ai vu en Espagne, et ce que j’ai découvert depuis, concernant les opérations internes des partis politiques de gauche, m’ont donné l’HORREUR DE LA POLITIQUE » (GO cité p. 52).

« Aujourd’hui, je ne vois pas qu’il existe un seule écrivain dont l’œuvre pourrait nous être d’un usage pratique plus urgent et plus immédiat » (p. 76) estime Leys. Or, dans un article publié récemment dans Slate.fr, Robin Verner revenait sur Le printemps orwellien des intellectuels français. Un engouement aussi unanime qu’inattendu, Orwell serait à nouveau tendance :

Figure cardinale pour des philosophes marqués par le socialisme révolutionnaire et indépendants de la gauche comme Jean-Claude Michéa, référence incontournable pour le controversé Laurent Obertone, auteur de La France Big Brother, fournisseur officiel de slogans-chiffons rouges de la Manif pour tous, emblème d’un comité de journalistes voulant davantage de pluralisme, c’est-à-dire de questionnements de l’idéologie libérale, Orwell est invité à toutes les tables.



Leys revient également sur cette récupération en tordant le cou à certaines idées fausses. Orwell de droite ? Orwell conservateur ? Pour l’écrivain anglais : « la vraie distinction n’est pas entre conservateurs et révolutionnaires mais entre les partisans de l’autorité et les partisans de la liberté » (GO cité p. 80), estimant encore que « c’est peut-être un mauvais signe pour un écrivain de n’être pas suspect aujourd’hui de tendances réactionnaires, tout comme c’était un mauvais signe il y a vingt ans de n’être pas suspect de sympathies communistes » (GO cité p. 82). On comprend dès lors la tentation pour certains d’appliquer cette maxime à notre époque post-multikulti-droitdelhommiste.

Pour Leys, l’annexion d’Orwell par « l’autre camp » reflète donc moins le potentiel conservateur de sa pensée que « la persistante stupidité d’une gauche qui, au lieu de commencer enfin à le lire et le comprendre, s’est laissé scandaleusement confisquer le plus puissant de ses écrivains » (p. 65).

[1] F. Nietzsche, Le Cas Wagner, Paris : Allia, 2007.

À lire sur : http://wp.me/p1fGoZ-90
363 reviews5 followers
September 13, 2025
"... il était l'un des rares esprits à avoir dès le début refusé le dogme simplificateur qui voulait voir dans le fascisme "une forme de capitalisme avancé" ; il avait clairement perçu au contraire que le fascisme était en fait une perversion du socialisme, et que, malgré l'élitisme de son idéologie, c'était un authentique mouvement de masse, disposant d'une vaste audience populaire." (p.47)

"Primauté de l'individu. L'idéologie tue." (p.52)
Profile Image for Tomasz.
1,067 reviews37 followers
April 4, 2022
Cytując Modelową Recenzję z pewnego dzielnego forum o erpegach, "banal, shit, boring". Biedaesej, popełniony (zapewne z wydatną pomocą tłumaczki) mętnym językiem enuncjacji Ordo Iuris, dzięki niestarannej redakcji naszpikowany kontaminacjami z francuskiego (np. w oryginalnych tytułach dzieł Orwella). Wymowne jest też to, że tłumaczka nie rozpoznała wśród cytowanych pozycji "Utopii u władzy", a jej współautora, Aleksandra Niekricza, niewolniczo za francuskim oryginałem nazywa Alexandre Nekrichem. Gorąco odradzam.
Profile Image for Jean Bernatchez.
5 reviews3 followers
January 17, 2026
Lue, la réédition en 2025 d'un ouvrage de 1984 de l'essayiste et romancier Simon Leys sur la pensée politique de George Orwell, l'auteur notamment de 1984. Orwell était socialiste, mais il a vertement critiqué le socialisme institutionnalisé. Jean-Claude Michéa le définit comme un "anarchiste tory" (tory, comme relatif au conservatisme britannique). Il semble que "La ferme des animaux", satire du totalitarisme soviétique, soit son livre le plus abouti. Je l'ai lu il y a quelques décennies, mais je vais sans doute remettre cela, à la lumière d'une meilleure compréhension de la philosophie politique de l'homme.
Profile Image for Alice.
76 reviews11 followers
March 24, 2021
"Quando mi accingo a scrivere un libro non mi dico «Voglio produrre un'opera d'arte». Lo scrivo perché c'è qualche bugia che voglio smascherare, qualche fatto su cui voglio attirare l'attenzione, e il mio primo pensiero è quello di farmi ascoltare. Però non potrei lavorare a un libro, e neppure a un lungo articolo giornalistico, se questa non fosse anche un'esperienza estetica. Ciò che ho sempre cercato di fare è trasformare la scrittura politica in arte."

Simon Leys mette insieme un saggio molto breve, benché rivisitato e arricchito da nuove informazioni rispetto all'edizione originale pubblicata nel 1984, riuscendo a inquadrare sia Orwell, lo scrittore, che Blair, l'uomo. Il testo resta decisamente troppo stringato per poter essere considerato esaustivo, ma grazie alla bibliografia certosina costituisce un ottimo punto di partenza per approfondire le motivazioni e il pensiero di colui che, per quanto mi riguarda, è stato l'intellettuale più intellettualmente onesto del secolo scorso.
Nota di merito per le varie chicche della serie Orwell contro l'intellighenzia di sinistra, come (riporto testualmente) "l'energica demolizione del saggio dedicato da Sartre alla questione ebraica". Il dissing che piace.
16 reviews1 follower
January 26, 2013
Edición de Acuarela & A.Machado

"La estupidez de una izquierda que, en lugar de ponerse por fin a leerlo y comprenderlo, se ha dejado confiscar de forma escandalosa al más potente de sus escritores"

"la tarea de las personas inteligentes no es rechazar el socialismo, sino dedicarse a humanizarlo"

"Uno no puede aceptar una disciplina política, sea la que fuere, y conservar su integridad como escritor"

"No puede haber progreso auténtico que no sobrevenga gracias a un incremento de la información, lo cuál requiere una constante destrucción de mitos"

"los españoles, con su decencia innata y su toque de anarquismo..."

Más sobre/de Orwell en http://biblioweb.sindominio.net/pensa...
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