« Quand on a de tels alliés, on n’a pas besoin d’ennemis ! » constate Gérard Araud dans cette relecture inédite de l’entre-deux-guerres. Un regard passionnant sur cette période cruciale où la France,lucide et terriblement seule, se battait pour sauver la paix. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la France sort victorieuse mais épuisée, durablement blessée dans sa chair et sur son territoire. L’Allemagne n’accepte pas sa défaite et se sent humiliée par le traité de Versailles. L’Angleterre, qui a limité les pertes grâce à sa géographie, trouve que la France se plaint trop. Quant aux États-Unis, ils n’ont qu’une obsession : récupérer l’argent prêté. Et en ne ratifiant pas le traité, les Américains rendent caduque la sécurité de notre frontière. Le rêve de Clemenceau d’une entente à trois s’évanouit, trahi par ses alliés. C’est en diplomate que Gérard Araud retrace cette histoire, agrémentée de savoureux portraits : Poincaré, Briand, Berthelot, Lloyd George dont Clemenceau dit qu’il est « capable de mentir huit fois dans la même journée ! », Saint-John Perse, Keynes, Barthou ou Daladier. Il raconte les avancées, les reculades, les espoirs et les trahisons de chaque acteur jusqu’au précipice de la Seconde Guerre mondiale. Au moment où la guerre est de retour en Europe et où pèse l’ombre du passé, voici une formidable et nécessaire leçon d’Histoire.
Ouvrage synthétique mais complet qui nous permet de traverser une époque cruciale de la diplomatie et plus généralement de l'histoire de France, ayant pour finalité la défaite de mai-juin 40, genèse de l'histoire moderne du pays. Loin des caricatures et raccourcis, une leçon pour notre avenir
Il n’y a pas de politique étrangère sur un horizon de recours à la force
Un mauvais compromis est meilleur qu’une bonne guerre. Ce n’est que lorsque le destin du pays est enjeux qu’il faut savoir tirer l’épée.
La France avait perdu la paix
Foch: une armistice pour 20 ans
Malgré le fait que j’ai trouvé que le livre était largement biaisé en faveur de la France et avait même un côté très anglophobe, j’ai beaucoup aimé en particulier la conclusion quand il revient sur les politiques étrangères des différents pays. J’ai aussi beaucoup aimé avoir toute cette politique de couloir entre les différents diplomates, les ministres des affaires étrangères et les présidents. Et en plus de ça avoir une certaine psychologie de leur personnage, leur comportement et pourquoi ils sont pris telle ou telle décision
Profond connaisseur de l'histoire de la diplomatie francaise, Gerard Araud nous raconte avec talent une autre version des événements successifs qui, du 11 novembre 1918 au 2 septembre 1939, bous amenèrent au desastre de mai 1940. Il n'hésite pas à nous réabiliter le traité de Versailles, mort non pas d'être "mou pour ce qu'il avait de dur et dur pour ce qu'il avait de mou" mais des erreurs de Keynes et du cynisme des américains. A partir de 1936, il nous rappelle comment la justesse des analyses de Daladier ( pour ne pas évoquer celle de Mandel et bien sûr de de GAulle) s'est heurtée à l'écrasante responsabilité de Chamberlain et à l'aveuglement francophobe de Roosevelt.
Excellente synthèse de l'histoire diplomatique d'entre deux guerre de la France. Documenté, drôle et très intéressant, on ne lâche pas cet ouvrage.
Uniquement 4 étoiles parce que ce livre aurait pu être parfois plus détaillé et plus poussé pour les passionnés et les historiens. Mais excellent tout de même !
Exceptionnel! Jette un regard très peu médiatisé sur la responsabilité des dirigeants de la france (mais surtout de l'Angleterre) sur l'emergence de la puissance nazie. Je recommande vivement!