Depuis les grottes de la préhistoire, les hommes côtoient les chauves-souris, le plus souvent sans le savoir tant elles sont furtives. Qu'elles nous effraient ou nous fascinent, elles demeurent, pour la plupart, encore méconnues et mal-aimées. Passionné depuis l'enfance, Laurent Tillon invite le lecteur à pénétrer discrètement dans leur intimité pour découvrir des animaux aux capacités surpassant de loin les pouvoirs de nos super-héros. Aujourd'hui, la découverte des multiples interactions qui nous lient à elles nous obligent à leur prêter attention. Alors que de multiples crises émergent (biodiversité, climatiques et sanitaires), les chauves-souris offrent des éclairages passionnants sur la manière de reconsidérer nos façons de vivre. Plus troublant encore : leur vie sociale est si riche et si intense que nous pourrions bien être nous-mêmes au centre des intérêts de ces fantômes qui peuplent nos nuits...
Un livre de non fiction ! Première question dans ce cas : est-il lisible ? Eh bien oui. Il est facile à lire. Par contre, cela reste de la science, le livre est écrit par un scientifique. Vraiment facile à lire, mais il faut parfois avoir le courage d'avaler bon nombre d'informations dont on sait qu'on ne les retiendra pas et qu'on n'a au fond pas besoin de savoir tout ça... enfin... pour les apprentis biologistes, ceux en dernière année du lycée, c'est justement très intéressant !
Le livre n'est pas seulement agréable à lire parce qu'il parle de chauves-souris et que le style est facile. Il y a une autre raison. L'auteur crée une ambiance chaleureuse. Les livres sur la nature ont souvent comme désavantage d'être trop moralisateurs. Pas celui-ci : il parle de chauves-souris. Ce n'est que dans la deuxième partie que l'auteur abordera le sujet des problèmes de la chauve-souris, mais de façon scientifique et sans être moralisateur un seul instant. Et surtout, l'auteur est chaleureux et modeste. Il mentionne toujours qui a inventé quoi, il nomme ses collègues, il n'y a pas de jalousie. L'équipe avec laquelle il travaille est aussi passionnée et chaleureuse. Leur comportement est ce qu'on peut appeler 'normal'. Normal, je veux dire, sans jalousie, sans ces traits de caractère médiocres. Ils sont passionnés de chauves-souris et forment équipe et travaillent ensemble. Et c'est beau de lire cette ambiance aimable. Et c'est très beau de lire le style chaleureux de l'auteur.
Les chauves-souris sont des animaux étonnamment intelligents. Ce sont des mammifères, on a même hésité à les cataloguer comme primates, car elles ont cinq doigts à chauque patte, comme les primates. Dans leur vie sociale, elle se comportent comme les éléphants, les bisons, certains singes... qui ont un cerveau beaucoup plus grand ! Dans la façon dont ils élèvent leurs et font grandir leurs bébés, ils se rapprochent très très fort des cachalots, poissons prequ'aussi grands que les baleines. L'écholocation également se ressemble. Un si grand poisson à comparer à une si petite bête que la chauve-souris ??? L'écholocation dont elles sont capables va un million de fois plus vite que celle que l'homme a essayé de copier, le sonar. Tout ce qui se passe dans la petite tête d'une chauve-souris est tel que cela semblerait invraisemblable, si on n'avait pas toutes ces preuves. Mais tout ce que ce petit animal quasi invisible la nuit sait faire de son beau corps, avec son vol inhabituel et qui fait souvent peur, parait aussi incroyable.
En plus, les chauves-souris sont très utiles à l'homme et à la biodiversité. Elles sont là (même si on ne les voit pas) où il y a de la biodiversité, elles en vivent et aident à la (re)créer. Elles mangent des tas (énormément !) d'insectes, les moustiques que nous détestons, les limaces des potagers, mais aussi les chenilles défoliantes des chênes. Sans chauves-souris, la nature est très menacée.
Pourtant, les chauves-souris sont toutes menacées et par conséquent protégées en France. Elles sont bien étudiées aussi, régulièrement. Et l'auteur termine sur une note d'espoir pour la biodeversité et la chauve-souris.
Très beau bonus Il y a aussi des qr code dans le livre qui renvoient vers des pages où on peut soit voire à l'oeuvre des chauves-souris et les entendre quand elle communiquent 'normalement' (socialement). Mais aussi, où on peut entendre leurs sons de l'écholation (utilisés pendant la chasse). Cela vaut vraiment la peine de flasher ces codes et de regarder et écouter ces liens.
Conclusion Pendant et après lecture, je me promène le soir le nez en l'air en scrutant le ciel pour voir si j'en vois. Et tout d'un coup, j'en vois tout plein ! Je vais écrire à l'une des organisations mentionnées dans le livre et qui font des comptages de chauves-souris. Un livre passionnant sur un thème fascinant dont on n'oubliera le contenu pas vite. Ne pas négliger si on aime la non-fiction sur la nature, encore moins si on trouve que les chauves-souris vous intriguent ne fût-ce qu'un peu.
Quotes from the French edition: Si la fission-fusion qui consiste à voir des groupes se fragmenter certains jours pour mieux se reformer ensuite est une norme chez les chauves-souris, elle l'est aussi chez d'autres animaux, dont l'évolution sociale est indéniable et reconnue de tous. Chez les éléphants par exemple, mais aussi chez les bisons d'Europe, ou encore chez des primates particulièrement évolués, comme l'orang-outan et le chimpanzé.
Deux murins réalisaient un vol stationnaire à un mètre de distance, l'un au-dessus de l'autre. J'ai ensuite vu un nuage d'insectes en vol, des papillons tympannés dotés d'une membrane sensible aux ultrasons des chauves-souris. Entendant les deux autres murins faisant le tour des bouleaux, ils prenaient la fuite, sans se douter du piège dans lequel ils se glissaient. J'ai ensuite pu voir les quatre murins enfermer acoustiquement les insectes et les cuillir facilement, la chasse étant devenu particulièrement aisée. Cette observation était la première preuve de la capacité de ces animaaux, des mammifères de seulement 8 grammes, à chasser collectivement en comportement de meute comme savent le faire les grands prédateurs, tels les loups ou les orques.
Par ailleurs, en étudiant le murin de Bechstein dans les forêts bavaroises, Gerald Kerth a observé des comportements pouvant être assimilés à des échanges d'informations. Animaux hautement sociaux, on peut imaginer que les chauves-souris au gîte se transmettent des informations précieuses sur l'environnemt de la colonie. Chaque individu aurait donc, en plus de sa propre carte mentale, celle de l'ensemble de la colonie, qu'elles construisent collectivement, en open source ! Et tout cela embarqué dans quelques grammes rechargés chaque nuit d'une poignée de moustiques... Ces vivants sont fascinants !
Pour résumer plus encore le paradoxe auquel notre société se confronte toute seule, s'il le faut : les éoliennes tuent les noctules, qui régulent habituellement les hannetons, qui ont alors le champ livre pour manger les grands arbres feuillus, surtout les chênes, le chêne état un régulateur climatique indispensable dans le contexte global !
Réduire la crise climatique au seul enjeu énergétique nous conduira inévitablement dans une impasse. Remettre un peu d'écologie scientifique dans la description du cycle du carbone est le seul moyen de remédier à la rupture actuelle entre les deux enjeux.
Leur mortalité réduira définitivement l'activité détectée pour l'espère, sans retour en arrière possible. C'est un véritable choix de société qui s'offre à nous : ne faudrait-il pas accepter qu'un parc éolien ne soit pas rentable, pour assurer la survie de l'ensemble de la faune qui vole dans notre ciel ? Je le crois sincèrement, car nous sommes entrés dans une ère qui plébiscite la rentabilité à tout prix, mais il est à craindre que ce principe nous ait totalement éloignés d'autres principes bien plius fondamentaux, avec les risques à moyen terme que l'on connait maintenant.
En poussant le raisonnement plus loin, une éolienne crée une zone d'évitement pour les chauves-souris, gnérant un territoire avec peu de prédation nocturne. Ainsi, autour des éoliennes, les insectes noctures sont sains et saufs. Les éoliennes pourraient bien protéger indirectement les insectes ravageurs, amplifiant encore les risques pour nos végétations. Cette hypothès reste encore à investiguer, mais ses conséquences ne sont pas pour nous rassurer, je l'admets.
Pour en finir avec cette histoire de l'origine de la Covid-19, une autre ypothèse prend de plus en plus de place au sein de la communauté scientifique : dans l'excellent ouvrage "La Fabrique des pandémies", Marie-Monique Robin relate ses échanges avec des spécialistes pour lesquels le doute n'est quasiment plus permis, plus de deux ans après l'émergence : le clé permettant au virus de pénétrer dans les cellules humaines est tropp parfaite pour que la nature l'ait 'inventé'. Par ailleurs, le comprtement des scientifiques du laboratoire de surveillance des virus basé à Wuhan, dont le nieveau de protection est maximal, laisse planer un grand doute sur l'origine de la pandémie. L'hypothèse la plus probable serait qu'apèrs avoir récupéré des échantillons dans la nature, les scientifiques auraient modifié le virus prélevé sur les rhinolophes pour préparer la réponse en cas d'une éventuelle pandémie. Mais qu'ensuite, ce virus se serait échappé du laboratoire pour se disperser à partir du marché, provoquant ladite pandémie.
Ce livre aborde un sujet méconnu et lève un bout de voile sur la vie de ses animaux pour nous faire découvrir leur complexité, mais aussi les défis auxquels les chauve-souris doivent faire face à cause des modifications du paysage.
Un ouvrage très intéressant et abordable qui nous fait encore plus aimer ces petites bêtes extrêment utiles à l'écosystème, pourtant encore mal aimées.
Gîte a chauve souris acheté, le livre fait donc son effet avec cependant quelques longueurs techniques sur les ondes et fréquences de l’écho localisation