"Enfin, je vis toujours cet enfant gâté et tout puissant se montrer en toutes circonstances le plus doux des tyrans. Cet homme, à qui jamais aucun de ses sujets n'ose répondre: «Impossible! »; devant qui tremble le Makhzen entier, dès qu'il fait seulement semblant de froncer le sourcil, est toujours prêt à s'incliner devant un argument plausible qu'on lui donne. Mais ses ministres ont de trop bonnes raisons de courber devant lui la tête, même avec exagération, afin de pouvoir, à l'abri de son autorité, continuer leurs petites pratiques."
"Louange à Dieu, et que la paix règne toujours entre la France et le Maroc!" C'est dommage que ce message ne se concrétisera pas en réalité.
Je trouve que ce livre est très intéressant puisqu'il nous aide aujourd'hui à comprendre la facon dont se déroulaient les choses à l'enceinte du palais royal auparavant, surtout l'influence pratiquée sur le jeune sultan Abdelaziz par sa mère Rekia, l'omnipotent Ba-Ahmed et les oulémas; et par conséquent, les répercussions des rapports de pouvoir entre les multiples acteurs politiques et religieux sur la vie quotidienne du simple citoyen.
Le livre aussi met la lumière sur plusieurs pratiques que la quasi-totalité de nos historiens évite d'aborder profondément dans leurs écritures, notamment les amusements enfantines du sultan Abdelaziz, même après son intronisation.
La dépravation était répandue au Maroc même à cette époque; si la corruption se manifeste aujourd'hui au niveau des appels d'offres, ses origines apparemment remontent aux moments d'achats, d'entretien et de vente des bêtes, mules et chevaux de guère.
Parmi les choses qui m'étaient surprenantes, il y'a la façon dont les marocains d'antan interprétaient la sacralité du Sultan, surtout le fait qu'ils devraient l'approcher pieds nus, fautes d’oulémas encore une fois.