Ce roman de fantasy YA française, qui bénéficie d’une belle mise en avant par Hachette, me semblait très prometteur. Malheureusement, je suis plutôt mitigée sur cette lecture.
Commençons par le positif : le système de magie à base d'horloges est intéressant. Les horloges sont personnifiées, parlent, ont chacune une personnalité, des répliques amusantes, j’ai aimé l’aspect un peu steampunk, les inspirations (Big ben dans La belle et la bête, Miyazaki…)
Le reste de l'univers est très classique : un château, un roi, des Princes... ambiance fantasy européenne 18e-19e siècle, rien d'original mais ça fait le taf.
La plume est plutôt agréable, le style est fluide et facile à suivre, donc pas de souci majeur de ce côté, mais j’ai tout de même noté 2 points qui m'ont gênée :
-Trop de distance narrative et notamment trop d'usage de verbes de perception (elle vit, elle entendit, elle sentit, elle perçut….)
-Des soucis côté focalisation : dans les chapitres racontés du point de vue de Charles ou Dimitri, la focalisation interne a tendance à sauter de l’un à l’autre, ce qui manque de cohérence et accentue la confusion entre ces deux personnages.
J’avoue être surprise que ce genre de défauts aient pu passer au travers d’une correction éditoriale professionnelle…
Les personnages.
Ah, ça se complique. Il y a selon moi un manque de profondeur, les relations entre les personnages ne sont pas toujours très bien construites, parfois on a des évolutions trop rapides (Farandole qui devient immédiatement le meilleur ami de Sophie) ou pas toujours très cohérentes (Le crush initial de Sophie se déplace très -trop- rapidement sur un autre personnage, c'est un peu bancal)
Sophie est sympathique et attachante mais sans plus.
Les 2 princes, alors ok on a compris qu’ils sont beaux gosses, ok ils ont des fossettes et des beaux cheveux noirs, mais en dehors de ça je n'ai pas retenu grand-chose d’eux.
Farandole est mimi mais c‘est juste un sidekick comique.
Quant aux autres personnages, je les ai déjà oubliés.
Enfin, le gros point noir : l’intrigue et le rythme. Le début est prometteur, mais passé le premier pivot, ça retombe comme un soufflé, on a un ventre mou qui occupe une bonne partie du roman, et quand ça redémarre on arrive déjà sur la fin. Je n’ai pas non plus été convaincue par les enjeux, que j’ai trouvés peu clairs. Honnêtement, je me suis ennuyée durant une bonne partie de ma lecture.
Bref, d’un côté je suis ravie de voir des romans d’imaginaire francophones autant mis en avant par les maisons d'édition, mais par contre, derrière la belle couverture reliée et le jaspage, il faut que la qualité du contenu suive, or sur ce coup-là, je ne suis pas complètement convaincue.