J'avoue être très surprise, surtout que j'avais acheté ce livre plus pour l'objet livre (une édition de 1930 annotée par un élève en 1946-47, avec une jolie couverture à l'ancienne) que pour le texte lui-même.
Déjà, j'ai sauté l'introduction de 60 et quelques pages pour arriver au texte : je déteste qu'on décortique l'histoire dans tous ses détails avant que je la lise sous prétexte qu'il s'agit d'un classique, bande de divulgacheurs ! Ensuite, j'arrive sur la première page du texte : "martyr - tragédie chrétienne". Flûte, il vient juste de commencer à faire un peu soleil, je voulais passer une journée relax, j'ai peut-être mal choisi mon moment pour attaquer Corneille. Et ce n'est pas fini : 6 lignes de texte écrites en gros, 10 lignes de notes écrites en petits caractères. 2e page : 12 lignes de texte, 29 lignes de notes (*soupir*). La moitié de chaque page était en fait composée de notes, que j'ai allègrement envoyées au diable (après tout, c'est une tragédie chrétienne !) et je me suis contentée du texte lui-même - il faudrait que je trouve une adaptation théâtrale en ligne.
Et donc, j'ai attaqué la lecture... et je me suis rapidement prise au jeu. Si Corneille a traversé les siècles, c'est qu'il y a de bonnes raisons, en particulier la puissance de son écriture. Certes, il y a eu des retournements dramatiques un peu capillo-tractés (je pense en particulier à la fin), mais les personnages étaient bien campés, les passions éclataient même si, en bon drame cornélien, elles restaient sous contrôle, la situation était compliquée et on imaginait bien que tout cela allait mal finir - sinon ça ne s'appellerait pas une tragédie. Ceci dit, la fin était inattendue pour moi, bien qu'un peu faible. Mais dans l'ensemble, mes souvenirs scolaires de Corneille viennent d'être dépoussiérés et je le considère d'un oeil neuf. J'y reviendrai donc plus tard avec plaisir.
"Ah ! Pauline, en effet, tu m'as trop obéi ;
Ton courage était bon, ton devoir t'a trahi.
Que ta rébellion m'eût été favorable !
Qu'elle m'eût garanti d'un état déplorable !"
Pfffttt, père indigne, sa fille lui a obéi mais c'est de sa faute si tout tourne mal !