Lecture globalement inutile.
L'auteur passe son temps à infantiliser l'autrice, physiquement mais aussi artistiquement (le livre s'ouvre vraiment sur une description de son visage ingénu). Il a vaguement conscience de l'intérêt féministe de ses œuvres, mais refuse de lui prêter tout intérêt politique, sous prétexte que l'auteurice "en avait cure", comme si l'impact d'une œuvre se limitait à la volonté de son auteur.
Par ailleurs, il reproche à de nombreux critiques - les contemporains de l'autrice ou les siens - d'avoir fait une lecture trop biographique de ses romans et nouvelles et annonce ne pas vouloir pratiquer un tel exercice avant de s'armer de soit-disantes résonnances du texte à Freud et à Lacan pour faire une analyse psychologisante des personnes ou pire, de l'autrice. Quand est-ce qu'on arrêtera d'être choqué que les auteurices s'inspirent de leur vie pour écrire, et est-ce vraiment utile de connaître la vie d'une personne pour comprendre son profil en tant qu'auteurice ?
Il fait parfois référence au gender studies mais n'a pas pris la peine de lire Judith Butler pour pouvoir les définir, même s'il a du lire un article ou deux pour pouvoir esquisser des débuts de phrases un peu politiquement correctes.
Beaucoup (trop) de temps est également aloué à savoir si oui ou non Carson McCullers est une auteurice mineure ou majeure et franchement, je pourrais difficilement être intéressée par ce débat.
Bref, il a le mérite de m'avoir permis de me motiver à travailler mon mémoire d'où son étoile unique.