Virevoltant entre manipulations, faux-semblants, corruption des cœurs, délires & sentiments en fuite, ce livre, au thème trop souvent qualifié de licencieux, trace, sur la crête d'un langage haut perché, un fin portrait de l'Être en pleine parade amoureuse. Bâtis sur le fil de conversations quasiment ininterrompues, Les Égarements du cœur & de l'esprit vous plongeront au cœur des premiers émois de monsieur de Meilcour, un jeune homme de dix-sept ans en pleine ignorance du monde. Sans autre grâce que celle que lui octroie sa condition, occupé seulement des choses de l'amour, incommensurablement timide & fat, le « pauvre » Meilcour ne cesse de se fracasser le cœur & l'esprit à coup de sottises, préjugés & autres faiblesses d'âme. Et vous vous amuserez des tourments de son cœur & du chemin de traverse que Crébillon fils lui fait prendre pour aller à la rencontre des gens de ce monde & de leurs perversités. Un parcours « initiatique » truffé de sentiments à bascule où l'amour côtoie la désillusion, la perfidie & l'hypocrisie en tenant, bien souvent, l'authenticité à distance.
Bref, une histoire de mœurs brillante & drôle à croquer l'espace d'un… égarement.
Claude Prosper Jolyot de Crébillon, dit Crébillon fils, was a French novelist. Born in Paris, he was the son of a famous tragedian, Prosper Jolyot de Crébillon, dit Crébillon père. He received a Jesuit education at the elite school Louis-le-grand. Early on he composed various light works, including plays for the Italian Theatre in Paris, and published a short tale called Le Sylphe in 1730. From 1729 to 1739 he participated in a series of dinners called "Le Caveau" (named after the cabaret where they were held) with other artists, including Alexis Piron, Charles Collé, and Charles Duclos.
The publication of Tanzaï et Neadarne histoire japonaise (1734), which contained veiled attacks on the Papal bull Unigenitus, the cardinal de Rohan and others, landed him briefly in the prison at Vincennes. His novel Les Égarements du cœur et de l'esprit was published in 1735 and was although he continued to edit it in 1738, it was never finished. Publication of Le Sopha in 1742 forced him into exile from Paris, which lasted several months.
Around 1744 he entered into a romantic liaison with Lady Henrietta Maria Stafford, daughter of a Jacobite chamberlain, and they were married in 1748. A son born in 1746 died in 1750. Despite financial hardship, they lived harmoniously until her death in 1755. Meanwhile, he published La Nuit et le moment (1745), Ah quel conte and Les Heureux Orphelins (1754). Inheriting nothing from Henriette, he was forced to sell his large library in 1757 and eventually found steady income as a royal censor (like his father) in 1759. In 1768 and 1772 he published his last two novels, Lettres de la duchesse de au duc de and Lettres athéniennes.
I thought that we were fallen, but, they - (les Français) - are ten times lower... Petits-maîtres are obsolete... Tout le monde est philosophe. Horace Walpole
Crébillon fils (1707-1777) est un auteur français de contes libertins, fils de son père, un tragédien membre de l'académie française. Ses audaces lui valurent, outre l’agacement de son père, quelques démêlés avec la justice, pour une supposée critique des mœurs délurés du roi Louis XV, le Bien-Aimé. Paru en 1736, Les égarements du cœur et de l'esprit est une petite nouvelle qui raconte les débuts dans le monde d'un jeune étourdi, Meilcour, tout charmé de la société des femmes et des succès qu'il y rencontre, prix de sa physionomie et de la facilité avec laquelle il se laisse entrainer par sa curiosité et sa vanité plutôt que par ses sentiments ou par sa tête, d'où le titre.
Si l'on finit par être dédommagé de la perte de son innocence par celle de ses préjugés, l'inexpérience de ce héros lui donne bien des préventions hasardeuses dont il aurait lieu de se repentir s'il n'était toujours entrainé par l'instant présent et la dernière impression qui le frappe. Il en résulte chez lui une inconstance qu'il se trouve toujours prêt à excuser par quelque sophisme ou système bancal, et, sans boussole ni principes, se retrouve balloté par les circonstances au sein d'une société dont la sucrerie apparente tourne souvent au vinaigre.
Jeté au milieu d'un monde où l'affectation et le dénigrement sont rois, les entrainements de l'affection ne sont jamais plus qu'affaire de convention et de vanité. Il expérimente tous les troubles de l'âme que les femmes lui inspirent, et joue avec elles le rôle qu'il croit devoir remplir. Craignant toujours d'être trompé, il ne se rend pas compte qu'il est lui-même le premier à verser dans les torts imaginaire qu'il prête à celles qu'il obsède de ses assiduités. Il trouve un mentor en la personne de Versac, qu'il adule, un libertin invétéré dont chacun craint la médisance, tant est grand son crédit dans le monde, si bien que ceux qui le détestent le plus sont ceux qui se voient forcés de lui rendre le plus d'hommages.
Versac, modèle parfait du petit-maître, successeur des petits marquis de Molière, qui hantaient le salon de la Célimène d'Alceste dans le Misanthrope, offre un intéressant exposé de son système, de son opinion des femmes, de l'attitude qu'il croit devoir prendre avec elles et dans le monde. Tout repose sur l'affectation, le contrôle parfait et absolu de tous les mouvements naturels: il faut savoir feindre la chaleur de la passion, la froideur de l'indifférence et la fureur de la jalousie. Il importe également d'adopter un air d'aisance, de facilité, affecter même les ridicules et l'ignorance, du moment que l'on conserve la gaité et la promptitude, ainsi que la faculté de parler à tort et à travers. Joint à la noblesse, voici ce que l'on nomme le bon ton, et qui ressemble furieusement à une corruption des principes du Courtisan de Castiglione. Mais une corruption consciente, car rien n'importe que de réussir et de plaire.
J'ai été enchanté par ce roman: la peinture des âmes et de ses mouvements est criante de vérité, l'écriture est délicieusement élaborée et élégante, la finesse des observations est confondante. Mais ce n'est pas sans raisons que ce roman a pu faire grincer les dents des moralistes; pour autant, je trouve que la peinture des égarements de Meilcour et du système de Versac ont plus pour effet d'en inspirer de l'horreur que de servir d'exemple; qu'elle ont plus pour fonction d'instruire, et même de distraire, que celle de corrompre. Enfin, c'est une de ces bizarres ironie de l'histoire que cet auteur tant décrié pour la liberté de ses écrits se soit retrouvé censeur royal de la librairie en 1759, fonction déjà occupée par son père.
Хубава, либертинска литература, написана много изискано (и с чудесен превод). Този роман би ми допаднал повече може би в по-ранен етап от живота ми, но определено си го прибирам в библиотеката като нещо, което бих препоръчала на формиращ се читател (имам предвид такъв в началото на кариерата си, защото всеки сериозен човек се формира непрестанно във всеки един миг от живота си).
Освен това творбата е един страхотен урок по стил и форма!
Ce n'est pas mon Crébillon fils préféré, mais il reste l'un de ceux qui me plaisent particulièrement. Il y aborde, sous la forme d’un roman-mémoire, l’initiation et la formation du jeune Meilcour. J’avais oublié depuis ma lecture précédente combien celui-ci pouvait être agaçant de naïveté et de stupidité d’ailleurs. Heureusement, Madame de Lursay, puis Monsieur de Versac le prendront sous leur aile et le guideront, avec plus ou moins de succès. Je ne qualifierais pas la première de libertine : il s’agit plutôt d’une femme sensible (au sens du 18e siècle), voire d’une « machine à plaisir » dont parle la Marquise de Merteuil dans Les Liaisons dangereuses. Quant au second, je le considère par contre tout à fait comme un libertin, autant de mœurs que d’esprit, et comme un homme de son siècle : dans le long monologue à Meilcour, il lui révèle les clés pour réussir dans le monde aussi bien que lui. Ce faisant, il lui livre une analyse de la société de son temps qu’il a patiemment observée afin de la maîtriser. En cela, il m’a rappelé la Marquise de Merteuil, en moins joueur peut-être. Mon seul regret majeur après la relecture de cette œuvre est qu’on ne dispose pas de la suite du monologue de Versac (si elle a lieu), celui qui devait porter sur les femmes et qui a été reporté à un autre jour.
Crébillon Fils' Les Egarements du cœur et de l'esprit (Strayings of the Heart and Mind) (1736-8) is a quintessentially French document about "love" in the post-Regency era of Louis XV. While very much of its period (c.f. Marivaux, or, abroad, Richardson), this first-person "memoir" of an innocent and naive youth of good birth obsessed with falling in love is tied to a long French tradition leading back at least a hundred years (to the "précieuses", to Racine, Scudéry, Madame de Lafayette…) and forward to Rousseau, Laclos (in particular), Gautier... and even to Proust.
The short three-part novel/memoir abandons most plot to concentrate on (1) self-analysis and (2) conversations… in which the philosophical, cultural, and sociological aspects of love (the different constraints on men and on women, on the said and unsaid, on loving younger or older, on expressing ones feelings or hiding them, etc.), on the games and risks and joys of seduction and pleasure.. are expressed, discussed, dissected, mentioned coyly, half whispered, left unsaid but accompanied with longing glances and blushing cheeks. This lack of plot, this omnipresent sentimental and amorous badinage and constant scrutiny of hidden meaning makes for slow reading at times (these procedures are clearly foreign to 21st century usages and concerns), although Crébillon's style is rich in sentences which can be extracted as pithy aphorisms on (18th century) love and gender.
A choice for my French reading group., I always told myself that I hated books of this period (18th century). Maybe it was because I hadn't read any of it on a Kindle, where I could make the text larger thus easier to read.... Yes, I think that's it.
This "memoir" shows the manners, supposedly, of the upper crust; how a young man was supposed to learn how to comport himself with women in society. It is a tale of learning to sublimate the truth and to allow coquetterie to win out. Appearances ruled, real affection meant nothing.
What happened between men and women was all for the sake of appearances, for the pleasure of being socially desireable.
I know this is a terrible review, but my French reading group meets tomorrow and I must get some of my thoughts down before I. lose it all!!
Apparemment j'ai besoin de lire quelque livre qui s'appelle "Les Liasons Dangereux" au lieu de celui-ci. Je ne sais rien sur le livre susmentionné, mais les critiques ici disent je dois lire Les Liasons. De toute façons, la dialogue dans "Les Egarements Du Coeur, etc." est fade et le personnage principal (qui est un mec, bien sur) est un connard!
un bon livre marqué par son style et une forme de mode d'emploi de séduction des femmes de cour. C'est plaisant, parfois un peu poussé dans la réflexion et avec beaucoup de personnages. Un des attraits semble de rendre jaloux ou jalouse mais à la fin les personnages ont du mal à retrouver leurs vrais désirs et ne pas juste être dans le jeu. La fin est très réussie et intense.
Meilcour le mec le plus perdu de la terre Mon moment préféré : Mme de Lursay qui le termine au jet de flammes sur les 10 dernières pages Dans l’ensemble : assez marrant
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Mon Dieu. Usually, when I'm this annoyed by a book, I just lay it to rest and never open it again. Sadly, in this case, bookie euthanasia was out of the question. I read this for my French Literature class, and boy, was it a struggle. Having just read Les Liaisons Dangereuses, an actually exciting book about seduction, the contrast with this flimsy and rather pathetic book was almost too big to bear.
Meilcour is chasing his d*ck, trying to seduce multiple women at the same time, failing to realise that he is actually being used by all of them. Including a duke called Versac, whose only purpose in the book is to explain -in a long and tedious part towards the end- how seduction should work and how Meilcour should hide his inner self. All of this is way too direct! The book is supremely unbalanced, the dialogue is hard to follow due to very low clarity and, well, I just never got into any of the characters.
It ’s a bit hard to get involved with mr Meilcour, 'on a personal level', because of the distance of several centuries. It ’s interesting, however, to follow the escapades of the protagonist, especially his sexual upbringing. That 'happens' mainly through conversations, intrigues, analyses about how to behave decently within the libertine ethics of those days, around 1750 in the upper class circles in France. So, its subject is more about society pride than love, more rethoric than erotic. It ’s a long, slow read, yet with irony and wit, therefore digestible, even – in my case – in 2010. JM
Mme de Lursay fait l’éducation sentimentale de Meilcour, le fils de son amie. Le jeune homme laisse son coeur errer entre Mme de Lursay et Mme de Senanges, femmes d’âge mûr, et la jeune Hortense de Thévilles.
L’éducation du plaisir et de l’amour d’un jeune homme par une femme plus âgée, thème commun (notamment au XVIIIème siècle) compose ce roman au titre accrocheur. Il n’y a rien de plus changeant que le coeur et les désirs d’un jeune homme, tel est la conclusion de Les égarements du coeur et de l’esprit. Un roman au titre racoleur à lire le temps d’un fourvoiement.